Pourquoi John Landis a poursuivi en justice au sujet du clip « Thriller » de Michael Jackson
Dans l’histoire du divertissement, peu de vidéoclips ont eu autant d’impact que Thriller de Michael Jackson. Pour donner vie à ce court-métrage musical devenu culte, John Landis a imaginé un univers à mi-chemin entre l’horreur et le spectacle, avec une chorégraphie de zombies, la métamorphose de Jackson en créature monstrueuse et la voix inoubliable de Vincent Price, figure légendaire du cinéma d’épouvante. À l’époque, Landis s’était déjà imposé comme un spécialiste du mélange entre comédie et horreur grâce à An American Werewolf in London (1981), ce qui faisait de lui le réalisateur idéal pour orchestrer ce projet singulier. Ensemble, le cinéaste et Michael Jackson ont réuni environ 500 000 dollars pour produire cette mini-superproduction, alors considérée comme le clip le plus coûteux jamais réalisé.
Le résultat a marqué l’histoire de la pop culture. Lors de sa sortie en 1983, le vidéo-clip Thriller a été un triomphe immédiat et, depuis, il revient régulièrement sur le devant de la scène, notamment à Halloween. Mais ce succès durable a aussi fini par provoquer un conflit juridique entre John Landis et Michael Jackson. En janvier 2009, le réalisateur a poursuivi Jackson ainsi que sa société de production, Optimum Productions, estimant ne pas avoir reçu la part de bénéfices qui lui revenait. Selon sa plainte, le clip était devenu « un mégasuccès mondial et un phénomène emblématique de la culture populaire » qui continuait de générer des profits pour les défendeurs.
Landis affirmait que Michael Jackson lui devait 50 % des bénéfices nets du clip, et que le chanteur avait « refusé à tort de payer ou de rendre compte » de ces recettes. Cette affaire autour de Michael Jackson, Thriller et John Landis met en lumière la complexité des contrats dans l’industrie musicale, surtout quand une œuvre devient bien plus qu’un simple clip pour devenir un objet culturel durable. Voici les points clés de ce litige :
- Un clip devenu phénomène mondial : Thriller s’est imposé comme une référence absolue du divertissement.
- Une question de profits : Landis réclamait sa part des revenus générés par le projet.
- Un accord initial prestigieux : le budget du clip était exceptionnel pour l’époque.

John Landis a trouvé un accord avec la succession de Michael Jackson
Au moment où la procédure était engagée, Michael Jackson avait aussi signé un accord avec le Nederlander Organization pour développer une comédie musicale scénique inspirée de l’album Thriller. Ce nouveau projet a ajouté une dimension supplémentaire au litige, puisque les créations dérivées liées à l’univers de Thriller entraient elles aussi dans la discussion. Puis, environ six mois après le dépôt de la plainte, un événement inattendu a bouleversé la situation : le 25 juin 2009, Michael Jackson est mort à son domicile de Los Angeles.
À partir de là, John Landis s’est retrouvé parmi les nombreux créanciers cherchant à obtenir des sommes dues par le roi de la pop. Selon les estimations évoquées à l’époque, Jackson laissait derrière lui une dette d’environ 500 millions de dollars. En 2012, la succession de Michael Jackson est finalement parvenue à un accord avec Landis et avec George Folsey Jr., le producteur de Thriller, au sujet des bénéfices du clip et de la future adaptation scénique. La succession a alors déclaré que les trois parties étaient parvenues à un règlement à l’amiable, tout en précisant que les termes restaient confidentiels.
Cette issue a sans doute été favorable à John Landis, puisqu’il a ensuite relancé un nouveau projet autour de Thriller. En 2014, il expliquait que l’œuvre allait « réapparaître » sous une forme soignée et en trois dimensions, pensée pour le grand écran et conçue pour retrouver toute sa puissance visuelle. Cette idée s’est concrétisée en 2017 avec la première de Michael Jackson’s Thriller 3D au Festival de Venise, preuve que l’influence de ce classique du divertissement continue de traverser les décennies.
