La musique de Queen est d’une polyvalence rare. Elle est idéale pour conduire, parfaite pour se préparer avant une soirée, et constitue un compromis fiable lorsque personne n’arrive à s’accorder sur une ambiance. Mais avant tout, Queen est la musique de l’action. Des morceaux comme We Will Rock You, We Are the Champions, et tout particulièrement Don’t Stop Me Now ont accompagné d’innombrables personnes travaillant sur leur ordinateur, envoyant un message redouté, ou prenant une grande inspiration avant de nettoyer le fond de leur réfrigérateur.

Un succès initial limité selon les standards de Queen
Aujourd’hui, Don’t Stop Me Now est un incontournable, mais ce n’était pas le cas à sa sortie. Le titre s’est contenté d’une modeste 86e place au classement Billboard Hot 100, une performance décevante pour la machine à tubes qu’était Queen à la fin des années 70 (à titre de comparaison, le titre précédent Fat Bottomed Girls avait atteint la 24e place). De son vivant, Freddie Mercury n’a jamais interprété cette chanson en direct aux États-Unis, pas même lors de la tournée promotionnelle de l’album.
À l’époque, les autres membres du groupe s’inquiétaient de l’hédonisme de leur chanteur. Le guitariste Brian May voyait notamment dans l’atmosphère décomplexée de la chanson un encouragement aux vices de Freddie Mercury. Mais cet accueil mitigé n’a pas eu raison du morceau. Cet hymne à la démesure est littéralement revenu d’entre les morts grâce à son inclusion en 2004 dans la comédie horrifique indépendante Shaun of the Dead. Depuis, le titre s’est imposé comme l’une des chansons les plus appréciées et écoutées de Queen, cumulant des millions de streams et de téléchargements chaque année.
Une bande-son parfaite pour affronter des zombies

Don’t Stop Me Now a trouvé une véritable seconde vie en servant de toile de fond à une scène d’affrontement dans le film de Simon Pegg. L’action se déroule dans un pub barricadé où une poignée de survivants est assiégée par des morts-vivants. Lorsqu’un zombie parvient à entrer, le juke-box au câblage douteux du bar s’allume soudainement. Nos héros s’arment alors de queues de billard, d’extincteurs et de fléchettes pour repousser la menace. Il faudra l’intervention de quatre personnes pour neutraliser un seul zombie particulièrement lent et âgé, offrant l’une des meilleures séquences du long-métrage.
Le budget de ce film indépendant a pu supporter cette idée de mise en scène grâce aux tarifs de licence traditionnellement abordables proposés par Queen pour l’utilisation de ses œuvres au cinéma ou à la télévision. Aussi mémorable que soit le résultat final, les amateurs de disco pourraient toutefois regretter une occasion manquée. La deuxième option musicale envisagée pour cette scène était Rasputin de Boney M., un classique du groupe ouest-allemand évoquant le mystique russe. Les acteurs avaient d’ailleurs répété une chorégraphie sur ce morceau, au cas où les droits de la chanson de Queen se seraient révélés trop onéreux.
