Ces 5 tubes des années 70 qui nous font grincer des dents aujourd’hui

par Sophie
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Ces 5 tubes des années 70 qui nous font grincer des dents aujourd'hui
Divertissement

Les années 1970 ont été le théâtre d’une véritable explosion musicale, voyant s’affronter des genres aussi variés que le soft rock, le punk, la new wave, le disco ou encore le reggae pour conquérir les ondes et les disquaires. Si un large public influençait alors les ventes, ce sont bien souvent les lycéens qui dictaient les tendances de l’époque. Aujourd’hui, avec un demi-siècle de recul, force est de constater qu’une partie de la bande-son de cette décennie n’a pas très bien vieilli.

Alice Cooper en concert dans les années 1970
Alice Cooper sur scène dans les années 1970.

Certains morceaux, considérés comme absolument incontournables à leur sortie, ont perdu de leur superbe. Autrefois stars des boums et des émissions de variétés pour la jeunesse, ces tubes prêtent désormais à sourire, que ce soit par leur côté kitsch, gênant, voire carrément offensant. Voici cinq succès de l’époque que les adolescents des années 70 adoreraient sans doute oublier aujourd’hui.

Carl Douglas — Kung Fu Fighting

Frôlant l’appropriation culturelle, pour ne pas dire un racisme ordinaire, « Kung Fu Fighting » ne passerait probablement plus en radio s’il sortait aujourd’hui. Pourtant, en 1974, le titre s’est hissé à la première place des classements pop. Ce morceau séduisait les jeunes non seulement par son rythme disco entraînant, mais aussi par son ton léger et comique. L’histoire raconte les exploits d’un homme dans les arts martiaux, ponctuée d’improvisations et d’expressions vocales outrancières.

Le malaise s’installe avec l’utilisation d’un motif musical stéréotypé, censé sonner « asiatique ». Il est troublant de réaliser qu’une telle caricature passait inaperçue dans une chanson pop des années 70, particulièrement auprès d’un jeune public influençable. De plus, Carl Douglas n’était pas d’origine asiatique. Il a simplement surfé sur la fascination occidentale de l’époque pour les arts martiaux, apparaissant régulièrement à la télévision en tenue de combat, mimant des coups de pied et utilisant un jargon qui a propulsé son titre dans toutes les soirées dansantes.

Leif Garrett — I Was Made for Dancin’

À la fin des années 1970, la jeunesse s’est brièvement passionnée pour Leif Garrett. Véritable idole des adolescents de l’époque, il a multiplié les apparitions télévisées et sorti cinq albums mêlant pop-rock et musique de danse, centrés sur l’amour et la romance. Sa musique relevait davantage du produit de consommation rapide que de l’art, conçue pour battre le fer tant qu’il était chaud. Outre ses reprises grandiloquentes de succès des années 60, il a atteint le Top 10 avec un titre inédit : « I Was Made for Dancin’ ».

Aujourd’hui, les adultes qui se pâmaient devant lui il y a environ 45 ans risquent de grimacer à l’idée de s’être enflammés pour un interprète à la voix fluette et manquant cruellement d’enthousiasme. Mélange de soft rock et de disco, le morceau offre des paroles d’une légèreté affligeante, taillées sur mesure pour un public prépubère. Garrett y enchaîne des phrases à peine cohérentes sur un amour fou qui le déchire, avant d’asséner un refrain répété pas moins de cinq fois, dont le style vocal haché semble directement emprunté aux Bee Gees de l’ère disco.

Alice Cooper — School’s Out

Œuvre de contestation fabriquée de toutes pièces, « School’s Out » a été conçue cyniquement pour choquer les adultes de 1972. L’objectif était d’exciter des adolescents naïfs, désireux de prendre le train de la rébellion initié à la fin des années 60. La chanson se présente comme un rejet menaçant de l’éducation classique. Son message, qui se résume grossièrement à détester l’école, est porté par Alice Cooper, un homme vêtu de pantalons en cuir, au milieu de la vingtaine, et ayant largement dépassé l’âge scolaire.

Pour couronner le tout, le morceau intègre une agaçante comptine de cour de récréation célébrant la fin des cahiers et des regards noirs des professeurs, entonnée par une chorale d’enfants chantant tellement faux que cela en devient douloureux pour les tympans. Loin d’être subversive, la démarche frise le ridicule. Pourtant, portée par un rythme lourd et des guitares à mi-chemin entre le hard rock léger et le proto-punk, la chanson est devenue un hymne anticonformiste. Immédiatement validée par la société bien-pensante en atteignant le Top 10, elle reste aujourd’hui un cliché usé, diffusé par les radios rock à chaque début de vacances d’été.

Brownsville Station — Smokin’ in the Boys Room

Avec ses accents de rock sudiste et son rythme accrocheur, ce titre interprété par des adultes du Michigan a atteint la troisième place des ventes pop en 1973. À l’époque, il devait sembler irrésistiblement espiègle. La chanson met en scène des garçons insoumis qui sèchent les cours pour enfreindre la règle d’or de leur établissement : l’interdiction de fumer. Ils se réfugient dans le seul endroit offrant un semblant d’intimité, les toilettes des garçons, pour y fumer avec leurs amis Sixx, Mick et Tom.

Avec le recul, ce morceau ressemble moins à un appel à la rébellion contre l’oppression adulte qu’à une publicité pour la cigarette. Les mentalités concernant le tabagisme ont radicalement changé depuis les années 70. Au mieux, fumer est devenu une habitude banale ; au pire, une addiction mortelle. Il est étonnant de repenser à cette époque où fumer entre amis dans des toilettes publiques à l’hygiène douteuse était perçu comme une attitude cool et rebelle. Les anciens fans du titre risquent aujourd’hui de lever les yeux au ciel face à tant de naïveté.

A Taste of Honey — Boogie Oogie Oogie

Le disco n’a jamais prétendu être un art majeur. Les musiciens cherchaient avant tout à produire des rythmes accrocheurs pour faire danser les foules. Les paroles en ont souvent fait les frais, le public se souciant peu du texte tant que la mélodie fonctionnait. Les morceaux disco regorgeaient ainsi de paroles oubliables, souvent centrées sur le simple plaisir de danser. « Boogie Oogie Oogie » de A Taste of Honey en est le parfait exemple.

Lauréat d’un Grammy Award dans les années 70, le groupe n’a pas réussi à s’inscrire dans la durée. Leur plus grand succès, qui a passé trois semaines à la première place à l’automne 1978, témoigne d’une écriture pour le moins expéditive. Le titre fait rimer « boogie » avec le mot dénué de sens « oogie », et ce, à deux reprises. C’est d’ailleurs le cœur d’un refrain qui se contente d’encourager les danseurs à s’activer. Les couplets de ce classique instantanément daté ne volent pas plus haut. Quant au dernier tiers de la chanson, il se résume à la répétition inlassable de l’injonction de danser le « boogie oogie oogie ». De toute évidence, l’inspiration a rapidement déserté le processus de création.

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