Athlètes attrapés en train de tricher à la télévision

par Olivier
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Athlètes attrapés en train de tricher à la télévision
France, États-Unis

Dans l’univers du divertissement sportif, la frontière entre l’adresse, l’astuce et la tricherie sportive a souvent été mise à rude épreuve. Quand les caméras sont braquées sur un match, un tournoi ou une finale, chaque geste peut être analysé en détail, et les images en direct laissent rarement place au doute. Pourtant, malgré la surveillance constante, certains athlètes ont tenté de passer entre les mailles du filet.

Qu’il s’agisse d’une simulation au football, d’une batte truquée au baseball, d’un coup de patin théâtral sur la glace ou d’une tentative pour gagner quelques centimètres décisifs, ces épisodes ont marqué l’histoire du sport télévisé. Ils rappellent aussi qu’avec la multiplication des ralentis, des angles de caméra et des outils d’arbitrage vidéo, la tricherie sportive est devenue bien plus difficile à dissimuler.

Voici donc plusieurs cas célèbres d’athlètes pris en flagrant délit de comportement malhonnête, parfois sanctionnés, parfois non, mais toujours sous les yeux du public :

David Luiz, un sourire qui en disait long

David Luiz

Au printemps 2013, Chelsea défendait son avantage de 1-0 face à Manchester United dans les dernières minutes d’un match de Premier League à Old Trafford. En protégeant le ballon devant Rafael da Silva, David Luiz a semblé subir un léger contact à la jambe, avant de s’effondrer au sol. L’arbitre assistant a signalé la faute, et Howard Webb a expulsé Rafael da Silva d’un carton rouge.

Pourtant, les caméras ont capté un détail que ni l’arbitre ni son assistant n’avaient vu : juste après sa chute, Luiz a esquissé un sourire presque provocateur. Selon le Daily Mail, le défenseur a ensuite affirmé que ce sourire visait les supporters de Manchester United qui le huaient pendant toute la rencontre. Chelsea a conservé sa victoire, tandis qu’Alex Ferguson, alors entraîneur de Manchester, a estimé que Luiz s’était laissé tomber de manière spectaculaire.

Sammy Sosa pris avec une batte truquée

Sammy Sosa

Le nom de Sammy Sosa restera longtemps associé à l’ère dite des stéroïdes en MLB, en raison de sa chasse au record de coups de circuit et des soupçons de dopage qui l’ont entouré. Mais en 2003, l’ancien frappeur a surtout été pris en faute pour une autre forme de tricherie sportive : l’utilisation d’une batte truquée.

Lors d’un simple retrait sur un roulé, la batte de Sosa s’est brisée en plusieurs morceaux, révélant qu’elle avait été « corked », c’est-à-dire modifiée avec un matériau allégeant sa structure interne. Les arbitres ont immédiatement saisi les morceaux de bois et la télévision a montré l’altération en direct. Sosa a été expulsé, puis suspendu par la MLB. Cette affaire a laissé une question en suspens : combien de fois avait-il utilisé une batte illégale avant d’être découvert ?

Neymar et l’art de la simulation

Neymar

Brillant, spectaculaire et décisif, Neymar est l’un des attaquants les plus talentueux de sa génération. Mais son immense talent s’est souvent accompagné d’une réputation moins flatteuse : celle d’un joueur prompt à se jeter au sol pour obtenir une faute ou influencer l’arbitre. Dans les compétitions nationales comme internationales, ses chutes théâtrales ont alimenté autant la controverse que les débats tactiques.

Lors de la Coupe du monde 2018, plusieurs séquences ont été décrites par les médias comme de la « comédie » ou du « spectacle », certaines devenant même virales sur Internet avec la création du fameux « Neymar challenge ». Cette visibilité mondiale a rappelé qu’avec les caméras haute définition, les gestes d’anti-jeu sont désormais plus difficiles à nier. L’apparition de l’assistance vidéo à l’arbitrage, ou VAR, a renforcé cette idée de contrôle accru face à la simulation.

La crosse de Marty McSorley et la finale de la Coupe Stanley 1993

Marty McSorley

En finale de la Coupe Stanley 1993, les Kings de Los Angeles menaient les Canadiens de Montréal 2-1 à moins de deux minutes de la fin du deuxième match. Alors, le banc montréalais a demandé aux arbitres de vérifier la crosse de Marty McSorley, défenseur des Kings, soupçonnée d’avoir une courbure excessivement prononcée par rapport au règlement de la NHL.

Les caméras de télévision ont permis de constater que la crosse était bien non conforme. McSorley a été envoyé au banc des pénalités, Montréal a égalisé en avantage numérique, puis a remporté ce match avant d’enchaîner trois victoires consécutives pour soulever la Coupe Stanley. Cette affaire, souvent surnommée « Stickgate », est devenue un épisode emblématique de l’histoire du hockey sur glace.

Joe Niekro n’a pas pu cacher la preuve

Joe Niekro

Depuis les débuts du baseball professionnel, certains lanceurs ont cherché à modifier les balles pour leur donner une trajectoire imprévisible. Joe Niekro, lui, a été pris en faute en août 1987 alors qu’il jouait pour les Twins du Minnesota face aux Angels de Californie. À la demande de l’arbitre, il a été invité à restituer une balle, puis à vider ses poches et à montrer son gant.

Au moment critique, Niekro a tenté de jeter discrètement une petite lime émeri hors de sa poche arrière. Les arbitres ont vu le geste, et le lanceur a été expulsé immédiatement. Il a ensuite été suspendu dix matchs par la MLB après avoir prétendu utiliser cette lime et du papier de verre simplement pour se limer les ongles entre les manches.

Rivaldo et son théâtre sur la scène mondiale

Rivaldo

Lors du match de Coupe du monde 2002 entre le Brésil et la Turquie, une séquence a suffi pour faire basculer le récit. En fin de rencontre, le Turc Hakan Ünsal a envoyé le ballon en direction de Rivaldo, qui se préparait à tirer un corner. Le Brésilien s’est alors effondré en se tenant le visage, comme s’il avait reçu le ballon en plein visage.

En réalité, les images ont montré que le ballon avait touché sa jambe, sans jamais approcher son visage. Rivaldo a néanmoins provoqué l’expulsion d’Ünsal, mais la FIFA l’a ensuite sanctionné d’une amende pour simulation. Refusant de s’excuser, il a soutenu que le joueur turc n’aurait jamais dû viser le ballon de cette manière et que l’intention comptait davantage que l’endroit exact de l’impact.

Mikko Rantanen et la faute simulée sur la glace

Mikko Rantanen

Le hockey moderne aime encore imaginer ses joueurs comme des compétiteurs durs au mal, capables d’encaisser les contacts les plus rudes. Pourtant, la simulation existe aussi sur la glace, même si elle choque davantage dans un sport réputé pour sa rudesse. Le 14 novembre 2018, Mikko Rantanen, attaquant de l’Avalanche du Colorado, a accentué un contact avec Patrice Bergeron des Bruins de Boston en se laissant tomber de façon très visible.

Bergeron a été sanctionné pour la faute, mais Rantanen a aussi été pénalisé pour avoir exagéré la chute. Une semaine plus tard, la NHL l’a encore sanctionné pour embellissement, confirmant que ce genre de tricherie sportive ne passe plus inaperçu lorsque les images sont scrutées à la loupe.

Tony Romo et sa tentative discrète de gagner une première tentative

Tony Romo

Le 3 novembre 2013, dans un match entre les Dallas Cowboys et les Minnesota Vikings, Tony Romo a livré une action décisive dans les dernières secondes pour offrir la victoire à Dallas. Mais le moment resté dans les mémoires n’est pas seulement ce touchdown : c’est aussi sa tentative de gagner quelques centimètres de manière irrégulière plus tôt dans le match.

Alors que Dallas était tout près d’obtenir une première tentative, Romo a discrètement fait avancer le ballon du pied pendant que les arbitres semblaient distraits. Les officiels et les joueurs du Minnesota l’ont remarqué, et l’action n’a évidemment pas permis aux Cowboys de conserver l’initiative. L’épisode est resté célèbre parce qu’il montre à quel point une tentative de tricherie peut être à la fois furtive, risquée et presque comique.

Luis Suárez et les morsures les plus célèbres du football

Luis Suarez

Dans les années 2010, Luis Suárez a été l’un des attaquants les plus efficaces et les plus redoutés du football mondial. Récompensé individuellement à plusieurs reprises avec Liverpool, puis intégré au trio offensif « MSN » du FC Barcelone avec Lionel Messi et Neymar, il a empilé les trophées majeurs, de la Liga à la Ligue des champions.

Mais avant son transfert en Espagne, il avait déjà laissé une empreinte bien plus sombre lors de la Coupe du monde 2014. Face à l’Italie, il a mordu Giorgio Chiellini, puis s’est écroulé au sol comme s’il avait été frappé au visage. Les caméras ont révélé la scène, et la FIFA l’a suspendu pour le reste du tournoi ainsi que pour plusieurs mois. Fait encore plus troublant, cet épisode était le troisième cas connu de morsure sur un adversaire dans sa carrière.

LeBron James sanctionné pour avoir simulé

LeBron James

À son apogée physique, LeBron James était un athlète hors norme, à la fois puissant, mobile et difficile à arrêter. Pourtant, même un joueur de ce calibre n’échappe pas aux accusations de simulation lorsqu’il cherche à influencer les décisions arbitrales. Au printemps 2013, la NBA a estimé que James avait dépassé la limite dans une séquence de la finale de conférence Est face aux Indiana Pacers.

Sur la même action, James et David West ont chacun accentué un contact, tombant au sol de manière spectaculaire sans réel avantage tiré de la scène. La ligue les a sanctionnés chacun d’une amende de 5 000 dollars. L’incident a montré, une fois de plus, que dans le basket aussi, la tricherie sportive peut être captée instantanément par la télévision et punie publiquement.

Simon Dyson pris par les téléspectateurs

Simon Dyson

Lors du BMW Masters 2013, Simon Dyson semblait simplement marquer sa balle sur le huitième green, un geste banal au golf. Mais lorsqu’il a relevé sa balle, les images ont laissé penser qu’il avait aussi aplati des marques de crampons sur la surface du green, ce qui constitue une violation directe du règlement.

Ce ne sont pas les officiels sur place qui ont d’abord repéré l’infraction, mais des téléspectateurs qui ont signalé les images. L’European Tour a ensuite disqualifié Dyson, puis lui a infligé une forte amende. L’affaire illustre parfaitement le rôle des spectateurs, qui ne se contentent plus de regarder un tournoi de golf à la télévision : ils peuvent aussi contribuer à faire respecter les règles.

Diego Maradona et la fameuse « main de Dieu »

Diego Maradona

C’est sans doute l’un des buts les plus discutés de l’histoire de la Coupe du monde. Lors du quart de finale 1986 entre l’Argentine et l’Angleterre, Diego Maradona a ouvert le score avec une action d’abord présentée comme une tête victorieuse. Les ralentis ont ensuite révélé qu’il avait en réalité poussé le ballon du poing au-delà de la ligne.

Le but n’aurait jamais dû être validé, et Maradona aurait dû recevoir un avertissement. Mais à l’époque, la vidéo n’entrait pas encore dans l’arbitrage, et le but a été accordé. Des années plus tard, Maradona a reconnu que, si la technologie vidéo avait existé à l’époque, cette réalisation aurait été annulée. Le même match l’a aussi vu inscrire le célèbre « but du siècle », preuve que l’histoire du football peut parfois mêler génie absolu et tricherie sportive dans la même rencontre.

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