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Jusqu’à la séparation des Smiths en 1987, le groupe s’imposait comme l’une des formations les plus populaires du Royaume-Uni. Il ne faisait alors aucun doute que son leader, Steven Patrick Morrissey, connaîtrait un succès similaire en solo. Dès son premier single, « Suedehead » en 1988, l’artiste s’est hissé à la cinquième place des classements britanniques. Si des décennies plus tard, Morrissey remplit toujours des salles, ses performances dans les charts sont devenues plus irrégulières, marquées par quelques échecs notables.

Ouija Board, Ouija Board : un dialogue manqué avec l’au-delà
Après le succès de son premier album « Viva Hate », Morrissey a privilégié la sortie de singles isolés. Si les deux premiers ont atteint le top 10, le troisième, « Ouija Board, Ouija Board » (1989), a marqué un coup d’arrêt en plafonnant à la 18e place. Cette chanson, qui traite de la tentative de contacter un ami défunt, a été jugée décevante par la critique.
À l’époque, le chanteur avait imputé ce résultat au refus de l’émission Top of the Pops de diffuser le clip et à l’absence de programmation sur Radio 1. Cependant, la qualité intrinsèque du morceau a souvent été remise en question. En 2025, le magazine Classic Pop le considérait encore comme l’un des pires singles jamais sortis par l’artiste.
Our Frank et le malaise des auditeurs
En mars 1991, Morrissey publie son deuxième véritable album, « Kill Uncle ». Pour le premier single, « Our Frank », il collabore avec Mark E. Nevin. Les paroles, évoquant l’envie de vomir sur un pull-over rouge jugé vulgaire, n’ont pas forcément séduit le public. Ce choix artistique audacieux s’est traduit par un échec commercial relatif : le titre n’a jamais dépassé la 26e place des charts britanniques, devenant à ce moment-là le single le moins bien classé de sa carrière solo.
Sunny : une météo capricieuse pour les ventes
Sorti en décembre 1995, le single « Sunny » occupe une place étrange dans la discographie de Morrissey. Bien qu’il soit alors sous contrat avec RCA Records, ce titre issu de sessions précédentes a été publié par son ancien label, Parlophone, pour capitaliser sur le succès de l’album « Southpaw Grammar ». Malgré son rythme entraînant, la critique a été acerbe.
Le magazine Melody Maker a comparé la production de Morrissey à une chaîne de supermarchés proposant beaucoup de choix mais peu de contrôle qualité. Les fans n’ont pas non plus été au rendez-vous : « Sunny » reste à ce jour le single isolé le moins bien classé de son catalogue, n’atteignant que la 42e position avant de disparaître des classements.
Alma Matters et la période Maladjusted
La fin des années 90 a été une période instable pour Morrissey, marquée par de fréquents changements de labels. En 1997, il rejoint Island Records pour l’album « Maladjusted ». Le premier extrait, « Alma Matters », a reçu des critiques particulièrement sévères. Certains journalistes spécialisés ont conseillé aux auditeurs, en dehors des fans inconditionnels, de passer leur chemin.
Co-écrit avec son guitariste de longue date Alain Whyte, le titre a été qualifié par le magazine Uncut de pire single de Morrissey lors d’une réédition en 2009. Bien qu’il soit parvenu à se hisser brièvement à la 16e place du top 20 britannique, il a quitté les classements en seulement trois semaines.
Wedding Bell Blues : un casting de stars insuffisant
En 2019, Morrissey a cédé à la tradition de l’album de reprises avec « California Son ». Pour le premier single, il a choisi « Wedding Bell Blues », une composition de Laura Nyro. Malgré une interprétation vocale solide et la présence de Billie Joe Armstrong, le leader de Green Day, aux chœurs, le succès n’a pas été au rendez-vous.
Le titre a péniblement atteint la 29e place du classement des ventes de singles au Royaume-Uni. Cet échec illustre moins la qualité de la performance que le déclin de la popularité commerciale de l’artiste auprès du grand public britannique à cette période de sa carrière.
