Les Mythes de Films Débunkés par MythBusters

par Olivier
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Les Mythes de Films Débunkés par MythBusters
USA

Dans l’univers du cinéma hollywoodien, les mythes de films sont souvent si spectaculaires qu’ils finissent par sembler crédibles. Pourtant, entre les scènes d’action invraisemblables et les exploits impossibles, la frontière entre divertissement et réalité mérite parfois d’être examinée de près.

Mythbusters title card

Prenons, par exemple, ces idées qu’on avale sans trop y penser : on pourrait se parler clairement en chute libre, flotter sur une porte après le naufrage du Titanic, ou encore s’en sortir presque indemne après une chute en traversant plusieurs auvents. À force de les voir au cinéma, ces scènes deviennent presque familières, mais la question demeure : que dit vraiment la science ?

C’est précisément là que MythBusters a laissé son empreinte dans la culture populaire. Au fil des années, Adam Savage, Jamie Hyneman et leur équipe ont testé des dizaines de mythes de films, qu’il s’agisse de scènes célèbres tirées de longs métrages précis ou de procédés récurrents du grand écran. Voici quelques-uns des tests les plus marquants, où le cinéma se frotte à la réalité.

Peut-on tenir une conversation en saut en parachute ?

Scene from Point Break

Dans Point Break, les personnages plongent vers le sol dans une scène devenue emblématique du cinéma d’action. On les voit se tenir la main, échanger quelques mots et donner l’impression qu’un dialogue est parfaitement possible sous la pression du vent. Pourtant, pour qui a déjà imaginé sauter d’un avion, l’idée paraît déjà moins convaincante.

MythBusters a tranché en testant cette situation en chute libre. Lors de l’épisode 94, Grant a tenté de comprendre une phrase criée pendant la descente, mais le bruit du vent a complètement couvert la voix humaine. Verdict : en chute libre, une conversation intelligible est pratiquement impossible. Au passage, l’équipe a aussi montré qu’une chute de 4 000 pieds dure environ 31 secondes, bien loin de ce que suggèrent certains films. Ce mythe de film a donc été clairement débunké.

On n’avait qu’à monter sur la porte, Jack

Scene from Mythbusters

La scène finale de Titanic a alimenté d’innombrables débats : Jack et Rose auraient-ils pu tenir tous les deux sur la porte flottante ? En 2012, des images diffusées en ligne ont relancé la controverse, montrant différentes manières dont les deux personnages auraient pu s’y installer. Le sujet est devenu l’un des plus célèbres mythes de films jamais discutés par les spectateurs.

Pour l’anniversaire du film, MythBusters a tenté l’expérience en conditions réelles. James Cameron expliquait que la porte n’aurait pas eu assez de flottabilité, mais les essais à grande échelle ont montré le contraire : avec un gilet de sauvetage attaché sous la planche, Adam et Jamie ont pu monter dessus et rester, au moins en partie, hors de l’eau. Cameron est toutefois resté fidèle à sa vision du scénario : Jack devait mourir. La science a donc nuancé la scène, sans réécrire le destin du film.

Un auvent peut-il ralentir une chute ?

Scene from Project A

Le cinéma adore les chutes spectaculaires interrompues par un auvent, comme si une toile de protection suffisait à transformer une chute mortelle en simple contretemps. Cette idée apparaît dans plusieurs films, dont Indiana Jones and the Temple of Doom ou Project A de Jackie Chan. Le spectateur y voit souvent une issue presque miraculeuse.

Dans son émission spéciale consacrée aux mythes de films, MythBusters a testé cette hypothèse avec Buster, son mannequin de crash-test. Résultat : la chute a provoqué des blessures qui auraient été graves sur un être humain, mais les capteurs ont estimé qu’elles restaient « moins que mortelles ». Le mythe a donc été jugé plausible, même si ce n’est pas une invitation à compter sur un auvent pour survivre à une chute.

Une épaisse couche de peinture dorée peut-elle tuer ?

Scene from Goldfinger

Les films de James Bond regorgent d’idées absurdes que le public accepte souvent avec le sourire : gadgets impossibles, coïncidences invraisemblables et effets très cinématographiques. Parmi elles, la scène de Goldfinger où Jill Masterson est recouverte de peinture dorée avant de mourir a longtemps intrigué les spectateurs.

MythBusters a voulu vérifier si une telle situation pouvait réellement être fatale. Adam et Jamie ont testé l’expérience en se couvrant de peinture dorée, tout en observant les réactions de leur corps. Jamie a présenté une variation de sa tension artérielle, tandis qu’Adam a vu sa température corporelle baisser, mais aucun des deux n’a subi de conséquence grave. Le mythe a été débunké, même si l’expérience est restée, à sa manière, aussi gênante que le film le laissait entendre.

Peut-on ouvrir une porte en tirant sur la serrure ?

Scene from Big Trouble in Little China

Au cinéma, il suffit souvent d’une balle bien placée pour faire sauter une serrure. Cette image est devenue si fréquente qu’elle semble aller de soi, portée par des scènes d’action répétées encore et encore dans les films hollywoodiens. Pourtant, le vrai fonctionnement d’une serrure est bien plus têtu.

Dans son épisode « Mega Movie Myths », MythBusters a testé plusieurs armes contre différents types de serrures. Les tentatives avec un pistolet 9 mm et un .357 Magnum n’ont pas permis d’ouvrir les cadenas ni les verrous. Seuls des tirs d’escopette ou de fusil très puissant ont pu neutraliser la serrure, non pas en la manipulant, mais en la détruisant presque entièrement. En clair : la balle ne « déverrouille » pas, elle anéantit.

Accrochez-vous, j’arrive

Scene from Lord of the Rings

Les scènes de personnages suspendus à une corniche, les doigts crispés dans le vide, sont un grand classique du divertissement. Dans les films, l’angoisse dure, puis l’aide finit toujours par arriver au dernier moment. Le spectateur en déduit spontanément qu’il suffit de tenir bon quelques instants.

MythBusters a testé cette idée dans l’épisode 138 et a montré que la réalité est bien moins confortable. Avec un espace d’environ trois pouces pour s’accrocher, les participants n’ont tenu qu’une minute environ. Avec seulement un pouce, leur résistance est tombée entre 30 et 40 secondes, à l’exception de Grant, incapable de prendre prise. Sans filet de sécurité, les chances de survie lors d’une telle scène sont donc très faibles.

Peut-on courber une balle ?

Scene from Wanted

Et si l’on pouvait tirer autour d’un coin ? L’idée fascine autant les films d’action que les amateurs d’armes à feu imaginaires. Offrir à un héros la capacité de contrôler la trajectoire d’une balle, c’est lui donner un avantage spectaculaire, mais est-ce physiquement possible ?

MythBusters a testé deux variantes de ce concept. D’abord, l’équipe a courbé le canon d’un fusil pour voir si la balle pouvait quand même sortir avec une force létale : oui, c’était possible. Mais lorsqu’ils ont voulu reproduire le principe vu dans Wanted, où un mouvement du bras permettrait de courber la balle, l’expérience a échoué. Même avec un bras robotisé allant deux fois plus vite qu’un bras humain, le projectile est sorti en ligne droite. Un mythe de films de plus, donc, à ranger du côté du fantasme.

Folie, génie ou effet spécial ?

Scene from Pirates of the Caribbean

Dans Pirates of the Caribbean: La Malédiction du Black Pearl, l’une des scènes les plus ingénieuses montre Jack Sparrow et Will Turner avançant sous l’eau grâce à une barque retournée, comme s’ils utilisaient un sous-marin improvisé. L’intérieur de l’embarcation leur fournit une poche d’air, et le film joue avec cette image de bricolage héroïque à laquelle Jack répond avec son ironie habituelle.

MythBusters s’est amusé à faire tomber l’idée à l’eau. Lors de l’épisode 92, l’équipe a testé la barque inversée et a constaté qu’il était impossible de l’entraîner facilement au fond, leurs corps flottant trop pour cela. Même avec 60 livres d’équipement de pirate et 500 livres de poids sur la barque, le système ne tenait pas. Il aurait fallu environ 2 000 livres de force pour maintenir l’ensemble sous l’eau. Entre folie et génie, le film restait superbe, mais le mythe de film ne résistait pas à l’épreuve.

Peut-on survivre au froid dans le cadavre d’un grand animal ?

Scene from The Empire Strikes Back

La saga Star Wars a elle aussi droit à ses expériences scientifiques. Dans le spécial consacré à la franchise, Adam a fabriqué un Tauntaun en mousse, peau synthétique et fourrure artificielle, puis l’équipe l’a rempli d’organes factices avant d’y placer « Thermo Boy », un mannequin doté d’un système circulatoire. L’ensemble a ensuite été chauffé à 99 degrés avant d’être exposé à un froid de -40 degrés.

L’idée était simple : Han Solo aurait-il réellement pu sauver Luke de l’hypothermie en l’abritant dans la carcasse chaude de la créature ? Selon les calculs de Jamie et Adam, il lui aurait fallu environ 2 h 30 pour construire un abri. À la fin de cette période, la température de Thermo Boy n’était descendue qu’à 92 degrés. Le verdict de MythBusters : plausible. Tout le monde n’a pas été d’accord, mais le mythe restait scientifiquement défendable dans cette version.

Confirmation : Indiana Jones est génial

Scene from Mythbusters

Indiana Jones incarne à lui seul une certaine idée du cinéma d’aventure, et son fouet est presque aussi célèbre que son chapeau. Il lui permet de franchir des gouffres, d’arracher une arme des mains d’un adversaire ou de désarmer un ennemi en une fraction de seconde. MythBusters lui a consacré un épisode complet, centré notamment sur des exploits liés au bullwhip.

Adam et Jamie ont construit un faux précipice avec des cartons, puis un poteau en bois recouvert de papier de verre pour simuler l’écorce d’un arbre. Adam a réussi à traverser la fosse grâce au fouet. Pour un autre test, ils ont cherché à toucher une petite cible avec précision, ce qui s’est révélé bien plus difficile que dans les films. Avec l’aide d’un expert en fouet, Jamie a pu attraper la main d’Adam, puis Adam a frappé la main gantée de Jamie. Les deux mythes ont été jugés plausibles.

Peut-on fabriquer une bougie avec du cérumen ?

Shrek's earwax candle

Shrek est sympathique, mais il est aussi franchement dégoûtant. Il lâche des gaz capables de tuer des poissons, cuisine avec des rats des marais et gratte là où il ne faut pas. Dans une scène devenue culte, il retire même du cérumen de son oreille pour fabriquer des bougies. À partir de là, une question s’impose : ce mythe de film est-il techniquement possible ?

MythBusters s’est attaqué à cette idée sans hésiter. L’équipe n’a pas utilisé son propre cérumen, mais celui recueilli par un médecin ORL auprès de nombreux patients. Le matériau a été fondu, puis Grant a estimé l’odeur tellement répugnante qu’il n’a pas voulu aller jusqu’au bout du test. Les autres ont tenté d’en faire une bougie fonctionnelle, sans succès. Verdict : mythe débunké, même si la matière utilisée n’était pas exactement celle d’un ogre.

Peut-on faire exploser un requin avec une bouteille de plongée ?

Scene from Mythbusters

Jaws est un classique absolu du cinéma de suspense. Son impact culturel est tel que des générations de spectateurs ont retenu, souvent malgré eux, l’image du grand requin blanc comme menace quasi mythique. Dans ce contexte, le final explosif du film s’est imposé comme un moment de pure tension hollywoodienne.

MythBusters s’est demandé s’il était réellement possible de faire exploser une bouteille de plongée en lui tirant dessus alors qu’elle est coincée dans la gueule d’un grand poisson. La première tentative n’a rien donné. Même avec un fusil de précision .50, le réservoir n’a pas explosé ; il s’est seulement percé, puis a été propulsé à travers le faux requin jusqu’à l’autre extrémité. En pratique, cela aurait sans doute suffi à tuer la créature, mais sans le grand bang du cinéma.

Mauvaises nouvelles si vous vous retrouvez enterré vivant

Scene from Kill Bill Vol. 2

Dans Kill Bill Vol. 2, l’héroïne se retrouve enfermée dans un cercueil, mais elle garde son sang-froid, frappe la paroi et parvient à s’extirper de sa tombe. Cette scène alimente l’idée qu’avec suffisamment de volonté, on pourrait toujours creuser son chemin vers la surface. C’est l’un des mythes de films les plus tenaces autour de l’enterrement vivant.

MythBusters a pourtant démontré que l’issue est bien moins favorable. En construisant un robot capable d’imiter la force d’un coup humain, puis en le plaçant dans un cercueil en pin, l’équipe a vu la trappe à peine se fissurer malgré 600 coups. Ils ont ensuite testé la possibilité de s’extraire en creusant dans la terre à partir d’un cercueil enterré avec une porte coulissante. Là encore, le résultat a été négatif : le cercueil s’est rempli trop vite pour permettre une fuite avant l’asphyxie. En matière de survie, les solutions hollywoodiennes restent, une fois encore, très optimistes.

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