Michael Bolton : le plagiat qui lui a coûté 5 millions d’euros

par Sophie
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Michael Bolton : le plagiat qui lui a coûté 5 millions d'euros
États-Unis

En 1991, Michael Bolton dominait les classements avec son tube soft rock « Love Is a Wonderful Thing ». Pourtant, ce succès a fini par lui coûter une petite fortune. Après une décennie de batailles juridiques, le chanteur et ses collaborateurs ont été condamnés à verser plus de 5,1 millions d’euros de dommages et intérêts aux Isley Brothers pour plagiat.

Michael Bolton aux Grammy Awards
Michael Bolton a dû faire face à une longue procédure judiciaire pour l’un de ses plus grands succès.

Deux chansons, un seul titre

L’histoire commence en 1966, lorsque les Isley Brothers, groupe emblématique déjà intronisé au Rock & Roll Hall of Fame, sortent un morceau intitulé « Love Is a Wonderful Thing ». À l’époque, le titre passe inaperçu et ne parvient pas à intégrer les classements de ventes. Il reste dans l’ombre jusqu’en mars 1991, date à laquelle il est réédité dans une compilation de leurs sessions d’enregistrement.

Quelques semaines plus tard, Michael Bolton publie son album « Time, Love & Tenderness ». Le premier single, portant exactement le même titre que la chanson des Isley Brothers, devient un immense succès, atteignant la quatrième place du Billboard Hot 100. Si Bolton affirmait qu’il s’agissait d’une création originale, Ronald Isley n’a pas tardé à remarquer des similitudes troublantes en entendant le morceau à la radio.

Michael Bolton souriant
Le chanteur a toujours soutenu que sa composition était originale malgré les accusations.

Une ressemblance confirmée par les experts

Ronald Isley a d’abord cru que Bolton avait payé pour utiliser sa chanson, mais en découvrant qu’il n’était pas crédité, il a lancé des poursuites pour violation du droit d’auteur. Le procès, débuté en 1994, a opposé les deux parties sur la question de l’originalité. Bolton, qui s’était repositionné comme un chanteur de soul influencé par les années 1960, affirmait ne pas connaître l’œuvre originale des Isley Brothers.

Cependant, des experts en musicologie ont démontré devant le tribunal que les points communs allaient bien au-delà du simple titre. Les similitudes portaient sur le rythme, les figures instrumentales, la structure entre les couplets et le refrain, ainsi que sur la fin du morceau. Le jury a finalement conclu que Bolton et son co-auteur, Andy Goldmark, s’étaient inspirés de manière illicite de l’œuvre de 1966.

Une condamnation record

La sanction financière a été particulièrement lourde. Le jury a estimé que 66 % des profits générés par la chanson et 28 % des bénéfices de l’album entier découlaient directement des éléments plagiés. Au total, la condamnation s’est élevée à environ 5,1 millions d’euros.

Malgré plusieurs appels, dont une tentative ultime devant la Cour suprême des États-Unis qui a refusé d’examiner l’affaire, Michael Bolton a épuisé tous ses recours en 2000. Dans le détail, la maison de disques Sony a dû payer environ 4 millions d’euros, tandis que Bolton a versé personnellement près de 885 000 euros, complétés par les contributions de son co-auteur et de sa propre société d’édition.

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