11 groupes de rock dont la carrière a sombré après le départ du leader

par Sophie
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11 groupes de rock dont la carrière a sombré après le départ du leader
Royaume-Uni, États-Unis

Réussir dans l’industrie musicale relève du miracle. Pour chaque groupe qui atteint les sommets, des milliers d’autres restent confinés dans l’anonymat des petits clubs. Le succès repose souvent sur une alchimie mystérieuse où le collectif dépasse la somme des individualités. Pourtant, le rôle du leader, avec son charisme et sa voix unique, reste un pilier central de cette équation.

Malgré les risques, de nombreux chanteurs choisissent de quitter leur formation d’origine pour tenter l’aventure en solo. Que ce soit par ambition artistique ou suite à des tensions internes, ces départs laissent souvent les autres membres du groupe dans une situation précaire. Voici comment plusieurs musiciens ont vu leur carrière décliner après avoir été abandonnés par leur figure de proue.

Black Sabbath et le départ d’Ozzy Osbourne

Fondé à Birmingham à la fin des années 1960, Black Sabbath a posé les bases du heavy metal. Cependant, les excès d’Ozzy Osbourne ont fini par le rendre ingérable, menant à son renvoi en 1979. Si le groupe a connu un regain de succès temporaire avec Ronnie James Dio, la suite de la décennie fut marquée par une instabilité chronique.

Pendant que Sabbath enchaînait les chanteurs et perdait de son influence commerciale, Ozzy Osbourne triomphait en solo. Malgré une réunion finale et un dernier album en 2013, l’histoire du groupe s’est définitivement close après un ultime concert en 2025, peu avant le décès de la légende à l’âge de 76 ans.

L’instabilité chronique de Van Halen

Le départ de David Lee Roth a d’abord été compensé par l’arrivée de Sammy Hagar, permettant à Van Halen de maintenir son succès avec quatre albums consécutifs en tête des ventes. Mais l’histoire s’est répétée lorsque Hagar a quitté le groupe à son tour. La tentative de remplacement par Gary Cherone fut un échec retentissant.

L’album enregistré avec Cherone en 1998 fut le premier du groupe à ne pas atteindre le million de ventes. Malgré des retours éphémères de Hagar puis de Roth, Van Halen n’a jamais retrouvé sa gloire passée. La disparition d’Eddie Van Halen en octobre 2020 a mis un point final à l’aventure du groupe.

Judas Priest : l’échec de l’après-Halford

Rob Halford, dont le style vocal a défini le genre heavy metal, a quitté Judas Priest en 1992 pour explorer d’autres horizons. Il a qualifié ce départ de « crise de la quarantaine ». Pour le remplacer, le groupe a recruté Tim « Ripper » Owens, issu d’un groupe de reprises.

Les deux albums enregistrés avec Owens ont été des échecs commerciaux majeurs, se vendant à moins de 100 000 exemplaires au total. Face à ce déclin et à une carrière solo qui ne décollait pas, Halford a finalement réintégré Judas Priest en 2003, reprenant sa place de leader qu’il occupe toujours aujourd’hui.

Mötley Crüe et la parenthèse John Corabi

À la fin des années 1980, Mötley Crüe dominait la scène hair-metal. Les tensions ont éclaté lorsque Vince Neil a refusé de suivre une direction musicale plus proche du blues. Après son départ, le groupe a engagé John Corabi, mais le succès n’a pas été au rendez-vous dans un paysage musical alors dominé par le grunge.

En 1996, face à la chute de leur popularité, les membres du groupe ont licencié Corabi pour réintégrer Neil. Si cette réunion a permis de monter une tournée lucrative, Corabi a quant à lui quitté l’industrie musicale pendant un temps pour devenir chauffeur routier international.

The Police et l’ombre de Sting

Au début des années 1980, The Police était l’un des plus grands groupes au monde. Mais Sting, qui écrivait la majorité des tubes, se sentait limité par le format trio. Son départ au sommet de leur gloire a marqué la fin d’une ère.

David Byrne portant un costume large avec Talking Heads
David Byrne lors d’une performance emblématique avec Talking Heads.

Alors que Sting entamait une carrière solo monumentale, Stewart Copeland et Andy Summers ont connu des succès plus modestes. En 2007, une tournée de réunion a généré environ 335 millions d’euros, prouvant l’immense popularité résiduelle du groupe. Cependant, en 2025, Summers et Copeland ont poursuivi Sting en justice pour des redevances impayées.

Wham! : le destin brisé d’Andrew Ridgeley

Le duo britannique Wham! a connu une ascension fulgurante avant que George Michael ne décide d’y mettre fin en 1986. Michael est devenu une icône mondiale, tandis qu’Andrew Ridgeley a échoué dans ses tentatives de reconversion, que ce soit en Formule 3 ou dans le cinéma à Los Angeles.

Son unique album solo en 1990 a connu des ventes si faibles qu’il n’a jamais eu de suite. Ridgeley a admis plus tard qu’il n’avait pas l’ambition ni le talent nécessaire pour égaler son ancien partenaire, tout en précisant qu’ils étaient restés amis malgré leurs trajectoires opposées.

Talking Heads et la rupture brutale

David Byrne a surpris ses partenaires en annonçant son départ des Talking Heads par voie de presse en 1991. Chris Frantz et Tina Weymouth, qui avaient connu un succès d’estime avec leur projet Tom Tom Club, ont été dévastés par cette décision soudaine.

Bien que Byrne ait poursuivi une carrière solo respectable, aucun des membres n’a retrouvé l’impact culturel du groupe original. Des décennies plus tard, Weymouth a exprimé ses regrets de ne pas avoir pu accomplir davantage, tandis que Byrne a admis avoir des remords sur la manière dont la séparation a été gérée.

Roxy Music et Alice Cooper : des trajectoires divergentes

Bryan Ferry a dissous Roxy Music en 1983, au sommet du succès de l’album Avalon. Si sa carrière solo a bien débuté, elle a fini par stagner, menant à plusieurs réunions du groupe pour des tournées nostalgiques. Les autres musiciens ont reconnu que ces retrouvailles étaient avant tout motivées par le plaisir de jouer ensemble.

Dans un registre différent, Alice Cooper était à l’origine le nom d’un groupe avant que le chanteur Vincent Furnier ne se l’approprie légalement pour sa carrière solo en 1973. Alors que le chanteur devenait une superstar, les autres membres originaux sont tombés dans l’oubli. Ce n’est qu’en 2025 que Cooper a retrouvé ses anciens compères pour un album intitulé The Revenge of Alice Cooper.

The Velvet Underground et The Clash : des fins amères

Après le départ de Lou Reed pour une carrière solo, le Velvet Underground a tenté de survivre sous la direction de Doug Yule, sans succès. Les autres membres ont suivi des chemins surprenants : Maureen Tucker a fini par travailler dans un supermarché en Géorgie, tandis que Sterling Morrison est devenu professeur d’études médiévales.

Enfin, The Clash a périclité après le renvoi de Mick Jones en 1983. L’album Cut the Crap qui a suivi fut un désastre renié par Joe Strummer lui-même. Si Jones a réussi sa reconversion avec Big Audio Dynamite, Strummer a regretté jusqu’à sa mort en 2002 d’avoir brisé l’alchimie originale du groupe.

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