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Le pouvoir régénérateur du printemps s’illustre rarement mieux qu’à travers une chanson d’amour classique. Au-delà du retour des travaux de jardinage et des allergies au pollen, le réveil de la nature s’accompagne d’une dose de romantisme qui appelle une bande-son ensoleillée. Si les chansons célébrant spécifiquement le printemps se font rares aujourd’hui, elles constituaient un thème majeur par le passé, particulièrement le mois d’avril, propice aux pique-niques et aux mariages.

April Love — Pat Boone
Le crooner Pat Boone a offert aux amoureux l’un des thèmes les plus marquants du 20e siècle avec sa version de « April Love ». Bien que certains auditeurs plus austères puissent la juger trop sucrée, elle demeure une ode à l’esprit pur de la romance printanière. La chanson délivre toutefois une mise en garde : l’amour d’avril peut glisser entre les doigts, et il ne faut pas laisser s’enfuir l’élue de son cœur.
Sorti en 1957, ce titre était le thème principal du film du même nom, mettant en vedette Boone dans le rôle d’un jeune homme tombant amoureux de Shirley Jones dans le Kentucky. Le morceau a dominé les classements Billboard en décembre 1957 et a même reçu une nomination aux Oscars pour la meilleure chanson originale. Bien qu’elle soit devenue l’un des titres phares de Boone, elle a été reprise par d’autres voix célèbres comme Connie Francis ou Johnny Mathis.
Spring Cleaning — Fats Waller
Ce morceau de jazz vif est idéal pour apporter un peu de soleil sonore à la saison. « Spring Cleaning » de Fats Waller ne se contente pas de faire claquer les doigts, il insuffle également une bonne dose de joie. La voix distinctive de Waller, dont le talent était tel qu’Al Capone l’aurait fait enlever pour qu’il joue à son anniversaire, porte un message plein d’entrain.
L’originalité de cette chanson réside dans sa métaphore du grand ménage de printemps appliqué à la vie sentimentale. Waller y chante son intention de polir les feuilles pour les rendre vertes à nouveau et de secouer les arbres pour préparer le terrain à l’amour. Cette manière créative d’illustrer les changements naturels tout en s’attribuant le mérite de l’embellissement du monde donne au morceau un style bebop à la fois désuet et intemporel.
It Might as Well be Spring — Frank Sinatra
Frank Sinatra, surnommé « Ol’ Blue Eyes », était passé maître dans l’art d’exprimer les sentiments suscités par le changement de saison. Dans sa version de « It Might as Well be Spring », une composition de Rodgers et Hammerstein issue de la comédie musicale « State Fair » de 1945, la rencontre de l’être aimé est comparée à une nature en pleine floraison.
Paradoxalement, les paroles précisent que l’action ne se déroule pas au printemps. Sinatra y décrit une sensation de mélancolie étoilée et de fébrilité, semblable à celle d’un rossignol sans chanson. Il s’interroge sur cette « fièvre printanière » qui le frappe alors que la saison n’est pas encore là. À la fin du morceau, il admet que l’agitation de son cœur est si forte qu’elle ne peut être associée qu’à une seule période de l’année.
Chapel of Love — The Dixie Cups
Le titre « Chapel of Love » des Dixie Cups va plus loin que le simple flirt en introduisant directement une ambiance de mariage. La chanson décrit avec précision l’état de la nature au printemps pour souligner que la saison est idéale pour l’union matrimoniale. Dès le premier couplet, les oiseaux chantent et le ciel est bleu, comme si la planète entière célébrait ce jour où les amoureux se disent « oui ».
Ce morceau présente l’union comme un événement aussi naturel que le cycle des saisons. Le refrain est devenu l’une des déclarations d’amour les plus mémorables de la musique pop. En 1964, le public a plébiscité ce sentiment en propulsant la chanson à la première place des ventes pendant trois semaines, détrônant au passage les Beatles et leur tube « Love Me Do ».
April in Paris — Artistes variés
L’idée de passer la saison douce dans l’une des villes les plus romantiques du monde est un concept universel. Interprétée par des duos de légende comme Louis Armstrong et Ella Fitzgerald, ou par Rosemary Clooney, « April in Paris » transforme le printemps en un voyage romantique capable de convaincre les plus cyniques. Le morceau rappelle que cette période de l’année est faite pour les amoureux.
Le monde a découvert ce classique en 1932 dans la revue musicale « Walk a Little Faster ». Depuis sa création par Yip Harburg et Vernon Duke, de nombreuses versions ont vu le jour. Les paroles évoquent la découverte tardive du charme du printemps et du chant du cœur face à la chaleur d’une étreinte à Paris. C’est la chanson printanière par excellence, transportant l’auditeur dans un âge d’or du romantisme.
