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Le paysage radiophonique français s’apprête à vivre une transformation majeure. Dès la fin de l’été 2026, France Musique entamera un retrait progressif de la bande FM dans plusieurs zones du territoire. La station, qui couvrait jusqu’alors 93 % de la population via les ondes traditionnelles, ne sera plus accessible en FM que pour environ 70 % des auditeurs, au profit d’une diffusion numérique accrue.
Le passage au DAB+, le successeur de la FM
Face à une bande FM saturée, Radio France mise désormais sur le DAB+ (Digital Audio Broadcasting). Cette technologie, considérée comme l’équivalent radio de la TNT, offre une qualité sonore supérieure et une réception plus stable, notamment lors des déplacements en voiture. Sibyle Veil, présidente du groupe public, encourage les auditeurs à s’équiper de récepteurs compatibles, dont les premiers prix avoisinent les 30 euros.
Ce basculement n’est pas uniquement technologique, il est aussi stratégique. En restituant environ 300 émetteurs FM à l’Arcom, soit 12 % de son parc, Radio France prévoit de réaliser une économie annuelle de 3,9 millions d’euros. Ces fréquences libérées pourront être réattribuées par le régulateur à d’autres acteurs de l’audiovisuel.
Réorganisation des stations : Mouv’ et France Info
Le plan de modernisation impacte également d’autres antennes du groupe. La station Mouv’, orientée vers le public jeune, quittera définitivement la FM pour se concentrer sur une diffusion exclusivement numérique via internet et l’application Radio France. Sa fréquence en DAB+ sera récupérée par Mon petit France Inter, la radio dédiée aux enfants lancée en 2024.
À l’inverse, certaines stations renforceront leur présence sur les ondes analogiques. France Info et le réseau local Ici vont étendre leur couverture FM pour atteindre plus de 90 % de la population. Ce déploiement concernera notamment la région parisienne ainsi que les secteurs d’Autun, Longwy et Lyon, en récupérant certains émetteurs délaissés par France Musique.
Un enjeu de service public et de souveraineté
Pour la direction de Radio France, cette mutation répond à un double impératif : moderniser la distribution et garantir l’accès à une information de service public fiable. Dans un contexte marqué par la montée de la désinformation et la nécessité de communiquer lors de crises majeures, comme des inondations ou des pannes électriques, la radio reste un outil essentiel de proximité.
L’objectif final, fixé par l’Arcom pour l’ensemble du secteur, est une transition totale vers le numérique d’ici 2033. Afin d’accompagner les auditeurs dans ce changement historique, le groupe public prévoit le lancement d’une campagne de communication d’envergure ainsi que la mise en place d’une assistance téléphonique dédiée.
