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Une avancée technique majeure vient d’être franchie par la Marine nationale française. Entre le 16 et le 20 mars, un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de classe Suffren a réalisé une expérimentation inédite au large de Toulon, dans le Var. Pour la première fois, un bâtiment de ce type a mis en œuvre un drone sous-marin d’origine américaine en conditions réelles.
Une expérimentation technique complexe sous la mer
L’objectif de ces essais était d’évaluer l’intégration opérationnelle de drones sous-marins pour les futures missions de la marine. Selon les informations communiquées par le ministère des Armées, les manœuvres ont consisté à lancer et à récupérer l’engin alors que le sous-marin était en immersion. Ces opérations délicates se sont déroulées sous la surveillance de plongeurs spécialisés.
Le drone a démontré ses capacités en effectuant des missions de manière autonome avant de regagner le bâtiment porteur. Durant ces phases de test, l’appareil a notamment réalisé diverses mesures océanographiques, prouvant son utilité pour la collecte de données environnementales en milieu hostile.
Le Razorback : un atout technologique américain
L’appareil utilisé pour cette première est un Razorback, un drone sous-marin conçu par la société Huntington Ingalls Industries. Il s’agit de la déclinaison militaire du modèle civil Remus 620, initialement développé pour l’hydrographie. Ce drone dispose de caractéristiques techniques notables :
- Une autonomie de navigation d’au moins 70 heures.
- Une capacité d’immersion atteignant environ 183 mètres de profondeur.
- Un système de lancement via un hangar amovible fixé sur le pont arrière du sous-marin.
Cette réussite a été rendue possible grâce à une collaboration étroite avec les forces sous-marines américaines, qui ont partagé les procédures de récupération et les spécificités techniques de l’engin.
Une nouvelle étape pour les forces sous-marines
L’utilisation du hangar de pont, également appelé dry deck shelter (DDS), est habituellement réservée au transport de nageurs de combat ou de matériel spécifique. En l’utilisant pour déployer des drones, la Marine nationale diversifie les capacités de ses sous-marins de classe Suffren. Bien que d’autres nations comme la Suède ou les États-Unis disposent déjà d’une expérience dans ce domaine, la méthode française via le DDS se distingue des lancements par tubes lance-torpilles pratiqués par l’US Navy sur certains de ses bâtiments.
