L’histoire de I Am… I Said, le titre le plus intime de Neil Diamond

par Sophie
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L'histoire de I Am... I Said, le titre le plus intime de Neil Diamond
États-Unis, Canada

En 1970, Neil Diamond se trouvait dans sa loge après ce qu’il considérait comme une audition désastreuse pour un film biographique sur l’humoriste provocateur Lenny Bruce. Seul avec sa guitare, l’artiste se sentait déprimé et égaré. Récemment installé à Los Angeles après avoir quitté sa ville natale de New York, il a vu émerger les premières notes de ce qui deviendrait sa chanson la plus personnelle : « I Am… I Said ».

Neil Diamond sur scène avec une guitare
Neil Diamond a mis près de quatre mois à finaliser ce titre emblématique.

Contrairement à ses précédents succès, ce morceau n’a pas été facile à composer. Il a fallu près de quatre mois et de nombreuses séances de thérapie à l’auteur-compositeur pour trouver le ton juste. Le titre est finalement apparu sur l’album « Stones » en 1971, atteignant la quatrième place du classement Billboard Hot 100 et restant 14 semaines dans les charts. Il a également connu un succès international, se classant notamment numéro un au Canada. Avec ce titre, Diamond a réussi à transformer son tumulte intérieur et son sentiment de déracinement en un classique apprécié de tous.

Un artiste tiraillé entre deux rivages

Né à Brooklyn en 1941, Neil Diamond a d’abord fréquenté l’Université de New York grâce à une bourse d’escrime, avant d’abandonner ses études de médecine pour devenir auteur-compositeur. En 1968, il quitte la côte Est pour s’installer à Los Angeles. Bien qu’il soit alors marié et qu’il enchaîne les succès avec sa maison de disques, Diamond ne parvient pas à s’intégrer à la scène californienne, se sentant incapable de concilier son sérieux professionnel avec la vie mondaine de l’époque.

Dans le pré-refrain de « I Am… I Said », il exprime ouvertement ce sentiment de dérive : « Je suis né et j’ai grandi à New York / Mais aujourd’hui, je suis perdu entre deux rivages / Los Angeles est bien, mais ce n’est pas chez moi / New York est ma maison, mais elle ne m’appartient plus. » Même après quarante ans passés en Californie, ce sentiment de déconnexion ne l’a jamais quitté. Il confiait d’ailleurs en 2012 n’avoir aucun véritable foyer tout en se sentant chez lui partout.

L’influence marquante de Lenny Bruce

L'humoriste Lenny Bruce
L’audition pour incarner Lenny Bruce a provoqué une profonde remise en question chez le chanteur.

Le projet de film sur Lenny Bruce a joué un rôle crucial dans la genèse de la chanson. Diamond souhaitait alors se lancer dans le cinéma et s’était investi corps et âme dans ce rôle potentiel. Cependant, le langage cru et les thématiques sombres de l’humoriste ont réveillé en lui des émotions qu’il n’appréciait pas. Juste avant son audition, il a rencontré la mère de Bruce, Sally Marr. Cette rencontre, survenant seulement quatre ans après la mort tragique de l’humoriste par overdose en 1966, l’a profondément déstabilisé.

Persuadé d’avoir échoué à l’audition, Diamond a injecté ses doutes et son sentiment de vulnérabilité dans ses paroles. Bien que le projet de film ait finalement été abandonné, cette introspection douloureuse a permis la naissance d’un classique universellement reconnu pour sa sincérité et son émotion brute.

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