Sommaire
Le divorce est consommé entre les autorités locales et l’un des plus grands festivals de musique de France. La région Île-de-France et la ville de Saint-Cloud ont officiellement annoncé qu’elles n’accorderaient aucune subvention à Rock en Seine pour son édition 2026. L’événement, prévu du 26 au 30 août au domaine national de Saint-Cloud, devra se passer du soutien financier public qui l’accompagnait jusqu’alors.
La programmation de Kneecap au cœur de la discorde
Cette rupture trouve son origine dans la précédente édition du festival. Florence Portelli, vice-présidente de la Région chargée de la culture, a confirmé ce retrait lors d’une commission permanente. La majorité régionale de droite avait déjà refusé de verser une subvention de 295 000 € l’an dernier, en réaction à la présence du groupe de rap nord-irlandais Kneecap.
Le leader du trio, Mo Chara, avait fait l’objet de poursuites par la justice britannique pour « infraction terroriste » après avoir brandi un drapeau du Hezbollah et clamé son soutien au Hamas lors d’un concert à Londres en novembre 2024. Si la programmation du groupe avait déjà poussé la ville de Saint-Cloud à retirer son aide de 60 000 €, la Région maintient aujourd’hui sa position de fermeté.
Des tensions entre la Région et la direction du festival
Au-delà de la polémique artistique, des griefs personnels et politiques entrent en jeu. Florence Portelli a justifié cette décision en invoquant la liberté de la collectivité de choisir l’attribution de ses fonds. Elle a notamment souligné que l’apologie du terrorisme ne pouvait être confondue avec la défense de la cause palestinienne.
La vice-présidente a également cité des « insultes » proférées par Matthieu Pigasse, dont le groupe Combat codétient le festival avec le géant américain AEG. Dans une tribune publiée dans la presse, le banquier d’affaires avait dénoncé une « attaque frontale et inédite de la droite radicale contre la culture » pour justifier le maintien de Kneecap à l’affiche. Ces propos ont contribué à rompre le dialogue avec l’institution régionale.
Un budget solide malgré le retrait des aides
La Région Île-de-France a par ailleurs remis en question la nécessité de financer un événement soutenu par des acteurs économiques puissants. Florence Portelli a déclaré préférer réaffecter ces sommes à des festivals plus indépendants, citant l’exemple de Solidays. Selon elle, l’argent public n’a pas vocation à abonder ce que le « grand capital » finance déjà par lui-même.
Toutefois, ce désengagement financier ne devrait pas mettre en péril la pérennité de l’événement. Avec un budget global estimé à environ 18 millions d’euros pour l’année 2026, Rock en Seine dispose de ressources suffisantes pour absorber la perte de ces subventions locales.
