Boualem Sansal veut poursuivre le président algérien en justice

par Sophie
0 commentaires
A+A-
Reset
Boualem Sansal veut poursuivre le président algérien en justice
France, Algérie

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a annoncé son intention de poursuivre en justice le président algérien, Abdelmadjid Tebboune. Cette déclaration intervient quelques mois après sa libération en novembre dernier, suite à une grâce présidentielle qui a mis fin à près d’un an d’incarcération en Algérie.

Une action devant la justice internationale

Lors d’une table ronde organisée à l’Assemblée nationale pour la Journée du livre politique, l’auteur de 81 ans a affirmé que la procédure était déjà lancée. « Mon avocat a préparé un dossier pour saisir la justice internationale contre Abdelmadjid Tebboune », a-t-il précisé. Boualem Sansal explique vouloir attendre le moment opportun pour agir, évoquant notamment le sort du journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis mai 2024 et condamné à sept ans de prison.

L’écrivain conteste fermement les conditions de sa condamnation et l’absence d’un véritable procès transparent. « Ils m’ont condamné à mort, en me mettant dessus tous les trucs – terrorisme, espionnage, attaque à la sûreté de l’État », a-t-il déclaré. Pour l’auteur, qui avait été condamné à cinq ans de prison pour ses prises de position critiques, ces accusations visaient avant tout à le neutraliser politiquement.

Une « ligne de résistance » face au régime

Boualem Sansal a également justifié son départ de sa maison d’édition historique, Gallimard, pour rejoindre Grasset. Ce changement est motivé par une divergence stratégique sur la manière dont sa libération a été gérée. L’écrivain a jugé « profondément insatisfaisant » le fait d’avoir été gracié à la suite de démarches diplomatiques initiées par son ancien éditeur.

Selon lui, cette issue ne correspondait pas à la « ligne de résistance » qu’il entendait maintenir face au régime d’Abdelmadjid Tebboune. Il avait d’ailleurs prévenu le président algérien par courrier depuis sa cellule : « Si vous me libérez, je vous attaque en justice. » En engageant cette bataille juridique, l’écrivain entend dénoncer ce qu’il qualifie de système violent et cruel.

Suggestions d'Articles

Laisser un Commentaire