Crise chez Grasset : Vincent Bolloré répond au départ des auteurs

par Sophie
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Crise chez Grasset : Vincent Bolloré répond au départ des auteurs
France

Vincent Bolloré ne semble pas ébranlé par la tempête qui secoue actuellement la maison d’édition Grasset. Malgré l’annonce du départ de près de 170 auteurs, le propriétaire du groupe Hachette a affirmé que l’institution poursuivrait ses activités. Selon lui, ces départs libèrent de la place pour une nouvelle génération d’écrivains qui pourront ainsi être publiés, promus et reconnus.

Un conflit ouvert avec la direction de Grasset

L’homme d’affaires s’est exprimé dans les colonnes du Journal du dimanche pour dénoncer ce qu’il qualifie de « vacarme ». Il fustige une « petite caste » qui, selon ses termes, se croirait au-dessus des autres. Cette réaction intervient après l’éviction d’Olivier Nora, l’ancien PDG de Grasset, un départ qui a provoqué une onde de choc inédite dans le milieu littéraire français.

Au cœur de la discorde se trouve un désaccord éditorial concernant l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, arrivé chez Grasset en mars. Vincent Bolloré a confirmé qu’un différend opposait la direction de Hachette à Olivier Nora sur la date de parution du prochain ouvrage de l’auteur. Alors que l’ancien dirigeant souhaitait attendre la fin de l’année, Hachette a imposé une sortie pour le 6 juin prochain, invoquant son rôle de propriétaire réel de la maison.

Des motivations économiques et idéologiques

Le milliardaire a également justifié ce changement de direction par des performances économiques jugées décevantes pour Grasset, tout en pointant une hausse de la rémunération de son ancien dirigeant. Face aux critiques sur son influence idéologique, Vincent Bolloré s’est défendu en se définissant comme un « chrétien démocrate », assurant que les dirigeants de Hachette continueraient de publier tous les auteurs qui le souhaitent.

La riposte des auteurs : vers une clause de conscience

Face à cette situation, la résistance s’organise chez les écrivains. Plus de 300 signataires réclament désormais l’instauration d’une « clause de conscience » dans le secteur de l’édition, sur le modèle de celle existant pour les journalistes. Ce dispositif permettrait aux auteurs de rompre leurs contrats si l’orientation idéologique de leur maison d’édition venait à changer de manière inacceptable.

Les auteurs dénoncent une volonté de certaines entreprises de devenir des acteurs idéologiques à part entière, cherchant à orienter les imaginaires et à soutenir des lignes politiques explicites. Pour les signataires, il est devenu nécessaire de rétablir un équilibre entre la liberté d’entreprendre et la liberté de ne pas servir des causes qu’ils réprouvent.

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