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Le tribunal judiciaire de Lille a été le théâtre d’une situation pour le moins inhabituelle ce mardi. Mohamed S., un homme de 76 ans au lourd passé judiciaire, devait être rejugé pour une affaire de trafic de stupéfiants datant de plus de dix ans. Cependant, l’audience a pris une tournure inattendue lorsque la présidente a révélé que l’intégralité du dossier de procédure était devenue introuvable.
Un profil de multirécidiviste chevronné
Malgré ses 76 ans et une santé fragile liée à une maladie pulmonaire, le prévenu affiche un pedigree impressionnant. Né au Caire, cet homme a déjà passé 22 ans de sa vie derrière les barreaux pour diverses affaires liées à la drogue. Son nom est même apparu dans les années 1980 au cœur de la célèbre affaire du commissaire Yves Jobic. Devant la barre, l’homme se présente pourtant simplement, vêtu d’un jean et d’une veste claire, s’exprimant avec force malgré une posture légèrement voûtée.
Une condamnation par défaut remontant à 2013
Les faits reprochés à Mohamed S. remontent à la période comprise entre janvier 2009 et octobre 2010. En 2013, il avait été condamné par le tribunal de Lille à quatre ans de prison ferme pour importation, transport et vente de stupéfiants en récidive. À l’époque, le procès s’était tenu en son absence car il n’avait pas été convoqué à la bonne adresse. Ce n’est qu’en juin 2025, lors d’un contrôle de police à Courbevoie, que l’homme a découvert l’existence de ce mandat d’arrêt et de sa condamnation.
La disparition mystérieuse des archives
Ayant formé opposition à son jugement pour être rejugé, Mohamed S. attendait son audience ce 5 mai 2026. Or, les services judiciaires ont admis ne posséder que la cote d’audience. Les multiples tomes constituant le dossier complet ont disparu des archives physiques et des échanges de courriers électroniques. Sans ces pièces essentielles détaillant les charges et le degré d’implication du prévenu, la justice se retrouve dans l’incapacité de mener les débats.
Face à ce vide procédural, la présidente du tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 30 septembre prochain, dans l’espoir que les documents soient retrouvés d’ici là. En attendant, le septuagénaire a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Son avocate a d’ores et déjà prévenu que si la procédure demeurait introuvable à la rentrée, le tribunal n’aurait d’autre choix que de prononcer la relaxe de son client.
