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Avec le retour des chaleurs et des épisodes pluvieux, les moustiques font leur réapparition en force dans l’Hexagone. Face à cette nuisance, l’utilisation d’insecticides chimiques en spray n’est pas toujours la solution idéale, tant pour l’environnement que pour la santé. Un prédateur naturel discret et particulièrement efficace s’impose comme un allié de taille : la chauve-souris.
Un appétit féroce pour les insectes piqueurs
La petite pipistrelle, une espèce de chauve-souris mesurant entre 3,5 et 4,5 cm que l’on observe souvent près des lampadaires, est une chasseuse redoutable. Selon Anaïs Allak, technicienne au Syndicat de lutte contre les moustiques du Bas-Rhin (SLM67), ce petit mammifère peut consommer près de 30 % de son propre poids en insectes en une seule nuit, soit environ 3 000 spécimens. À plus grande échelle, une colonie de 500 grands murins peut ingurgiter jusqu’à une tonne d’insectes au cours d’une saison.
Des aménagements urbains pour favoriser les chiroptères
Pour encourager cette régulation naturelle, de nombreuses communes françaises installent des infrastructures spécifiques afin de compenser la raréfaction de l’habitat naturel des chauves-souris. Ces projets incluent :
- L’installation de nichoirs classiques dans les rues ou sur les habitations.
- La mise en place de « tours fusées », des gîtes perchés sur des mâts de trois ou quatre mètres de haut pour la période estivale.
- La réhabilitation d’anciens bunkers pour offrir des abris durant l’hiver.
En Alsace, des villes comme Rohrwiller, Mothern et Erstein ont déjà adopté ces mesures. Dans la métropole toulousaine, la ville de Blagnac a lancé un programme de nichoirs dès 2018 et expérimente également des bornes antimoustiques à base de CO2 et de phéromones aux abords des crèches, un système sans danger pour les écosystèmes.
La prévention humaine reste indispensable
Si les chauves-souris sont des alliées précieuses, les experts rappellent que la lutte contre les moustiques repose prioritairement sur des gestes citoyens. Environ 80 à 90 % de l’efficacité des mesures de lutte provient de la suppression des eaux stagnantes. Il est essentiel de vider les soucoupes, les gouttières, les seaux et de couvrir les récupérateurs d’eau de pluie pour empêcher la reproduction des larves.
Bien qu’il soit encore difficile de quantifier avec précision la baisse de la population de moustiques directement liée aux nichoirs, ces initiatives participent activement à une régulation naturelle. D’autres prédateurs, tels que les grenouilles, les libellules ou certains poissons comme les guppys, complètent ce dispositif écologique pour limiter les nuisances sans recourir aux produits chimiques.
