La vérité sur la mort tragique de Fred Hampton

par Olivier
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La vérité sur la mort tragique de Fred Hampton
États-Unis

* Entertainment

* Tragic Real-Life Stories

À l’aube du 4 décembre 1969, 14 policiers encerclent le 2337 W. Monroe St., bastion des Black Panthers à Chicago. À l’intérieur, comme l’a rappelé bien plus tard le Chicago Tribune, se trouvaient 19 armes, plus de 1 000 cartouches de munitions et neuf personnes endormies, dont Fred Hampton, le leader des Black Panthers à Chicago. Cette descente, préparée à l’avance, avait un objectif précis : tuer Fred Hampton.

Fred Hampton rejoint les Black Panthers en 1968. Jusqu’alors, comme le résume les National Archives, il était un membre actif de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), où il dirigeait le Youth Council de la section de l’Ouest suburbain. Après son passage chez les Black Panthers, Hampton reprend rapidement un rôle de premier plan grâce à son éloquence et à son charisme. Son héritage le plus durable reste le programme Free Breakfast for School Children à Chicago, qui offrait un repas aux enfants défavorisés avant l’école. Pour entendre sa force oratoire, on peut citer un extrait du documentaire The Murder of Fred Hampton, relayé par Democracy Now : « Vous pouvez assassiner un combattant de la liberté comme Bobby Hutton, mais vous ne pouvez pas assassiner la lutte pour la liberté. Et si vous essayez, vous obtiendrez des réponses qui n’en sont pas, des explications qui n’expliquent rien, des conclusions qui n’aboutissent pas, et vous verrez des gens que vous pensiez devoir agir comme des porcs agir comme des êtres humains, et avancer malgré les porcs. C’est ce que nous devons faire. »

Black Panther Party poster for May Day rally

Black Panther Party poster for May Day rally

Appelons les choses par leur nom : un meurtre.

Un militant de cette envergure serait considéré aujourd’hui comme dangereux par beaucoup. En 1969, pourtant, les États-Unis vivent sous la présidence Nixon, dont la campagne visait, selon Forbes, à « vilipender les Afro-Américains et à justifier les perquisitions non provoquées à leur domicile, leur incarcération massive, et même leur mise à mort sous prétexte de “protéger le public” ». Dans ce climat, le FBI identifie rapidement Hampton comme une « menace radicale ».

Le FBI s’approche alors de William O’Neil, un voleur de voitures condamné. En échange de l’effacement de ses poursuites, il accepte d’infiltrer les Black Panthers. O’Neil devient même responsable de la sécurité de Hampton. Il remet aux autorités un plan de l’appartement et, la nuit prévue pour l’assaut, fait absorber à Hampton un somnifère.

Avant cinq heures du matin, le sergent Daniel Groth frappe à la porte. Personne ne répond. La police ouvre alors le feu et continue pendant sept minutes, tirant entre 82 et 99 coups de feu. Fred Hampton est mort, tout comme Mark Clark, un leader des Black Panthers de Pretoria. Les sept survivants sont arrêtés pour tentative de meurtre, possession d’armes et violence armée.

Le texte de la source évoque également l’article du Chicago Tribune rappelant qu’un jury d’accusation n’a infligé qu’un blâme aux policiers impliqués, tout en critiquant aussi le manque de coopération des Black Panthers survivants. Les faits, eux, ont montré qu’en réponse à plus de 80 balles tirées dans l’immeuble, une seule avait été utilisée en légitime défense.

« Ce n’était rien d’autre qu’un lynchage du Nord. »

Black Lives Matter demonstrators

Black Lives Matter demonstrators

Dans les heures et les jours qui suivent la descente, les responsables des droits civiques et les habitants du quartier expriment leur indignation. Jeffrey Haas, l’un des avocats représentant les familles Hampton et Clark, rapporte dans son ouvrage The Assassination of Fred Hampton: How the FBI and the Chicago Police Murdered a Black Panther qu’une femme âgée, après avoir vu le matelas imbibé de sang, a résumé le sentiment général par cette phrase terrible : « Ce n’était rien d’autre qu’un lynchage du Nord. »

Les membres survivants sont finalement blanchis lorsque les preuves démontrent que, face à plus de 80 balles tirées dans l’appartement, un seul coup avait été tiré en défense. Pourtant, aucun des policiers impliqués ne subit de véritables conséquences. Comme le rappelle le Chicago Tribune, ils écopent seulement d’un rappel à l’ordre d’un grand jury, qui reproche aussi aux Black Panthers survivants leur manque de coopération.

Aussi odieux que soit ce crime, l’un des aspects qui rendent l’affaire Fred Hampton particulièrement marquante réside dans les films documentaires qui l’ont immortalisée, dont The Murder of Fred Hampton et Death of a Black Panther: The Fred Hampton Story, ce dernier ayant servi de preuve au procès. D’une part, ils dressent le portrait de Fred Hampton, dont les paroles résonnent encore avec une force étonnante aujourd’hui. D’autre part, ils constituent parmi les premières, sinon les premières, images filmées de violences policières contre des Noirs américains — un type de témoignage qui s’est multiplié à l’ère du smartphone.

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