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Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce mercredi dans une affaire illustrant la dérive violente des réseaux sociaux. Hacène Larbi, un homme de 24 ans surnommé « le H », a été condamné à douze ans de réclusion pour avoir recruté un adolescent via Snapchat afin de mener une mission d’assassinat à Marseille.
Un contrat d’assassinat piloté depuis une cellule
Les faits se sont déroulés alors que le prévenu était déjà incarcéré à la prison de Réau, en Seine-et-Marne. Depuis sa cellule, il est parvenu à contacter un mineur de 17 ans pour lui confier un « contrat ». L’adolescent devait abattre une cible dans les quartiers nord de Marseille, mais l’opération a échoué.
Surpris dans une impasse par un passant, le jeune exécutant a blessé ce dernier à l’arme blanche avant d’être dénoncé par un appel anonyme. Ironiquement, cet appel provenait du téléphone utilisé clandestinement par Hacène Larbi en détention. Le mineur impliqué sera jugé séparément en juin prochain par le tribunal des enfants.
Une violence qualifiée d’« ubérisée »
La procureure a fustigé une forme de violence qui n’est plus seulement organisée, mais désormais « ubérisée ». Selon l’accusation, ce système permet de commander des meurtres sans s’impliquer directement, en exploitant des jeunes précaires et influençables en quête de reconnaissance criminelle.
Le tribunal a souligné la dangerosité du condamné, notant un défaut total d’empathie et une absence de culpabilité. Hacène Larbi est par ailleurs mis en examen dans une autre affaire tragique : le meurtre d’un chauffeur de VTC à Marseille en octobre 2024, commis par un autre mineur de 15 ans.
Un parcours marqué par la précarité et la délinquance
Pour sa défense, l’accusé a évoqué une « jeunesse fracassée ». Placé en foyer dès son plus jeune âge et séparé de son frère jumeau à 12 ans, il a connu sa première incarcération dès 2017. Avec 19 mentions à son casier judiciaire, il a décrit un environnement de naissance ancré dans la violence, mentionnant également avoir été victime de tortures lors d’une brève période de liberté en 2022.
Bien que ses liens avec le groupe criminel DZ Mafia aient été initialement évoqués, ils n’ont pas été formellement établis durant l’audience. Le prévenu a affirmé avoir conscience d’avoir « un travail à faire » sur lui-même.
Des complices également sanctionnés
Deux autres personnes ont été condamnées dans ce dossier :
- Blaise M. a écopé de six ans de prison pour association de malfaiteurs en bande organisée.
- Lola D., une secrétaire médicale de 23 ans, a été condamnée à cinq ans de prison. Elle effectuera toutefois un an sous bracelet électronique, le tribunal ayant pris en compte ses efforts de réinsertion.
