La vérité sur la propreté de la bouche des chiens

par Olivier
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La vérité sur la propreté de la bouche des chiens
France

Dans le prolongement des idées reçues qui entourent les animaux de compagnie, la question de la bouche des chiens revient souvent : est-elle vraiment plus propre que celle des humains ? L’image du chien affectueux, perçu comme plus « pur » que l’être humain, a longtemps nourri cette croyance. Pourtant, derrière cette réputation rassurante, la réalité de la santé bucco-dentaire canine mérite un regard plus scientifique.

Chien léchant un humain

Il faut dire que les chiens utilisent leur langue pour bien plus que les marques d’affection. Ils lèchent parfois leurs petits pour stimuler l’urine et les selles, et certains peuvent même ingérer des excréments par ennui, par carence alimentaire ou pour attirer l’attention. Malgré cela, beaucoup imaginent encore que leur bouche serait plus saine que celle des humains. En réalité, les deux sont loin d’être impeccables.

Selon l’American Kennel Club, la bouche d’un chien abrite plus de 600 types de bactéries, soit un chiffre proche des 615 types de bactéries identifiés dans la bouche humaine. Autrement dit, sur le plan microbiologique, la différence est bien moins spectaculaire qu’on le pense souvent. Les anciens Grecs et les anciens Égyptiens attribuaient déjà au salive de chien des vertus curatives, une croyance qui n’était pas totalement infondée puisque la salive canine contient des protéines, les histatines, capables de combattre certaines infections.

Mais ces propriétés ne sont pas l’apanage des chiens. La salive humaine possède elle aussi des composés similaires, et d’autres mammifères en produisent également. Ce point est essentiel pour comprendre que toutes les bactéries ne se valent pas : certaines sont inoffensives, d’autres peuvent devenir dangereuses dans des conditions bien précises.

Dans la plupart des cas, les germes présents dans la bouche des chiens ne constituent pas une menace directe pour l’être humain. Toutefois, il existe des exceptions rares mais graves. Comme l’explique National Geographic, des chiens en bonne santé, tout comme les chats, peuvent héberger la bactérie Capnocytophaga canimorsus, susceptible de provoquer des effets dévastateurs si elle pénètre dans une plaie ouverte.

Le cas de Julie McKenna, rapporté dans cet article, illustre la violence de cette infection. En 2007, après que son chiot a léché une brûlure légère au pied, la bactérie est entrée dans son sang. L’infection a évolué vers un choc septique, une défaillance des organes, et a conduit à l’amputation de sa jambe gauche sous le genou, d’une partie de son pied droit, ainsi que de tous ses doigts et orteils.

En 2019, Today a également relaté une autre histoire bouleversante. Un homme, Greg Manteufel, a dû subir l’amputation de son nez, de ses mains et de ses jambes après avoir été léché par son chien. Selon une étude citée dans ce contexte, 26 % des personnes infectées par C. canimorsus en sont mortes. Ces chiffres rappellent que, même si les accidents restent rares, ils peuvent être extrêmement sérieux.

Les chiens peuvent aussi transmettre une méningite via Pasteurella multocida, une bactérie fréquemment présente dans leur bouche. On estime que 10 à 15 % des morsures de chien entraînent une infection, contre environ la moitié des morsures de chat. Au final, la morsure du chien peut s’avérer plus problématique que son aboiement, et dans de très rares cas, sa langue représente le plus grand risque de tous.

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