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Divertissement
Ce qu’Adam Savage a fait depuis son départ de MythBusters
Il y a fort à parier que l’après-MythBusters existe bel et bien. Pour le public, en revanche, la séparation a laissé un vide difficile à combler : seulement 296 épisodes à revoir, des explosions déjà connues à l’avance et cette petite tristesse familière qui accompagne toujours les marathons télévisés teintés de nostalgie.
Pour Adam Savage, en revanche, la vie après MythBusters n’a rien eu d’un ralentissement. Au contraire, il a poursuivi une existence faite de bricolage, d’inventions et de constructions spectaculaires, tout en transformant sa passion pour la science appliquée et la culture geek en véritable métier. Depuis son départ de l’émission culte, Adam Savage a multiplié les projets, souvent aussi ludiques que techniques, et toujours portés par cette même énergie curieuse qui l’a rendu célèbre.
Voici donc un aperçu de ce qu’Adam Savage a entrepris depuis MythBusters — un parcours qui donne surtout envie de sortir ses outils… ou de l’envier un peu.
Adam Savage continue MythBusters, mais avec des enfants
Adam Savage a remplacé l’infatigable Jamie Hyneman par un groupe d’adolescents et de préadolescents. Et pas n’importe lesquels : des jeunes qui donnent presque l’impression d’avoir commencé bien plus tôt que les autres à construire des robots, programmer des ordinateurs, rénover des maisons et inventer des objets avant même l’adolescence.
Le plus amusant, c’est que ses nouveaux partenaires paraissent au moins un peu plus faciles à diriger que Jamie Hyneman, ne serait-ce que parce qu’ils laissent davantage paraître leurs émotions. « Quand de grandes choses tombent sur de grandes choses et que l’expression de pur ravissement sur leurs visages devient impossible à cacher, c’est pour cela que nous faisons ça », expliquait Savage lors du press tour d’été 2018 de la Television Critics Association.
Mais il ne faut pas se laisser attendrir par la présence de mineurs : il ne s’agit pas d’une émission où l’on enseigne gentiment la science. « Ce n’est pas une émission pour apprendre à ces jeunes comment faire des choses », précisait-il. « Ce n’est pas une émission pour enfants. Ce sont les nouveaux MythBusters, et je suis leur animateur de camp, leur conseiller et parfois leur cobaye. Ils vont faire sauter des choses aussi grosses que nous le faisions. »
Autrement dit, le principe reste le même : donner des expériences explosives à tester, mais avec une nouvelle génération de bricoleurs. Une formule qui reste au cœur du divertissement scientifique et de la télévision populaire.
Adam Savage a écrit un livre sur la créativité

Le livre d’Adam Savage, Every Tool’s a Hammer, ressemble à une confession enthousiaste de maker à maker. Son titre évoque à lui seul l’esprit pratique, l’inventivité et cette manière très particulière de considérer tout objet comme une solution potentielle à un problème donné.
Un critique de Boing Boing a décrit l’ouvrage comme « une lecture merveilleuse, dans laquelle Adam partage ses propres principes personnels de créativité, de l’inspiration à l’exécution ». Le livre mêle expérience personnelle, conseils concrets et réflexion sur la fabrication d’objets, cette culture du “faire” qui traverse tout le parcours de Savage.
Adam Savage présente cet ouvrage comme « une chronique de ma vie de maker », mais c’est aussi une lettre d’amour adressée à toutes celles et ceux qui créent, bricolent, imaginent et hésitent encore à se lancer. Son conseil est simple : s’emparer de ce qui nous passionne, y plonger plus profondément et voir où cela nous mène.
Il s’implique dans des associations à but non lucratif

Chez Adam Savage, le mot « maker » dépasse largement le simple bricolage. Il renvoie à une manière de penser où la construction, le partage d’idées et l’accès aux outils deviennent des leviers de culture, d’innovation et d’entraide. C’est dans cet esprit qu’il a annoncé, fin 2016, la création de Nation of Makers, une organisation destinée à mettre en relation les créateurs et à favoriser le partage de projets, de ressources et de savoir-faire.
La mission affichée par cette structure est de construire une société dans laquelle chacun puisse accéder aux outils, aux technologies, aux expériences et aux connaissances nécessaires pour fabriquer presque n’importe quoi. Adam Savage y siège naturellement au conseil d’administration, fidèle à son image de vulgarisateur enthousiaste et de passeur entre science, culture matérielle et imagination.
Il a fait une apparition dans un court-métrage lié à Blade Runner 2049

Parmi les grandes passions d’Adam Savage, la science-fiction occupe une place de choix, et Blade Runner en particulier. Pour quelqu’un d’aussi connu dans le milieu, obtenir une petite apparition dans un univers qu’il admire ressemble presque à un rêve de fan devenu réalité.
Dans un court-métrage lié à Blade Runner 2049, Savage apparaît en arrière-plan, juste derrière Dave Bautista, dans le rôle d’un marchand de rue. Sans dialogue, il tente de vendre des poches de sang, un détail parfaitement cohérent avec l’atmosphère sombre et sale de l’univers de Blade Runner, où la marchandise et les fluides corporels circulent dans des marges peu reluisantes.
Ce n’est pas une apparition furtive réservée aux seuls initiés : tout vrai fan de MythBusters peut le reconnaître assez facilement. Et il faut bien reconnaître qu’il est rare d’avoir un tel poids culturel pour s’offrir un caméo dans la science-fiction.
Il a animé un podcast pour Syfy

Adam Savage et Jamie Hyneman semblaient tous deux prêts à tourner la page après MythBusters. Après tant d’années passées à travailler ensemble, la séparation avait quelque chose de logique. Mais pour Savage, l’envie de parler publiquement de ses passions n’a jamais disparu.
C’est sans doute ce qui l’a conduit à présenter en 2017 SYFY25: Origin Stories, un podcast en quinze épisodes consacré à la science-fiction et à ses grandes figures. Parmi les invités figuraient notamment Frank Oz, la voix de Yoda, D.C. Fontana, scénariste de Star Trek, et Ron Moore, récompensé par un Emmy pour son travail sur Battlestar Galactica.
Adam Savage expliquait que cette série devait montrer la science-fiction non seulement comme un genre, mais aussi comme une force culturelle capable de dépasser les divisions humaines. Pour lui, la science-fiction reste un formidable cheval de Troie, capable d’aborder des sujets importants en contournant les filtres partisans du public.
Adam Savage vend des sacs fabriqués à partir de voiles recyclées

Adam Savage est à la fois bricoleur, spécialiste des effets spéciaux, amateur d’explosions… et créateur d’accessoires de voyage. L’un de ses projets les plus inattendus consiste à concevoir et vendre des sacs fabriqués à partir de voiles recyclées.
Selon Wired, il les imagine en collaboration avec une entreprise de San Francisco, et les commercialise sous la marque Savage Industries. Le détail le plus intéressant tient à la matière elle-même : chaque sac est fabriqué à partir de voiles de bateau recyclées, ce qui lui donne des irrégularités uniques et une allure déjà patinée.
Les sacs sont pensés pour être pratiques, avec des fermetures magnétiques et un système interne qui les maintient ouverts pendant qu’on fouille à l’intérieur. L’idée a décliné en plusieurs formats, du sac technique au sac de plage en passant par la glacière, dans une logique à la fois fonctionnelle et très marquée par l’esthétique du réemploi.
Il est rédacteur en chef d’un magazine en ligne

Le plus important projet d’Adam Savage après MythBusters est sans doute Tested.com, où il occupe le poste de rédacteur en chef. Le site se présente comme une plateforme consacrée à « tout ce qui est génial », ce qui résume assez bien l’esprit de son fondateur et de ses contenus.
Plus concrètement, Tested couvre des sujets liés à la nature, à l’exploration, aux technologies émergentes et aux nouveaux produits, tout en suivant les multiples activités d’Adam Savage lui-même. On y trouve par exemple des vidéos sur la fabrication de répliques de combinaisons spatiales, sur des moteurs expérimentaux ou encore sur la visite de navettes spatiales historiques.
Le site permet aussi de suivre de près le travail quotidien de Savage, et donc de partager à distance son enthousiasme pour la science, la fabrication et les objets fascinants qui peuplent la culture geek contemporaine.
Il est aussi monté sur scène pour des spectacles en direct

Pour celles et ceux qui ont regretté Adam Savage à la télévision, ses spectacles en direct ont offert une autre façon de le retrouver. Sur scène, il peut à la fois expliquer, manipuler, divertir et déclencher quelques explosions, dans un format très proche de son univers habituel.
En 2016, il a lancé Tested the Show: Journeys, un spectacle inspiré de l’univers de Tested, présenté au Castro Theatre lors du Bay Area Science Festival. L’événement mêlait costumes, multimédia et célébration de la collection d’objets fascinants d’Adam Savage, avec notamment la participation de Simone Giertz, connue pour ses robots volontairement maladroits.
Il a aussi proposé le spectacle Brain Candy, une tournée présentée comme une célébration interactive de la curiosité, avec des objets étonnants, des outils spectaculaires et des démonstrations impressionnantes. Le duo formé avec Michael Stevens, de la chaîne Vsauce, a donné à l’ensemble un ton à la fois pédagogique, ludique et très ancré dans la culture du divertissement scientifique.
Un court-métrage intitulé Farewell to Arms, avec Adam Savage

Adam Savage est à l’aise devant la caméra, mais il existe une différence évidente entre tourner de petites vidéos pour le web et travailler sur une production télévisée d’envergure. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait cherché à retrouver le goût des grands projets audiovisuels après MythBusters.
En 2018, lors d’une visite chez Peter Jackson’s Weta Workshop en Nouvelle-Zélande, il a participé à un court-métrage intitulé Farewell to Arms. On y voit Savage porter une armure et une jupe rouge vif, combattre une étrange créature, puis perdre un bras dans une scène qui joue ouvertement avec l’humour noir et les effets spéciaux artisanaux.
Le film s’inscrit dans une série qui montre aussi les coulisses de la fabrication d’un grand film épique, à la manière de Lord of the Rings. Une manière de rappeler qu’Adam Savage adore autant les objets que les mondes imaginaires qu’ils permettent de faire exister à l’écran.
Il construit des costumes impressionnants

Depuis des années, Adam Savage entretient une tradition bien connue des fans de Comic-Con : arriver dans un costume spectaculaire, intégralement conçu par ses soins, et se fondre dans la foule malgré un niveau de détail qui le rend presque impossible à manquer.
Au fil du temps, il a incarné Chewbacca, Hellboy, Kylo Ren, Totoro ou encore le roi Arthur. Mais son costume le plus ambitieux reste celui du personnage Kane dans Alien, auquel il a consacré quatorze ans et environ 15 000 dollars. La construction a demandé des recherches poussées, la fabrication de pièces sur mesure et même l’aide de spécialistes pour les moulages.
Certains matériaux provenaient de pays aussi éloignés que l’Italie ou la Chine. Savage reconnaît certes qu’il s’agit d’une somme importante pour un seul costume, mais il précise aussi que l’étalement du projet sur tant d’années a rendu l’investissement plus supportable.
La maquette de la navette spatiale et le projet Apollo

Adam Savage est père, mais aussi ce qu’on appelle un “empty-nester”, ce qui n’a fait que renforcer son intérêt pour les jeunes générations. Lorsqu’il a décidé de lancer un vaste projet en hommage au cinquantième anniversaire du premier alunissage d’Apollo 11, il a fait appel à quarante makers venus de tout le pays, dont un groupe d’élèves de Kennedy High, en Californie.
Ensemble, ils ont fabriqué des éléments grandeur nature d’une trappe de module de commande Apollo 11. Savage a utilisé des données de scan 3D et des plans originaux conservés dans les archives du musée de l’Air et de l’Espace pour créer un modèle numérique détaillé, ensuite découpé en composants distribués aux différents participants.
Les makers ont eu une liberté artistique pour la réalisation des pièces, dans l’idée de célébrer différentes techniques de fabrication, traditionnelles ou de pointe. Les éléments ont ensuite été assemblés devant un public, offrant une démonstration concrète de ce que peut produire une collaboration inventive autour de l’histoire spatiale et de la culture scientifique.
Adam Savage a retrouvé la télévision avec une nouvelle émission

Il est clair qu’Adam Savage a fini par retrouver très vite la vie de star de télévision. Avec Savage Builds, diffusée sur Discovery Channel, il revient à un format qui lui ressemble parfaitement : construire des objets, relever des défis techniques et transformer l’atelier en terrain d’aventure.
Dès le premier épisode, il s’attaque à un défi spectaculaire : fabriquer une armure d’Iron Man volante et pare-balles. Le costume est imprimé en 3D en titane, puis soumis à des tirs pour prouver sa résistance. Pour faire voler l’ensemble, Savage s’entoure de Richard Browning, connu pour avoir conçu un véritable jetpack.
Le résultat est à la hauteur de son personnage public : entre science, ingénierie et spectacle, Adam Savage transforme la fabrication en divertissement grand public, avec ce mélange unique d’humour, de précision et d’émerveillement qui définit toute sa carrière.
