Une équipe de l’Université du Costa Rica a annoncé, le 4 juillet 2026, avoir identifié au large du Pacifique costaricain ce qu’elle considère comme une quatrième espèce candidate de « requin fantôme » — un poisson cartilagineux des profondeurs jusqu’ici connu à seulement trois espèces dans le monde.
Les spécimens ont été pêchés près du cap Blanco et de l’île del Caño, sur la côte Pacifique de l’Amérique centrale. Selon Arturo Angulo Sibaja, professeur et chercheur à l’École de biologie de l’Université du Costa Rica, l’animal « est la seule (espèce de requin fantôme) connue sur la côte de l’Amérique centrale ».
Une singularité taxonomique, pas un mystère creux
Les requins fantômes, ou chimères, ne sont pas des légendes : ce sont des poissons abyssaux de l’ordre des Holocephales, parents éloignés des requins et des raies. Avant cette annonce, la littérature scientifique ne recensait que trois espèces certaines, observées en Afrique du Sud, à Taïwan, en Australie, au Japon et dans l’Atlantique, entre le Groenland et le Brésil. L’apparition d’un candidat sur la côte Pacifique d’Amérique centrale n’a donc rien d’anecdotique : elle étend la zone où des chimères ont été documentées et place la région dans la carte mondiale du groupe.
Ce que les chercheurs ont vu, et ce qu’ils soulignent encore comme non tranché
Les biologistes costariciens s’appuient sur deux faisceaux d’indices concordants : une morphologie distincte et une signature génétique qui ne recouvre aucune des trois espèces connues.
Sur le plan morphologique, l’animal porte « un museau plus court, un motif de coloration plus sombre et une épine de la nageoire dorsale beaucoup plus longue » que ses proches parents déjà décrits.
Sur le plan génétique, les analyses montrent que « les organismes du Costa Rica n’ont aucun contact sur le plan reproductif » avec les espèces recensées jusqu’à présent — ce qui, en pratique, est l’un des critères opérationnels utilisés pour distinguer deux espèces au sein d’un même groupe marin.
Le point d’honnêteté de l’équipe, à retenir : ces chimères costaricaines ressemblent à des spécimens déjà observés près du Pérou et du Chili. Pour trancher, des analyses comparatives supplémentaires sont nécessaires. Arturo Angulo Sibaja estime « très probable » que cette quatrième espèce candidate présente une distribution plus large le long de la côte Pacifique de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud, mais cette distribution reste à cartographier, pas à proclamer.
Une biologie d’animal des profondeurs, qui change l’échelle du repère
Les chimères vivent habituellement entre quelques centaines de mètres et environ 2 600 mètres de profondeur et se nourrissent de crustacés. Elles disposent d’un squelette cartilagineux et, bien qu’apparentées aux requins, s’en sont séparées génétiquement il y a près de 400 millions d’années — soit avant l’apparition des dinosaures.
Ce chiffre n’est pas un ornement : il rappelle que l’inventaire mondial des espèces vivantes n’est clos ni pour les grands fonds, ni pour les eaux côtières d’Amérique centrale. Identifier une quatrième espèce candidate à partir d’un animal qui vit dans une zone aussi difficile d’accès tient à la fois de la pêche ciblée, de la génétique et de la patience — pas de l’effet d’annonce.
Pourquoi cette annonce prend date
Trois espèces mondiales avant juillet 2026, une quatrième candidate annoncée simultanément par l’équipe qui l’a observée et par plusieurs médias indépendants, et une zone (Pacifique central) jusqu’ici absente des cartes : la « découverte » se lit d’abord comme un événement de biodiversité, pas comme un récit sensationnaliste. Tant que les analyses comparatives entre spécimens costariciens, péruviens et chiliens ne sont pas publiées, le statut reste celui d’espèce candidate — et c’est précisément cette nuance que l’annonce officielle préserve.






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