La vérité cachée de Bruce Springsteen révélée

par Olivier
0 commentaires
A+A-
Reset
La vérité cachée de Bruce Springsteen révélée
États-Unis

La vérité méconnue de Bruce Springsteen

* Weird
* Untold Truth

Bruce Springsteen, l’homme, la légende, le chef de la E Street Band, le Boss : il fait partie de ce panthéon des dieux du rock américain dont le nom évoque à lui seul l’énergie, la narration et la puissance du rock. Depuis les années 1970, Bruce Springsteen marque durablement l’histoire de la musique, tout en contribuant à redorer l’image du New Jersey. De Born to Run à Streets of Philadelphia, en passant par l’intemporelle Thunder Road, il a offert au monde une suite impressionnante de chansons devenues classiques. Résumer ses plus grands succès sur cinq décennies serait presque impossible — et presque injuste tant son œuvre est vaste. En 2017, cette richesse artistique a même nourri un spectacle de Broadway couronné de succès.

Pourtant, malgré cette façon si directe de livrer ses émotions dans sa musique, Bruce Springsteen reste souvent mieux connu comme artiste que comme homme. En retraçant ses grands tournants, on découvre non seulement le créateur, mais aussi la personne derrière les hymnes du rock. Voici quelques-uns des éléments les plus révélateurs de la vie de Bruce Springsteen, entre musique, engagement, relations et fragilités personnelles.

Bruce Springsteen et l’ère Greetings from Asbury Park

Bruce Springsteen

S’il n’est pas considéré comme son meilleur disque, Greetings from Asbury Park, N.J., paru en 1973, reste un album décisif dans la trajectoire de Bruce Springsteen. C’est par lui que le grand public a découvert sa musique, mais aussi par lui qu’il a commencé à transformer ses expériences personnelles en matière première narrative. Cette première étape a révélé un talent d’écriture encore en gestation, déjà porté par une grande force d’observation et un sens naissant de la fresque américaine.

L’album a également présenté au monde une formation préfigure de ce qui deviendra bientôt la E Street Band. Et le lancement de Bruce Springsteen a bénéficié de quelques circonstances favorables : une production assurée par deux vétérans de l’industrie, ainsi qu’un titre remarqué, « It’s Hard To Be A Saint In The City », assez convaincant pour lui ouvrir les portes de Columbia Records. Dans l’histoire du rock américain, peu de débuts ont eu un effet aussi structurant.

Born in the U.S.A. a été écrit sous le poids de la culpabilité

Bruce Springsteen

« Born in the U.S.A. » est sans doute l’hymne de stade le plus éclatant de Bruce Springsteen. Pourtant, derrière son refrain triomphal, les paroles racontent autre chose : le point de vue d’un vétéran du Vietnam brisé, revenu dans un pays qui n’a plus de place pour lui. Ce contraste entre une musique entraînante et un texte désabusé est au cœur de la puissance de la chanson.

Cette ambiguïté a aussi une origine intime. Bruce Springsteen a bien failli partir lui-même combattre au Vietnam, mais il a choisi d’échapper à la conscription. Pour éviter le service militaire, il aurait simulé divers comportements, allant jusqu’à prétendre être sous LSD et à invoquer une ancienne commotion liée à un accident de moto. De cette fuite est né un sentiment de culpabilité qui a nourri l’écriture de « Born in the U.S.A. ». Cette expérience a également contribué à faire de lui une figure attentive aux anciens combattants du Vietnam et aux causes qui leur sont liées.

Comment Bruce Springsteen est devenu l’artiste qu’il est aujourd’hui

Bruce Springsteen

Bruce Springsteen est de ces artistes qui font pâlir les musiciens de leur moitié quand ils découvrent l’ampleur de ses tournées et la durée de ses concerts. Dans les années 2010, ses spectacles ont parfois dépassé les quatre heures. Mais cette réputation de marathonien du live ne date pas de toujours.

En 1978, Bruce Springsteen traversait une période de doute profond. Après le succès de Born to Run en 1975, il s’était retrouvé enlisé pendant près de trois ans dans des conflits juridiques avec son manager. Lorsqu’il retrouva enfin sa liberté, il dut reconquérir le public presque de zéro. Il choisit alors la route, enchaînant plus de 110 concerts d’une durée moyenne proche de trois heures. Chaque soirée était habitée d’une intensité brute, et cette émotion, associée à la qualité de ses chansons, a définitivement installé Bruce Springsteen comme l’un des performeurs les plus électrisants du rock.

La relation de Bruce Springsteen avec Patti Scialfa

Bruce Springsteen et Patti Scialfa

Les rock stars et les relations compliquées vont souvent de pair. Bruce Springsteen n’échappe pas tout à fait à cette règle, mais il semble avoir trouvé une forme d’équilibre qui lui a permis de concilier mariage heureux et vie de musicien : épouser une membre de son groupe. C’est au sein de la E Street Band que sa relation avec Patti Scialfa, amie de longue date, s’est approfondie jusqu’à devenir une histoire d’amour.

Cette liaison a toutefois commencé alors que Bruce Springsteen était encore marié à sa première épouse, Julianne Phillips. Malgré ce départ imparfait, il a considéré Patti Scialfa comme une partenaire redoutable, capable de l’aimer et de le confronter avec la même intensité. Après plusieurs années à vivre leur relation « sur la route », Bruce Springsteen et Patti Scialfa se sont mariés en 1991 et sont restés ensemble depuis.

Les sessions éprouvantes de Born to Run

Bruce Springsteen

Lors de l’enregistrement de Born to Run en 1975, Bruce Springsteen avait le sentiment d’être à un tournant décisif de sa vie. Et il n’avait pas totalement tort. Sa maison de disques traversait alors une profonde réorganisation, et les soutiens autour de lui se faisaient rares. Il avait donc toutes les raisons de croire qu’il s’agissait d’un moment à quitte ou double.

Sans véritable plan B, il s’est lancé, avec la E Street Band, dans des mois de travail exténuant. Le processus a tellement traîné que la sortie de l’album a été repoussée au point où le single éponyme circulait déjà depuis six mois quand le disque fut enfin terminé. Épuisé, Bruce Springsteen a même raconté avoir détesté l’album en entendant pour la première fois la version finalisée, allant jusqu’à jeter un exemplaire physique dans la piscine. Heureusement, cette réaction relevait surtout de la fatigue et de la pression : le public a rapidement confirmé que ses craintes étaient infondées, et l’album est devenu un immense succès.

Une fortune impressionnante

Bruce Springsteen

La question « combien vaut cette célébrité ? » suscite toujours la curiosité, et Bruce Springsteen ne fait pas exception. Les estimations en ligne évoquent parfois une fortune avoisinant les 500 millions de dollars, avec des revenus annuels impressionnants. Des chiffres plus prudents indiquent néanmoins qu’en 2016, sa fortune s’élevait déjà à 460 millions de dollars, ce qui le plaçait parmi les personnalités les plus riches des États-Unis.

Son actif le plus remarquable comprend notamment une ferme équestre de 200 acres à Colts Neck, dans le New Jersey, estimée à 10 millions de dollars. Mais ce n’est pas seulement sa fortune qui impressionne : c’est surtout l’ampleur de ses recettes de tournée. Entre les années 1970 et 2016, ses concerts et tournées auraient rapporté environ 1,5 milliard de dollars. Un bilan à la hauteur du surnom de « Boss ».

Bruce Springsteen s’est réinventé avec Nebraska

Bruce Springsteen

Après le succès colossal de The River en 1980, Bruce Springsteen voulait naturellement poursuivre dans la même veine avec un nouvel album rock ample et fédérateur. Mais un obstacle est vite apparu : ses nouvelles chansons, bien que puissantes, étaient sombres, dépouillées et introspectives. L’énergie de la E Street Band semblait alors trop massive, presque déplacée face à ce matériel plus fragile.

La plupart de ces morceaux avaient été enregistrés en une seule nuit, dans un studio portable installé dans sa chambre, avec l’aide de son technicien guitare Mike Batlan. Ces démos, traversées d’une émotion brute, lui ont paru plus fortes que les versions plus polies qu’il travaillait avec son groupe. Il a donc pris un risque artistique important en publiant ces prises solo épurées sous la forme de Nebraska en 1982. Le résultat, austère et méditatif, est aujourd’hui considéré par beaucoup comme l’un de ses plus grands albums. Bruce Springsteen poursuivra d’ailleurs cette approche dépouillée sur The Ghost of Tom Joad en 1995 et Devils & Dust en 2005.

Bruce Springsteen a révélé de nouveaux talents avec Western Stars

Bruce Springsteen

Avec Western Stars, publié en 2019, Bruce Springsteen a adopté une méthode musicale totalement différente. Loin des arrangements épurés de ses albums solo ou de la puissance de la E Street Band, ce disque repose sur une orchestration riche et ample. Ses influences puisent dans des univers variés, de la soul des années 1960 à la pop des années 1970, en passant par Burt Bacharach.

Les paroles dressent le portrait de personnages en difficulté, un peu hors du temps, souvent à la dérive. Sur le papier, l’ensemble pouvait surprendre de la part d’un rocker habitué aux grandes scènes. Pourtant, l’accueil critique a été très positif, et plusieurs commentateurs n’ont pas hésité à parler d’un chef-d’œuvre. Bruce Springsteen n’a pas organisé de tournée pour défendre l’album, mais il a tout de même porté ce projet à l’écran dans un film où il interprète toutes les chansons du disque.

Quelles sont les positions politiques de Bruce Springsteen ?

Bruce Springsteen et Jon Landau

Bruce Springsteen a longtemps eu la réputation d’être très impliqué sur le plan politique, même s’il s’est un peu éloigné de ces prises de position ces dernières années. Ses actes peuvent sembler très progressistes : annulation d’un concert en Caroline du Nord pour protester contre une loi sur les toilettes pour personnes transgenres, soutien aux banques alimentaires, appui aux travailleurs en grève ou encore défense des vétérans du Vietnam.

Pourtant, lui-même refuse de se définir comme un artiste de gauche. Il considère plutôt ses convictions comme fondamentalement conservatrices, au sens où elles défendent des idées telles que le droit au travail, aux soins médicaux, à l’éducation, à un logement digne, à la garde des enfants et à un gouvernement transparent. Selon lui, il ne s’agit pas de positions radicales, mais de principes de stabilité économique et sociale.

Une partie de sa sensibilité politique lui vient de son ami et manager de longue date, Jon Landau. Springsteen le décrit comme son « Lewis », tandis que Landau serait son « Clark », tant leur duo a marqué son parcours. Dans les années 1970, Landau l’a initié aux questions sociales et politiques en lui recommandant des films et des livres, sans jamais chercher à lui imposer une ligne de pensée.

Bruce Springsteen et la dépression

Bruce Springsteen

La dépression n’est pas la première chose que l’on associe à un performer aussi puissant et électrisant que Bruce Springsteen. Pourtant, il lutte contre cette maladie depuis toujours. Depuis 1982, il a connu des épisodes d’effondrement profond qui l’ont laissé, selon ses propres mots, « comme un vase vide ».

Il ne prétend pas comprendre tous les déclencheurs de ses troubles, mais il en parle avec franchise et sait reconnaître les signes annonciateurs. Conscient que des problèmes de santé mentale existent dans sa famille, il pense aussi avoir été attiré par la musique à l’adolescence, en partie comme moyen de lutter contre la dépression. Lorsqu’il sent qu’une crise approche, sa femme et lui consultent un médecin afin d’ajuster son traitement. Bruce Springsteen estime par ailleurs qu’il n’y a aucune honte à demander de l’aide professionnelle, et il a rencontré son premier psychothérapeute dès les années 1980.

La vérité sur son premier mariage

Bruce Springsteen

Bruce Springsteen partage sa vie avec Patti Scialfa depuis des décennies, mais son premier mariage avec le mannequin et actrice Julianne Phillips a été bien plus difficile. Les deux se sont rencontrés à Los Angeles et se sont mariés en 1985. Très vite, leur union s’est refroidie, au point de devenir une relation distante et sans réelle chaleur.

Les signes de rupture étaient présents dès le début. Après le mariage, Bruce Springsteen a connu plusieurs crises d’angoisse et a compris qu’il n’était pas prêt à se poser. Le couple s’est pratiquement séparé au bout de deux ans, avant de divorcer en 1989, alors que Bruce Springsteen était déjà engagé avec Patti Scialfa. Dans son autobiographie Born to Run, l’artiste reconnaît largement sa part de responsabilité et explique qu’avant Patti Scialfa, il mettait souvent fin à ses relations au bout de trois ans maximum, en raison d’une enfance difficile qui l’avait rendu incapable de croire pleinement à l’amour sincère de ses partenaires.

Les prétendues liaisons de Bruce Springsteen

Bruce Springsteen

Malgré une carrière qui s’étend sur plusieurs décennies, Bruce Springsteen a longtemps préservé sa vie privée et a évité la plupart des scandales. Cela ne signifie pas pour autant que sa réputation ait toujours été totalement épargnée. Il a en effet été accusé à plusieurs reprises d’avoir trompé Patti Scialfa.

En 2006, il a fait face à des allégations selon lesquelles il aurait entretenu une liaison avec une veuve du 11 septembre rencontrée lors de l’organisation d’un concert caritatif pour les victimes des attentats. Bruce Springsteen a alors publié un bref communiqué sur son site personnel, niant fermement tout scandale conjugal. Puis, en 2009, des accusations similaires ont ressurgi lorsqu’il aurait été lié à Ann Kelly, selon laquelle son mari l’accusait d’« adultère avec un certain Bruce Springsteen ». Dans le cadre de leur procédure de divorce, Mme Kelly a répliqué en affirmant que son mari cherchait surtout à tirer profit de l’affaire en faisant payer Bruce Springsteen pour faire taire le scandale. Elle a également souligné que son époux était loin d’être irréprochable. Bruce Springsteen comme Mme Kelly ont toujours démenti ces accusations, assurant que leur seul lien commun était la fréquentation de la même salle de sport.

Suggestions d'Articles

Laisser un Commentaire