Le 12 juin 2026, jour même où le Pentagone publiait sa troisième salve de fichiers UAP déclassifiés (lire aussi : Troisième salve UAP du Pentagone : trois cas concrets), l’astrophysicien Avi Loeb annonçait sur Medium avoir été chargé par la Maison Blanche, l’AARO et l’Intelligence Community de constituer et piloter un nouveau conseil scientifique consultatif dédié aux phénomènes anormaux non identifiés. Trois jours plus tard, le magazine Skeptic officialisait la nomination de son fondateur, Michael Shermer, au même conseil. Pour la première fois, un astrophysicien de premier plan et un sceptique notoire se retrouvent autour de la même table pour étudier ce que les agences américaines ne parviennent toujours pas à expliquer.
Un conseil surmontant l’AARO et la Maison Blanche
L’UAP Science Advisory Council a été créé « à la demande de la Maison Blanche, en coordination avec l’All-domain Anomaly Resolution Office (AARO), l’Office of the Director of National Intelligence (ODNI), le FBI et d’autres agences », selon le communiqué publié le 15 juin 2026 par Skeptic magazine. Avi Loeb, fondateur du Galileo Project à Harvard, en assure la présidence. Le conseil lui-même rapporte à un UAP Governance Board de niveau supérieur, qui chapeaute les activités entre militaires, renseignement, forces de l’ordre et agences civiles — une couche supplémentaire dans la chaîne de traitement des signalements UAP.
Treize chercheurs, disciplines complémentaires
| Nom | Domaine | Rattachement cité |
|---|---|---|
| Dr Avi Loeb (président) | Astrophysique théorique | Harvard, fondateur Galileo Project |
| Prof. Carol Cleland | Identification des anomalies | University of Colorado |
| Dr Richard Cloete | IA, analyse de données | Galileo Project (postdoc, Cambridge) |
| Dr Omer Eldadi | Gestion de données, IA, psychologie | — |
| Dr Tim Gallaudet | Océanographie | Ancien Acting NOAA Administrator, Rear Admiral |
| Prof. Robin Hanson | Statistiques, économie | George Mason University |
| Ross Howard | Communication | — |
| Dr Kevin Knuth | Physique, instrumentation | University at Albany (SUNY) |
| Ben Lamm | Océanographie, biologie | — |
| Dr Devesh Nandal | Analyse numérique, astrophysique | — |
| Prof. Garry Nolan | Biologie moléculaire, science des matériaux | Stanford, co-fondateur Sol Foundation |
| Dr Regina Sarmiento | IA, analyse de données | Galileo Project |
| Dr Michael Shermer | Étude des anomalies, scepticisme | Fondateur de Skeptic |
| Dr Peter Skafish | Anthropologie | Co-fondateur Sol Foundation (PhD UC Berkeley) |
| Prof. Matthew Szydagis | Instrumentation, collecte | University at Albany (SUNY) |
| Dr Jennice Vilhauer | Psychologie quantitative | — |
La composition couvre un spectre volontairement large : astrophysique, océanographie, biologie moléculaire, anthropologie, psychologie, intelligence artificielle et instrumentation. Deux noms retiennent l’attention. D’un côté, Loeb, qui assume publiquement l’hypothèse extraterrestre comme piste de recherche. De l’autre, Shermer, figure historique du mouvement sceptique américain, parraine même un « wager » (pari) public avec Loeb sur la divulgation d’une éventuelle technologie d’origine non humaine. Le communiqué de Skeptic insiste sur la « rigueur méthodologique » qui guidera les travaux.
Les « mother orbs » d’octobre 2023 comme premier dossier
Le premier signal concret que ce conseil devra examiner est documenté dans un rapport AARO daté du 5 juin 2026, signé par son directeur, le Dr Jon Kosloski. Pendant deux jours d’octobre 2023, des agents des forces de l’ordre ont observé une « mother orb » orange lançant de plus petites « red orbs » dans le ciel américain. Selon le rapport, 40 % des phénomènes rapportés à l’AARO restent à ce jour sans explication raisonnable. Le document est consultable publiquement via war.gov. Pour Loeb, l’interprétation « la plus terre à terre » reste humaine — drones d’origine étrangère, opérations d’espionnage près de sites sensibles — mais l’existence d’un trou dans la défense nationale suffit, selon lui, à justifier l’effort.
Le débat que le conseil ne tranche pas : transparence ou bureaucratie ?
USA Herald pose la question que ni la Maison Blanche ni Loeb n’ont traitée frontalement : ces nouvelles couches de revue rapprochent-elles le public des données brutes, ou l’en éloignent-elles ? Le conseil, rappelle le journal, ne verra que les données que les agences choisiront de partager, et Loeb lui-même a précisé que ces informations seront « unclassified ». La chaîne décrite par USA Herald est claire : les agences collectent, l’AARO évalue, le conseil analyse, le Governance Board revise, puis — éventuellement — une décision de déclassification est prise. Pour la communauté du « UFO disclosure », qui réclame depuis des décennies l’accès aux capteurs, aux images radar et aux dépositions de témoins, ce parcours ajoute un filtre institutionnel de plus. Pour ses défenseurs, il apporte au contraire la rigueur scientifique que ces dossiers exigeaient.
Le conseil n’a pour l’instant publié ni calendrier opérationnel, ni budget dédié, ni liste complète des sites sensibles évoqués dans le rapport Kosloski. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’avec Loeb à la présidence et Shermer dans ses rangs, la barre méthodologique est posée dès le départ — ce qui était, jusqu’ici, le point faible de l’étude officielle américaine des UAP.






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