UAP : un « Cosmic Council » interagency chapeauté par l’ODNI se met en place aux États-Unis

UAP : un « Cosmic Council » interagency chapeauté par l’ODNI se met en place aux États-Unis

Le 16 juin 2026, l'ODNI a officialisé la première réunion du UAP Governance Board, organe interagency qui chapeaute désormais le Science Advisory Council d'Avi Loeb. Sans budget dédié, accès 'unclassified' seulement, et déjà un premier test concret : les orbes de Cheyenne Mountain d'octobre 2023.

Mardi 16 juin 2026, un nouveau venu dans l’architecture fédérale américaine consacrée aux UAP a tenu sa toute première réunion : le UAP Governance Board, organe interagency chapeauté par l’Office of the Director of National Intelligence (ODNI). Le New York Post, qui a révélé l’événement ce 20 juin en s’appuyant sur une déclaration officielle de l’ODNI, le résume en une formule : un « Cosmic Council » placé au-dessus du Science Advisory Council piloté par l’astrophysicien Avi Loeb. Pour la première fois, militaires, renseignement, forces de l’ordre et agences civiles sont sommés de se coordonner officiellement pour traiter les signalements non-identifiés — mais à un échelon de filtrage supplémentaire qui inquiète déjà la communauté « disclosure ». Le conseil scientifique présidé par Avi Loeb, officialisé le 12 juin 2026, prend désormais place dans cette architecture plus large.

Un échelon « interagency » au-dessus du Science Advisory Council

Le Governance Board n’est pas un énième comité scientifique : c’est un organe politique et opérationnel. Sa mission, telle que citée par l’ODNI au New York Post, est de « servir de corps interagency capable d’utiliser les capacités et autorités uniques de chaque membre pour traiter de manière cohérente les menaces de sécurité nationale posées par les UAP ». Il doit aussi « intégrer et optimiser les processus d’enquête sur les incidents UAP et les procédures de collecte utilisées pour analyser les données UAP » et, surtout, « aider à la coordination en temps utile et à la déclassification des informations liées aux UAP ».

Autrement dit : les agences collectent, AARO évalue, le Science Advisory Council de Loeb analyse, le Governance Board revoit, et une éventuelle décision de déclassification est prise. La chaîne à cinq couches décrite par USA Herald (18 juin 2026) ajoute un filtre institutionnel à un dossier qui en comptait déjà plusieurs.

Deux étages, une même architecture

Architecture officielle des UAP — États-Unis, juin 2026
Échelon Organe Mission
Opérationnel terrain Agences militaires, renseignement, forces de l’ordre, FBI Collecte des signalements, capteurs, dépositions
Technique AARO (All-domain Anomaly Resolution Office, Pentagone) Évaluation des cas, publication des rapports déclassifiés (3e salve le 12 juin 2026)
Scientifique consultatif UAP Science Advisory Council (présidé par Avi Loeb, Harvard) Analyse scientifique, recommandations sur les méthodes de collecte, composition pluridisciplinaire
Politique interagency UAP Governance Board (chapeauté par l’ODNI) Coordination inter-agences, arbitrage des déclassifications

Le Science Advisory Council piloté par Loeb n’est donc pas un concurrent du Governance Board : il en est l’un des sous-organes. Avi Loeb l’a confirmé en assemblée en rappelant l’objectif qu’il s’est fixé : « conseiller le gouvernement américain sur la manière de résoudre la nature des UAP ». Le council rassemble, outre Loeb, le Dr Garry Nolan (Stanford, biologie moléculaire), les Dr Kevin Knuth et Matthew Szydagis (physique et instrumentation, SUNY Albany), l’ancien Rear Admiral Tim Gallaudet (océanographie), le Dr Michael Shermer (scepticisme méthodologique) et l’économiste Robin Hanson (statistiques), entre autres — une couverture disciplinaire volontairement large, déjà documentée sur Obscura.

Premier dossier test : les « orbes » de Cheyenne Mountain (octobre 2023)

Interrogé par le New York Post, Loeb a désigné explicitement le cas le plus saillant de la 3e salve de fichiers UAP déclassifiée le 12 juin 2026 comme premier test grandeur nature de la nouvelle architecture. Il s’agit de l’observation, en octobre 2023, d’une « glowing mothership orb » orangée relâchant de plus petites orbes rouges au-dessus de Cheyenne Mountain, dans le Colorado — un site sensible abritant le NORAD. Le rapport AARO, signé par son directeur Jon Kosloski, indique que 40 % des phénomènes observés restent à ce jour « sans explication raisonnable » et que les technologies actuellement maîtrisées par les États-Unis ou connues d’autres nations ne permettent pas de rendre compte de la totalité des signalements.

Pour Loeb, l’hypothèse la plus « terre à terre » reste pourtant celle de drones, y compris hostiles, capables de larguer d’autres drones : « la plus simple explication serait de dire que ces orbes sont des drones capables de produire de plus petits drones », a-t-il déclaré au Post. Mais le trou dans la couverture explicative, lui, justifie à ses yeux la mobilisation de la nouvelle architecture.

Le filtre institutionnel que la communauté « disclosure » redoutait

USA Herald pose la question que ni l’ODNI ni Loeb n’ont traitée frontalement : ces nouvelles couches rapprochent-elles le public des capteurs, ou l’en éloignent-elles ? Le programme, rappelle le New York Post, est explicitement « sans budget dédié » et n’aura accès qu’à de l’information « unclassified ». Loeb lui-même a précisé que les informations partagées avec les membres du council seront déclassifiées — ce qui, par construction, exclut tout ce qui relève du secret défense, et donc une grande partie des données militaires les plus sensibles.

La communauté UFO disclosure, qui réclame depuis des décennies l’accès aux enregistrements bruts, aux images radar, aux dépositions de témoins et aux évaluations du renseignement, voit dans cette architecture un « institutional gatekeeping » supplémentaire, selon la formule d’USA Herald. Pour ses défenseurs, dont Loeb lui-même, elle apporte au contraire la rigueur scientifique qui faisait défaut à l’étude officielle américaine des UAP — rigueur matérialisée par la présence simultanée, autour de la même table, d’un astrophysicien plaidant pour l’hypothèse extraterrestre et d’un sceptique notoire comme Shermer.

Reste un arbitrage que le Governance Board devra trancher dans les prochains mois : que publie-t-on, dans quel délai, et selon quel standard méthodologique ? Tant que la réponse ne viendra pas des États-Unis eux-mêmes, le « Cosmic Council » restera perçu, depuis l’étranger, comme une promesse de transparence encore plus sophistiquée qu’un secret.

Sources

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