A pied d’œuvre : le film qui dévoile la précarité des écrivains

par Olivier
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A pied d’œuvre : le film qui dévoile la précarité des écrivains
Divertissement

Le passage de la grande précarité au grand écran se joue parfois à une page près. Pour le romancier Franck Courtès, l’appréciation du film A pied d’œuvre, réalisé par Valérie Donzelli, revêt une dimension intimement personnelle. Cette œuvre cinématographique adapte son récit autobiographique, où son propre rôle est tenu par le comédien Bastien Bouillon.

L’écrivain confie n’avoir jamais imaginé que son histoire deviendrait un livre, et encore moins un long-métrage. L’idée que Bastien Bouillon interprète son personnage a suscité chez lui un mélange d’excitation et de réassurance, provoquant même l’enthousiasme bruyant de sa compagne à l’annonce de la nouvelle.

Le choix radical de l’écriture

L’histoire retrace le parcours d’un auteur ayant abandonné une carrière de photographe pour se dédier entièrement à sa plume. Cette décision audacieuse l’a conduit vers une précarité grandissante, l’obligeant à enchaîner les petits boulots pour survivre.

Franck Courtès souligne qu’il n’a pas choisi la pauvreté, mais l’écriture. Il pointe du doigt une réalité française où, même en étant publié dans des maisons réputées et en rencontrant un certain succès, la vie d’artiste rime souvent avec difficultés économiques.

Un dédoublement troublant à l’écran

L’auteur évoque avec amusement le sentiment étrange de se voir à l’écran, parlant de son personnage à la troisième personne. Bien que cet homme de fiction ne soit pas totalement lui, assister au tournage et voir Bastien Bouillon reproduire des scènes vécues a provoqué une sensation de dédoublement singulière.

L’acteur, remarqué pour sa polyvalence dans des œuvres comme La Nuit du 12, se glisse avec aisance dans la peau de cet homme débrouillard. Le personnage navigue péniblement dans un environnement hostile, confronté à l’ubérisation du travail, une loterie où les tâches reviennent souvent au moins-disant.

Une performance instinctive

Franck Courtès se dit sidéré par la performance de Bastien Bouillon. Sans avoir lu le livre original, le comédien est parvenu à capturer la gestuelle de l’écrivain en se basant uniquement sur le scénario et la direction de Valérie Donzelli. L’acteur explique que la précision des dialogues, reprenant parfois mot pour mot le texte de l’auteur, lui a permis de s’imprégner du personnage avant même leur rencontre.

Le film présente un protagoniste à la fois attachant et intransigeant, dont l’attitude peut parfois déranger. Selon l’acteur, l’œuvre tend un miroir à la société, révélant des aspects que l’on préfère souvent ignorer. Valérie Donzelli met parfaitement en exergue ce côté provocateur.

N’ayant pas à imiter une figure publique physiquement connue de tous, Bastien Bouillon a joui d’une grande liberté d’interprétation. Qu’il s’agisse de déménagement ou de jardinage, le héros assume le prix de sa liberté artistique. Pour Franck Courtès, la réalisatrice offre assez d’espace pour que chaque spectateur s’approprie le film différemment.

Un répit financier bienvenu

Au-delà de la reconnaissance artistique, ce projet offre à Franck Courtès une bouffée d’oxygène concrète. Grâce aux retombées du film et de ses livres, il estime pouvoir vivre convenablement pendant deux ans. Cette dynamique financière agit comme une respiration qui a déjà boosté sa productivité : son prochain roman est attendu pour septembre, et le suivant est déjà en chantier.

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