Sommaire
L’histoire du rock regorge de virtuoses dont le talent à la guitare semble presque surnaturel. Pourtant, pour plusieurs de ces icônes, la six cordes n’a pas été le premier choix. Avant de définir le son des années 60, 70 et 80, ces musiciens ont fait leurs premières gammes sur des instruments parfois inattendus. Voici cinq guitaristes de légende qui ont trouvé leur voie après avoir abandonné leur formation initiale.

Carlos Santana
Avec son groupe Santana, Carlos Santana a fusionné le jazz latin et le rock psychédélique pour créer un style unique. Si son nom est aujourd’hui indissociable de la guitare, son enfance au Mexique a été bercée par le violon. Son père, violoniste professionnel, tenait absolument à ce qu’il suive ses traces.
Santana a d’abord fréquenté une académie de musique où il a éprouvé des difficultés avec le violon et les cuivres, avant de se voir confier un violon de petite taille, plus maniable. Dans ses mémoires, il raconte que les leçons privées avec son père étaient particulièrement rudes. Les cris de son mentor le faisaient souvent pleurer, au point que le sel de ses larmes finissait par décolorer le bois de l’instrument.

Prince
Prince possédait un don musical prodigieux, capable de jouer 27 instruments différents sur son premier album en 1978. Bien qu’il soit reconnu par ses pairs comme l’un des plus grands guitaristes de tous les temps, son premier amour fut le piano. Lors de sa dernière tournée en 2016, il était d’ailleurs revenu à cette configuration minimaliste : un piano et un micro.
Dès l’âge de 3 ans, il était fasciné par le piano de son père, leader d’un trio de jazz à Minneapolis. Après le divorce de ses parents à l’âge de 7 ans, Prince a hérité de l’instrument laissé sur place. C’est en autodidacte qu’il a appris ses premières mélodies, reproduisant notamment les thèmes musicaux de séries télévisées des années 60 comme Batman.

Eddie Van Halen
Eddie Van Halen a révolutionné le hard rock avec sa technique de « finger-tapping », consistant à frapper les cordes sur le manche comme s’il s’agissait de touches de piano. Cette approche expérimentale et rapide n’est pas un hasard : l’artiste n’a jamais reçu de formation classique à la guitare, mais il était un prodige du piano durant son enfance.
Ayant commencé les cours de piano classique à l’âge de 6 ans aux Pays-Bas, il a poursuivi cette pratique après l’émigration de sa famille en Californie. Son talent était tel qu’il a remporté pendant trois années consécutives un concours de piano organisé par le Long Beach City College. C’est cette base classique qui a nourri son jeu de guitare si particulier.

Nils Lofgren
Membre incontournable du E Street Band de Bruce Springsteen et ancien collaborateur de Neil Young, Nils Lofgren est réputé pour sa polyvalence. Pourtant, son parcours musical a débuté loin des amplificateurs de rock. Pendant dix ans, dès l’âge de 6 ans, il a suivi une formation classique de piano et surtout d’accordéon.
C’est après avoir vu les Beatles à la télévision en 1964 qu’il a décidé de se mettre à la guitare acoustique. Lofgren a souvent affirmé qu’il ne serait jamais devenu un guitariste de rock sans cette solide base théorique acquise grâce à l’accordéon. Cette formation lui a d’ailleurs permis d’écrire les arrangements de piano pour certains morceaux au cours de sa carrière.

Mick Mars
Le son lourd et incisif de Mötley Crüe doit beaucoup à Mick Mars. Avant de devenir le guitariste emblématique du groupe de hair metal dans les années 80, celui qui s’appelait encore Bob Deal a fait ses débuts sur une autre corde. À 14 ans, après avoir assisté à un concert de rock dans l’Indiana, il a rejoint son premier groupe, les Jades.
Au sein de cette formation spécialisée dans les reprises des Beatles, le futur Mick Mars n’occupait pas le poste de guitariste soliste. Il jouait le rôle de Paul McCartney et tenait donc la guitare basse. Ce n’est que plus tard qu’il se tournera définitivement vers la guitare électrique, publiant l’annonce qui lui permettra de rencontrer Nikki Sixx et Tommy Lee.

