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Le célèbre cinéaste sud-coréen Park Chan-wook a été désigné pour présider le jury du 79e Festival de Cannes, qui se tiendra en mai 2026. Annoncée par les organisateurs, cette nomination prestigieuse marque un tournant puisqu’il s’agit d’une grande première historique pour le cinéma coréen.
Un appel à la solidarité dans les salles obscures
Le réalisateur de 62 ans et son jury auront la lourde tâche de décerner la Palme d’or 2026. Ils succéderont au panel qui a primé l’Iranien Jafar Panahi l’année précédente pour son film Un simple accident. S’exprimant sur ce nouveau rôle, Park Chan-wook n’a pas caché son enthousiasme, se disant impatient de vivre cette captivité volontaire avec ses confrères jurés.
Dans un contexte mondial parfois fragmenté, le cinéaste a tenu à souligner la puissance de l’expérience collective en salle. Il a rappelé qu’en cette époque marquée par les divisions et la haine, le simple fait de se rassembler pour visionner une œuvre commune permet de synchroniser les respirations et de créer une solidarité universelle, profondément émouvante.
Le maître de l’audace et des univers sombres
Avec douze longs-métrages à son actif, Park Chan-wook s’est imposé comme un créateur incontournable, mêlant les genres tout en cultivant des atmosphères souvent sombres et troublantes. Le Festival de Cannes a d’ailleurs salué l’œuvre d’un homme prônant un cinéma de toutes les audaces, aussi bien sur le plan du scénario que de la morale et de la stylistique.
La carrière de ce réalisateur, également producteur et scénariste, a véritablement explosé à l’international en 2004 avec Old Boy, récompensé par le Grand Prix du jury sur la Croisette. Cette adaptation d’un manga culte, axée sur une vengeance sanglante, critiquait déjà avec acuité les inégalités sociales inhérentes à la société de son pays. Ses passages suivants à Cannes furent tout aussi couronnés de succès : son film de vampires Thirst, ceci est mon sang a remporté le Prix du jury en 2009, tandis que le thriller romantique Decision to leave lui a valu le Prix de la mise en scène en 2022.
Plus récemment, en 2025, il a de nouveau marqué les esprits avec Aucun autre choix, une adaptation glaçante du roman Le Couperet de Donald Westlake, narrant le parcours tragique d’un chômeur prêt à éliminer physiquement ses concurrents pour retrouver du travail.
L’apogée de la culture sud-coréenne
Cette prestigieuse présidence s’inscrit dans le prolongement du succès planétaire de la culture sud-coréenne. L’influence de Séoul ne cesse de croître, un essor symbolisé sur grand écran par la Palme d’or décernée à Parasite de son compatriote Bong Joon-ho en 2019. Cette dynamique rayonne également par des triomphes télévisuels retentissants comme Squid Game ou KPop Demon Hunters, sans oublier la domination musicale incontestée de groupes de K-pop tels que BTS et Blackpink.
