Hurlevent : Pourquoi l’adaptation avec Margot Robbie est un échec

par Olivier
0 commentaires
A+A-
Reset
Hurlevent : Pourquoi l'adaptation avec Margot Robbie est un échec
Divertissement

Certaines productions cinématographiques semblent accumuler les faux pas avec une telle constance que l’on finit par s’interroger sur l’intentionnalité de la démarche. L’adaptation de Hurlevent réalisée par Emerald Fennell s’inscrit malheureusement dans cette catégorie d’œuvres laborieuses. Cette nouvelle fresque produit un effet soporifique quasi immédiat, contrebalancé uniquement par une bande originale assourdissante qui empêche l’assoupissement total.

L’intrigue reprend la passion maudite imaginée par Emily Brontë, portée ici par Margot Robbie dans le rôle de Cathy et Jacob Elordi dans celui d’Heathcliff. Si l’actrice rappelle parfois son rôle de Barbie dans des tenues encombrantes, son partenaire de jeu semble traverser le film avec une rigidité déconcertante. L’alchimie attendue pour cette histoire tragique ne prend pas.

Une romance édulcorée et confuse

Compte tenu de la filmographie précédente de la réalisatrice, notamment Promising Young Woman et Saltburn, les attentes étaient élevées concernant l’audace et la sensualité du projet. Le résultat s’avère pourtant être un mélange tiède, oscillant entre la romance à l’eau de rose et des tentatives d’érotisme timides rappelant Cinquante nuances de Grey.

Le long-métrage s’aligne sur des sagas pour jeunes adultes comme Twilight, proposant une vision sentimentale qui manque cruellement de mordant. Si la fidélité absolue au roman n’est pas une obligation, la structure narrative donne ici l’impression d’un assemblage aléatoire de séquences, comme si le montage avait été sacrifié sur l’autel du grand public, au risque de ne satisfaire personne.

L’absence de tension charnelle

Le traitement de la sexualité dans le film souffre d’un puritanisme paradoxal. Les étreintes sont fugaces et l’aspect transgressif se résume à des gestes étranges, comme des doigts dans la bouche mêlés à de l’herbe. Quelques scènes suggérant des dynamiques de domination, impliquant des jeux de rôles animaliers, sont présentes mais échouent à provoquer le trouble.

Le film oppose l’ennui de l’héroïne avec son époux attentionné à une relation supposément plus intense avec Heathcliff, qui affirme sa virilité par la brutalité. Ce parti pris ne parvient cependant pas à insuffler la moindre passion à l’écran.

Des personnages antipathiques

Le trait le plus marquant reste la toxicité des deux protagonistes, qui empêche toute forme d’empathie. Cathy apparaît comme une enfant gâtée et capricieuse, tandis que Heathcliff se révèle être un personnage grossier et sans charisme. Leur incompatibilité semble être leur seul point commun.

Malgré une esthétique visuelle très travaillée, le film reste froid et dénué de sensualité. Les minauderies de l’une répondent aux regards vides de l’autre, jusqu’à une conclusion abrupte qui laisse le spectateur perplexe. On peine à discerner les intentions d’Emerald Fennell derrière ce projet au budget colossal, dont le résultat final donne l’impression d’un rendez-vous manqué.

Suggestions d'Articles

Laisser un Commentaire