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La plateforme de streaming Netflix dévoile sa nouvelle production française intitulée Les Lionnes. Pilotée par les créateurs Olivier Rosemberg et Carine Prévot, et produite notamment par Jonathan Cohen, cette mini-série en huit épisodes plonge les spectateurs dans une aventure où la précarité pousse à l’impensable. L’intrigue suit cinq femmes de la cité des Trévises qui, pour échapper à leurs dettes, décident de braquer une banque en se grimant en hommes.
Une comédie noire au casting soigné
Leur premier forfait leur rapporte plus de 36 000 euros, une somme inespérée qui enclenche une spirale dangereuse. Traquées par la police, un maire opportuniste incarné par François Damiens et un caïd local, ces mères de famille et travailleuses précaires tentent de garder leur anonymat.
À l’écran, Rebecca Marder prête ses traits à Rosi, une mère endettée, tandis que Zoé Marchal joue une jeune femme bipolaire. Naidra Ayadi incarne Sofia, menacée de perdre la garde de ses enfants, aux côtés de Tya Deslauriers et Pascale Arbillot, qui complète le groupe dans le rôle de l’épouse d’un politicien toxique. Si le ton oscille entre humour et drame social, le scénario puise son origine dans des faits bien réels.
L’histoire vraie du « Gang des Amazones »
La série s’inspire directement du parcours de cinq amies d’enfance originaires de l’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Surnommées le « Gang des Amazones » par la presse de l’époque, ces femmes ont commis sept braquages armés entre 1989 et 1990. Sans emploi stable, élevant seules leurs enfants et accablées par les dettes, elles cherchaient avant tout à survivre.
Le déclic survient lorsque l’une d’elles se voit réclamer le remboursement d’un trop-perçu de la CAF d’environ 2 000 euros (9 000 francs de l’époque). Refusant de sombrer dans la drogue ou la prostitution, elles optent pour le vol à main armée comme solution de dernier recours pour nourrir leurs familles.
Des déguisements pour tromper l’enquête
Leur mode opératoire était audacieux et méticuleux. Pour chaque attaque, les braqueuses se travestissaient en hommes à l’aide de perruques, de fausses moustaches et de rembourrages sous des treillis militaires pour modifier leur silhouette. Frappant en plein jour, elles vidaient les caisses en moins de trois minutes.
Au total, leur butin s’est élevé à environ 337 000 francs, soit près de 78 000 euros actuels. L’illusion était telle que ni les témoins ni les enquêteurs n’ont soupçonné l’implication de femmes jusqu’à leur arrestation en 1991. Jugées aux assises de Carpentras en 1996, la plupart ont bénéficié d’une certaine clémence, ressortant libres du tribunal compte tenu de leur contexte social difficile.
