L’histoire de Led Zeppelin expliquée en 11 chansons

par Angela
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L'histoire de Led Zeppelin expliquée en 11 chansons
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En explorant l’histoire cachée de Led Zeppelin, on voit que le quatuor britannique fut, à bien des égards, le groupe emblématique du rock des années 1970. Sa domination des radios et ses ventes dépassant les 300 millions d’albums en font l’un des monuments du genre. Led Zeppelin est né de l’esprit de Jimmy Page, guitariste de sessions londonien bien avant qu’il intègre The Yardbirds après le départ d’Eric Clapton pour Cream. Page remplaça d’abord Paul Samwell-Smith à la basse, puis rejoignit Jeff Beck à la guitare, leurs duels de riffs marquant brièvement une période d’expérimentation avant que Beck ne quitte le groupe en 1966 et que Page devienne le guitariste principal.

Robert Plant et Jimmy Page sur scène avec Led Zeppelin
Robert Plant et Jimmy Page sur scène avec Led Zeppelin

À la suite des tensions qui ont conduit à la rupture des Yardbirds en 1968, Page se retrouve avec le nom et un ensemble d’obligations de tournée non accomplies. Pour comprendre comment Led Zeppelin a pris vie, Page sollicite le bassiste John Paul Jones et découvre le chanteur Robert Plant, qui pousse Page à engager le batteur John Bonham. Baptisé initialement The New Yardbirds, le groupe adopte ensuite le nom Led Zeppelin, attribué selon une légende rockité par Keith Moon, John Entwistle, ou peut-être Chris Dreja, ancien Yardbird. Le premier album éponyme sort en 1969, avec une pochette célébrant l’explosion du dirigeable Hindenburg, et le reste appartient déjà à l’histoire. Poursuivez la lecture pour découvrir l’histoire de Led Zeppelin expliquée en 11 chansons.

Dazed and Confused

Au départ, les critiques de rock ne savaient pas quoi faire de ce nouvel ensemble explosif. L’album éponyme de 1969 s’ouvrait sur une attaque de guitare dans Good Times Bad Times, suivie par le blues de Babe I’m Gonna Leave You et You Shook Me. La première face se terminait par Dazed and Confused, une démonstration psychédélique qui est au cœur de l’album. Provenant de l’époque où Page jouait avec les Yardbirds, Dazed and Confused était une composition de Page — même si l’on affirme qu’elle aurait été empruntée à Jake Holmes.

La pièce devint rapidement un favoured des concerts, pouvant s’étendre à 20 minutes, bâtie autour d’un riff de basse massif et d’un pédalier wah-wah. Les vocaux furieux de Plant accompagnaient les improvisations de Page, y compris l’emblématique archet sur les cordes. Page expliqua plus tard que Dazed and Confused était essentiellement un véhicule d’improvisation, allant bien au-delà d’une simple improvisation sur un même accord.

Plusieurs passages témoignent d’une approche plus complexe que les morceaux blues classiques qui entourent le titre. Page évoqua qu’il y avait énormément à dire dans ce morceau, et qu’au fil des années il est resté un repère live, débordant de créativité et d’innovation qui deviendrait la marque de Led Zeppelin.

Whole Lotta Love

Si le premier album de Led Zeppelin a été enregistré en environ 30 heures, le groupe prit son temps pour le suivant. L’enregistrement de Led Zeppelin II s’est étalé sur six mois, lors de la première tournée du groupe, les séances se déroulant dans plusieurs villes et les bandes maîtresses embarquées dans une malle. Page se remémora que c’était « assez fou », et qu’ils écrivaient des morceaux dans des chambres d’hôtel. Malgré ces défis, le second opus ne fit pas que marquer la maturation du groupe, il en révéla aussi la cohésion identitaire.

Évidemment, celui qui ouvrait l’album, Whole Lotta Love, est un rocker direct qui a codifié le son du groupe. Page expliqua qu’il avait imaginé le riff du morceau à l’été 1968; lors des répétitions, lorsqu’il rejoua ce riff devant le groupe dans son salon, l’enthousiasme fut immédiat et collectif. Comme Dazed and Confused, Whole Lotta Love propose une section centrale chaotique et sonore, où Page explique avoir créé la majeure partie des sons avec un Theremin et sa guitare, ayant même accordé son instrument plus bas et tiré sur les cordes pour obtenir « une série de bruits grondants — des sons maléfiques que l’on n’entend pas à la radio commerciale ».

What Is and What Should Never Be

Un autre temps fort de Led Zeppelin II est What Is and What Should Never Be, que l’on peut voir comme une étape majeure dans l’évolution musicale du groupe. Commencée sur une atmosphère onirique et délicate, la chanson monte jusqu’à un crescendo rugueux, une approche qu’ils réutiliseront pour alimenter certains de leurs plus grands succès à venir. La pièce témoigne aussi de la montée en puissance de Plant en tant que parolier, avec des images évoquant des châteaux, des aurores et des départs au vent.

Par ailleurs, le morceau montre que le studio devient un terrain d’expérimentation; les techniques d’enregistrement nouvelles de l’époque permettent des hybrides sonores et des effets en stéréo ou en phase, avec les voix de Plant et les parties de guitare superposées de Page. Le groove s’installe et la batterie de Bonham y ajoute une précision subtile jusqu’au final, où Page délivre un riff fracassant qui porte la pièce vers des sommets puis la ramène en moins d’une minute.

Page expliqua qu’ils recherchaient des studios offrant de très bonnes acoustiques pour jouer leurs morceaux en live, et qu’il voulait un rendu extrême, capable d’exprimer toutes les aspérités de leur potentiel.

Immigrant Song

Led Zeppelin III s’éloigne d’un blues-rock lourd pour s’ouvrir à des accents plus folk. Immigrant Song démarre par un riff de Page devenu emblématique, suivi par le motif vocal de Plant; la chanson montre que les talents lyriques du chanteur se déploient désormais pleinement. Le morceau évoque un amalgame de mythes nordiques et de dieux, avec la phrase devenue célèbre Hammer of the gods.

Le thème d’Immigrant Song a été nourri par le contrat de tournée scandinave de deux semaines des New Yardbirds avant l’entrée en studio pour le premier album de Led Zeppelin. Plant, passionné d’histoire, connaissait les légendes nordiques et les Vikings, ce qui a donné au riff une fonction de véhicule pour ses mots. Page expliqua qu’il accumulait des riffs et qu’un petit tiroir contenait les idées qui allaient devenir des chansons; il avança d’avoir rapidement puisé le début d’Immigrant Song, convaincu que c’était le départ de quelque chose de puissant et persistant.

Selon Page, c’est l’intensité du riff qui saisit l’auditeur, au point qu’on peut y rester indéfiniment; c’est une énergie implacable.

Tangerine

Après l’intensité de Immigrant Song, Led Zeppelin III dévoile un visage plus doux et plus axé sur l’acoustique. Des morceaux comme Friends, Gallows Pole et That’s the Way s’articulent autour de guitares acoustiques, affichant clairement les influences folk du groupe. Page évoça que le troisième album leur offrait une pause dans les tournées pour se concentrer davantage sur l’électronique et le domaine acoustique.

Cette approche se retrouve dans Tangerine, probablement l’une des pistes les plus inventives de l’album, une chanson que Page avait conservée précieusement et qui évolua au fil du temps. Il expliqua avoir écrit des passages avant même d’intégrer les Yardbirds, mais que la version finale est le fruit d’une rencontre avec le groupe. Le morceau introduit des éléments country et un petit motif de pedal steel, enrichissant l’atmosphère générale.

Led Zeppelin III incarne aussi le refus de Page de se répéter: chaque album doit conserver sa singularité distincte, une idée qu’il affirma lors d’une interview sur l’orientation artistique du groupe.

Stairway to Heaven

Pièce maîtresse de l’album sans titre devenu emblématique Led Zeppelin IV, Stairway to Heaven est aujourd’hui reconnue comme le morceau signature du groupe. Cet épique de près de huit minutes a été largement diffusé à la radio sans jamais être sorti en single, ce qui a conduit les fans à acheter l’album en entier et explique en partie pourquoi Led Zeppelin IV est l’un des albums les plus vendus des années 1970.

La chanson s’ouvre sur le motif acoustique chantant de Page, puis s’élève vers un crescendo dramatique. Ses paroles énigmatiques, inspirées par la mythologie païenne et des images associées au Seigneur des anneaux, ont captivé les auditeurs. Plant a raconté que ces paroles sont d’origine mystique: elles lui sont venues alors qu’il était près d’un feu, et l’écriture s’est accompagnée d’un étonnant élan. « Une femme croit que tout ce qui brille est or, et elle achète un chemin vers le paradis », se souvint-il avoir écrit, puis il a été pris d’un élan et a presque sauté de sa chaise.

When the Levee Breaks

Sur Led Zeppelin IV, When the Levee Breaks poursuit l’évolution musicale du groupe. Il s’agit d’un relecture d’un vieux morceau blues de Memphis Minnie, dont le phrasé lent et le groove imposant cachent ce qui est peut-être le riff de batterie le plus légendaire du rock — le shuffle tonitruant de Bonham a été samplé des centaines de fois. Après quelques mesures de batterie, Roberts Plant ajoute l’harmonica distordu et le riff sinueux de Page, transformant un blues du delta en une proclamation du groupe qu’ils peuvent pousser le rock plus fort et plus agressif que quiconque.

La pièce marque aussi une étape dans la maîtrise des techniques d’enregistrement par Zeppelin. Le drum sound est l’œuvre d’un travail méticuleux d’ingénierie, avec des microphones et des effets qui ont permis d’obtenir des textures incroyables; Bonham voulait un son précis et l’ingénieur a ajusté les placements pour y parvenir, ce qui a donné une sonorité puissante et percussive.

Dancing Days

En ouvrant la deuxième face de l’album Houses of the Holy (1973), Dancing Days illustre une nouvelle étape dans l’évolution du groupe. Page évoqua les risques et l’expansion musicale qui ont accompagné l’album, et l’influence des musiques du monde, inspirées par un voyage à Bombay. L’enregistrement s’est déroulé dans une ambiance exaltante, le groove dégagé par le groupe étant « glorieux ».

Le morceau témoigne d’une approche spontanée où Page a imbriqué les parties de guitare avec une énergie libre, donnant une impression d’arrangement méticuleux mais exécuté en improvisation. Lorsque le reste du groupe est intervenu plus tard, Page s’est dit convaincu que l’auditoire apprécierait cette direction audacieuse et neue.

The Rain Song

Autre titre favori de Houses of the Holy, The Rain Song est une ballade mélancolique qui parcourt diverses ambiances sonores. Cette pièce remarquable tient une place particulière dans le développement musical du groupe et est souvent associée à l’influence des ballades, notamment liée à George Harrison, dont l’interaction est parfois citée comme un élément déclencheur. Plant a raconté que l’écriture de la chanson a été stimulée par un défi lancé par Harrison, qui jugeait Led Zeppelin pauvre en ballades; Page a répliqué en écrivant Rain Song et en intégrant des références à Something, dans les accords initiaux.

Le morceau est également salué pour son travail en studio: la voix de Plant en phase et les parties de guitare de Page se répondent alors que le son oscille entre les enceintes, créant une expérience d’écoute intime et enveloppante. Le duo évoque que ce titre fut une aventure technique, avec des textures qui démontrent la maîtrise croissante du studio par le groupe.

Kashmir

Si une piste incarne la grandeur de Led Zeppelin, c’est bien Kashmir. La pièce phare de l’album double Physical Graffiti (1975) mêle l’influence grandissante des musiques du monde à la puissance du son percussif de Bonham, pour atteindre une dimension épique sur huit minutes. Comme souvent chez Zeppelin, la colonne vertébrale du morceau est un riff de Page — mais ici, il s’agit d’un motif inhabituel, quasi sitaré, qui confère à la composition une texture orchestrale inédite. Page se souvint d’un enregistrement live où ce riff répétait sans cesse et s’insertait de manière si précise que tout semblait s’emboîter.

Pour Plant, la grandeur de la pièce l’a amené à puiser profondément dans son imaginaire, chantant sur « un voyage à travers le temps et l’espace ». Plant décrit la chanson comme une œuvre exigeante mais épanouissante, à la fois sombre et puissante, marquée par une écriture qui évoque l’aventure et des moments éclairés.

Fool in the Rain

Après la réception mitigée de Presence (1976), Led Zeppelin publia In Through the Out Door en 1979, marquant leur dernier opus studio avant la disparition tragique de Bonham. Un dernier chapitre d’expérimentation, où le groupe s’éloigne d’un son lourd pour explorer des textures plus variées, comme le pastiche country-western Hot Dog et une tentative de synth-rock avec Carouselambra, jusqu’au morceau Fool in the Rain. Ce titre adopte une rythmique samba à la manière cubaine et illustre une progression vers la maturité du groupe, tout en témoignant d’une direction artistique qui ne cherche pas à imiter les premiers albums.

Fool in the Rain témoigne d’un passage vers une écriture plus sophistiquée et d’un groove complexe. Le disque dans son ensemble montre les questionnements du groupe face à un paysage musical qui évolue rapidement, allant du punk et du disco au nouveau wave synthétique. Page a expliqué qu’il savait ce qu’il voulait faire à chaque album et que l’objectif était d’apporter une différence marquée par rapport au précédent, ce qui se reflète dans Fool in the Rain et dans l’ensemble d’In Through the Out Door.

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