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Une réaction contre la surproduction littéraire
En cette rentrée littéraire d’hiver, un impressionnant total de 507 nouveaux romans fait son apparition dans les librairies françaises, soit 48 de plus qu’à la rentrée précédente. Au milieu de cette avalanche de titres, des voix s’élèvent pour dénoncer la surproduction croissante de livres. Répondant à l’appel de l’association pour l’écologie du livre, une vingtaine de librairies indépendantes ont déclaré une trêve de nouveautés pour tenter d’endiguer cette frénésie littéraire.
Sur les tables, les lecteurs peuvent découvrir les œuvres de grands auteurs tels que Vanessa Springora, Leïla Slimani, ou encore Pierre Lemaître. Cependant, au-delà de ces noms célèbres se cache une multitude d’autres livres, souvent invisibles au public. Avec plus de 300 nouveautés publiées chaque jour et plus de 68 000 titres par an, il devient de plus en plus difficile de naviguer dans cette profusion. La production littéraire a explosé en vingt ans, augmentant de plus de 50 % le nombre de titres édités.
Une pause nécessaire
Face à cette réalité, les libraires commencent à remettre en question ce modèle. Selon Amanda Spiegel, vice-présidente du syndicat de la librairie française, il serait « très sain » pour l’industrie de réduire le volume de publications. Bien que cet appel ne soit pas encore entendu, certaines librairies avancent et expérimentent des formes de trêve. Ces initiatives permettent de redonner un sens à leur métier en séparant le grain de l’ivraie, permettant ainsi de mieux conseiller leurs clients.
Mathilde Charrier, libraire au Rideau Rouge à Paris, explique que cette trêve est l’occasion de valoriser d’autres maisons d’édition et de se concentrer sur l’identité d’une librairie. Elle témoigne : « Cela permet de mettre en avant d’autres maisons d’édition et de travailler notre fonds, qui est l’identité d’une librairie. » En prenant ce temps, elle espère également retrouver la passion pour la lecture, essentielle pour un bon conseil.
Conséquences économiques et écologiques
Cela dit, cette initiative de trêve des nouveautés n’est pas sans conséquences pour les éditeurs et distributeurs. Toutefois, Mathilde assure que, malgré les risques, leur librairie a enregistré une légère augmentation de ventes, prouvant que d’autres modèles sont possibles.
Une autre problématique préoccupante est le taux élevé de retours des livres, avec 62 % des nouveautés invendues retournées aux distributeurs, souvent pour être détruites. Ce gaspillage, similaire à celui de la « fast-fashion », pousse les libraires à se questionner sur leurs pratiques et à rechercher des alternatives plus durables.