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Les années 1970 restent associées à des groupes et artistes qui ont marqué le rock et la pop, avec des titres emblématiques tels que Queen, David Bowie, Marvin Gaye et Gloria Gaynor. Pourtant, cette décennie ne se résume pas à ses sommets: même parmi les tubes les plus connus, certaines voix ont laissé à désirer. En examinant les performances vocales, on découvre un éventail de ratés et d’écarts qui ont façonné le paysage musical de l’époque. Notre sélection met en lumière deux dynamiques principales: des chants clairement médiocres et des morceaux où des choix lyriques ou stylistiques surprenants dévalorisent l’interprétation.

Captain & Tennille — Muskrat Love
Captain & Tennille est un duo soft rock qui interprète un récit tendre et improbable sur deux muskrats. Bien que la voix de Toni Tennille soit agréable, elle paraît parfois trop parfaite pour une musique d’ambiance, et les paroles restent étranges et déroutantes. Le morceau est également marqué par des sons de synthétiseur qui imitent les bruits des muskrats, ce qui renforce le sentiment d’un choix musical maladroit. Écrit en 1972, le titre a été interprété par le duo en 1976 et a atteint la quatrième place du Billboard Hot 100, devenant une curiosité historique plus qu’un succès durable. Cette notoriété s’est même étendue à des apparitions publiques exceptionnelles.
C.W. McCall — Convoy
Convoy est souvent perçu comme une parodie des chansons de nouveauté et des histoires de camionneurs, agrémentée d’un chœur enjoué. Le style du chant parlé et les interjections radiophoniques créent une atmosphère singulière qui peut être séduisante ou déroutante selon l’auditeur. Le personnage de C.W. McCall était en réalité une figure créée pour une campagne publicitaire et n’était pas un chanteur au sens traditionnel; le morceau repose davantage sur le récit que sur l’interprétation vocale. L’emploi d’un jargon CB et d’un chœur volontairement optimiste accentue ce caractère étrange. Le titre a connu un succès comparable à d’autres années, mais les critiques l’emportent sur le charme musical qu’il prétend incarner.
Starland Vocal Band — Afternoon Delight
Afternoon Delight, interprété par le quartet Starland Vocal Band, se distingue par ses allusions sensuelles enveloppées dans une mélodie légère. L’origine de l’intitulé et l’ambiguïté de son propos ont alimenté des interprétations variées: certains l’ont pris pour une publicité sur des collations ou un dessert, d’autres comme une ballade coquine et espiègle. Malgré son succès et le Grammy du meilleur nouvel artiste, le morceau est souvent décrié comme de la musique fades et laxiste vocalement. Nombreux pensent qu’avec une voix plus vive et moins hésitante, il aurait pu devenir un jalon du paysage musical des années 70 plutôt qu’un emblème de la trivialité pop.
Rick Dees — Disco Duck
Disco Duck est une chanson de curiosité signée Rick Dees et son casting d’Idiots: une pièce volontairement légère et absurde. Née d’une anecdote autour d’un canard et d’un chanteur qui s’y colle, elle a d’abord été enregistrée sur un petit label de Memphis avant d’obtenir une diffusion nationale. Sauf à Memphis, où elle était vue comme une concurrence et a même entraîné le départ du chanteur d’une station. Le gimmick canard et les performances théâtrales évoquent une blague radiophonique plus que une œuvre musicale sérieuse. Malgré tout, l’histoire personnelle de Dees demeure active dans le milieu et Disco Duck demeure une anecdote marquante de l’époque disco et de la culture pop.
Morris Albert — Feelings
Feelings de Morris Albert a été un énorme succès commercial, atteignant la deuxième place du classement Billboard Adult Contemporary en août 1975 et recevant une certification d’or aux États-Unis. Toutefois, la chanson est si sucrée et émotionnelle qu’elle peut irriter, portée par une voix fluette et mélancolique soutenue par des cordes et un piano. Les paroles répétitives et floues contribuent à un effet global qui peut lasser après plusieurs écoutes. Cette pièce a aussi été au cœur d’un volet judiciaire: Louis Gasté a soutenu que la mélodie reprenait une de ses œuvres de 1956, et il a été crédité comme co-auteur par la suite. Cette controverse a durablement marqué l’image du titre et son héritage, en faisant à la fois un symbole de son époque et une source de débats.
