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Divertissement

Pour enchaîner avec le fil du récit, il est utile d’observer comment un pari répété sur le même concept peut se heurter à la réalité du marché. Vince McMahon, figure bien connue du divertissement sportif, a relancé la XFL en 2020 — une seconde tentative lancée le week-end suivant le Super Bowl LIV. Sur le papier, l’idée semblait logique ; pourtant, l’histoire suggère un autre résultat possible : un nouvel XFL échec.
La XFL n’est pas une nouveauté née du jour au lendemain. La version originale voyait déjà le jour en 2001, il y a près de deux décennies. Cette tentative initiale n’a pas survécu longtemps, malgré l’attrait évident d’un football alternatif aux États-Unis, où la NFL et le football universitaire dominent l’attention du public.
Le recours à la nostalgie et à la notoriété d’un patron de l’industrie ne suffit pas à garantir le succès. Même si les promoteurs et certains fans nourrissent de grands espoirs, la réalité commerciale et la concurrence acharnée rendent probable une issue semblable à la précédente.
- Une concurrence écrasante : NFL et football universitaire captent l’essentiel de l’intérêt et des ressources.
- Un précédent défavorable : la version de 2001 n’ayant pas tenu, le retour doit surmonter un lourd passif.
- Des attentes élevées : l’espoir peut masquer des faiblesses structurelles difficiles à corriger.
À présent, examinons plus en détail les vérités implacables qui pourraient expliquer pourquoi cette relance court à l’échec, et pourquoi les leçons du passé restent déterminantes.
Le premier XFL a échoué malgré un carton télévisuel

Pour comprendre pourquoi le retour de l’XFL paraît fragile, il faut revenir à ses débuts en février 2001. Le tout premier match opposait les Las Vegas Outlaws aux New York–New Jersey Hitmen et, malgré les critiques sur le jeu et les règles, l’audience fut spectaculaire pour l’époque.
Ce lancement a attiré une part d’audience remarquable : environ 9,5 % des 102,2 millions de foyers américains ont suivi la rencontre, soit près de 14 millions de téléspectateurs pour la diffusion en prime time. À titre de comparaison, ce niveau d’audience se rapprochait de la moyenne d’une série de finales NBA six matches quelques années plus tard.
Plusieurs éléments rendent cependant ces chiffres trompeurs si l’on cherche des signes de pérennité :
- L’engouement initial s’est effiloché très rapidement : les audiences ont chuté dès la deuxième semaine.
- La ligue n’a pas survécu à sa première saison, son propriétaire abandonnant le projet après seulement quelques mois.
- Lors de la relance récente, les premières rencontres ont plafonné à un peu plus de 3 millions de téléspectateurs en moyenne, loin des sommets de 2001.
Il faut aussi garder à l’esprit l’évolution profonde des habitudes de consommation télévisuelle depuis 2001 : l’essor du streaming et la fragmentation des audiences rendent aujourd’hui plus difficile l’atteinte de tels records. Ces éléments historiques alimentent l’argument selon lequel le retour de l’XFL court un risque réel d’échec (XFL échec), même en cas de promotion médiatique importante.
En gardant ce précédent en mémoire, la suite de l’article analyse comment ces tendances historiques influencent la viabilité de la ligue aujourd’hui.
Tous les autres prétendants à la NFL ont échoué

Pour bien comprendre les enjeux, il faut revenir sur l’histoire : de nombreuses ligues concurrentes à la NFL ont démarré en fanfare, attirant parfois des stars, avant de disparaître en quelques saisons. Ces tentatives successives fournissent un contexte décisif pour évaluer pourquoi le retour de l’XFL suscite autant de scepticisme.
Parmi les exemples marquants :
- La World Football League (années 1970) — Elle a réussi à convaincre des joueurs réputés de quitter la ligue majeure, mais a cessé ses activités avant la fin de sa deuxième saison, illustrant la fragilité financière et organisationnelle d’une nouvelle ligue.
- La USFL (années 1980) — Soutenue par des propriétaires ambitieux et peuplée de talents célèbres, elle a néanmoins tenu seulement trois saisons avant de s’effondrer, montrant que la présence de stars ne suffit pas à garantir la pérennité.
- Les ligues d’Arena et apparentées (années 2000) — Multiples essais d’un football en salle ont émergé et disparu, rappelant combien il est difficile de fidéliser un public et un modèle économique durable en dehors du grippe médiatique de la NFL.
- La United Football League (2009–2012) — Malgré plusieurs saisons d’existence, l’organisation a fini par reconnaître qu’elle ne pouvait pas tenir sur la durée.
- L’Alliance of American Football (2019) — Lancée avec des audiences télévisées prometteuses lors du week-end d’ouverture, elle a pourtant suspendu ses activités deux mois plus tard, un effondrement rapide qui illustre la volatilité du marché.
Ces précédents convergent vers une conclusion préoccupante : l’histoire est jonchée d’initiatives qui ont échoué malgré des débuts prometteurs. Pour les observateurs et amateurs, le spectre d’un nouvel XFL échec apparaît donc moins comme une possibilité abstraite que comme une leçon répétée par le passé.
Les fans ne s’investiront pas dans le football durant la hors-saison de la NFL

Poursuivant l’examen des obstacles à la renaissance d’une ligue de printemps, certains observateurs rappellent qu’un excès de football prime time peut lasser le public. Déjà en 2013, une figure de la radio sportive new-yorkaise avançait que la multiplication des rencontres risquait de saturer l’auditoire, et cette observation trouve des échos dans l’histoire des ligues alternatives.
À l’origine du projet XFL, il y a l’hypothèse selon laquelle les supporters de la NFL resteraient assoiffés de football dès la fin du Super Bowl. Certains dirigeants de ligues alternatives ont d’ailleurs soutenu que tant que la NFL resterait populaire, on verrait fleurir des tentatives pour capter ce désir de jeu tout au long de l’année.
Pourtant, les faits montrent une toute autre réalité : les amateurs de football sont essentiellement des consommateurs saisonniers et routiniers. Leur comportement se résume souvent ainsi :
- 16 ou 17 dimanches consacrés à la NFL de septembre à fin décembre ;
- le premier week-end de janvier qui prolonge cette habitude ;
- et le dimanche du Super Bowl, occasion annuelle incontournable.
Depuis la fusion AFL–NFL, aucun concurrent n’a durablement capté ce même niveau d’investissement en temps et en argent de la part des fans. Cette réalité explique en grande partie pourquoi l’idée d’un XFL échec paraît crédible plutôt que marginale.
Pour enchaîner, la section suivante s’attardera sur les conséquences économiques et médiatiques de cette inertie des supporters.
Le football universitaire, déjà une alternative populaire

Kevin C. Cox/Getty Images
Pour comprendre pourquoi une ligue comme l’XFL peine à s’imposer, il faut d’abord saisir la place prépondérante du football universitaire dans le paysage sportif américain. Ce phénomène ne date pas d’hier : il s’est construit sur des décennies et repose sur des traditions fortes qui lient les universités à leurs anciens élèves et à des communautés entières. Ces attachements dépassent souvent la simple performance sportive et forment des fidélités durables.
La popularité se traduit aussi par des chiffres concrets qui pèsent lourd face à toute nouvelle compétition. À titre d’exemple, plusieurs programmes universitaires affichent des moyennes d’affluence extraordinaires, rivalisant parfois avec les meilleures fréquentations professionnelles. De plus, certaines conférences et rencontres régulières demeurent des rendez-vous télévisuels incontournables, saison après saison.
Plusieurs éléments expliquent pourquoi le public a déjà tant à se mettre sous la dent :
- Des affluences élevées sur de nombreux campus, montrant un engagement local massif.
- Une couverture médiatique soutenue qui place des rencontres à l’antenne presque quotidiennement pendant les pics de la saison.
- Une tradition et une identité d’équipe qui créent des liens affectifs profonds, difficiles à recréer pour une ligue naissante.
En conséquence, même si l’XFL cible le printemps pour éviter la concurrence directe, elle entre dans un marché déjà saturé en contenu footballistique. La perception du sport par les spectateurs s’apparente à celle des séries télévisées : la fidélité se construit sur la durée, et les saisons creuses existent pour une raison. Ainsi, cet environnement tendu et largement dominé par le football universitaire renforce la probabilité d’un XFL échec.
L’XFL condamnée à manquer de vedettes

Pour saisir l’une des limites fondamentales de la relance de l’XFL, il suffit de rappeler une évidence du monde du sport : les stars font vendre. Des personnalités capables d’attirer l’attention augmentent les audiences, les ventes et la perception générale d’une compétition.
On le voit clairement dans d’autres disciplines : des athlètes de renom suscitent plus d’intérêt que des concurrents moins connus, et leur présence sur des couvertures ou des événements commerciaux crée un véritable effet d’entraînement.
Parmi les exemples notables figurent :
- des athlètes dont la notoriété a stimulé les ventes et la communication ;
- des visages marquants qui transforment un produit sportif en phénomène culturel ;
- et des personnalités capables de générer des audiences massives pour des rendez-vous payants.
Or la nouvelle XFL a démarré sans aucune star véritablement reconnue par le grand public. Quelques joueurs présents peuvent être familiers des fans universitaires ou locaux, mais l’absence de figures susceptibles de vendre des maillots et de remplir des stades se fait cruellement sentir.
La direction de la ligue a ainsi expliqué qu’un candidat très médiatique n’avait pas rejoint le championnat en raison de prétentions salariales jugées hors de portée. Parallèlement, d’anciens espoirs du football professionnel ont pris publiquement distance, montrant que la ligue ne bénéficie pas du soutien de visages déjà établis.
En pratique, il est peu réaliste d’espérer que des stars issues de la NFL, qui ont empoché des sommes considérables au cours de leur carrière, acceptent de réduire drastiquement leurs exigences salariales pour rejoindre une structure naissante.
Autrement dit, l’absence de vedettes crée un cercle vicieux : moins de célébrités = moins d’attention médiatique et commerciale, ce qui renforce la probabilité d’un XFL échec. Cette faiblesse structurelle alimente d’autres défis auxquels la ligue devra faire face.
Concurrence intense avec les autres sports

En poursuivant l’examen des défis de la ligue, il faut d’abord reconnaître que la fenêtre de lancement choisie offre un répit relatif : en février, après le Super Bowl, l’agenda sportif est généralement plus calme, et la XFL n’affronte pas encore frontalement la NFL ou le football universitaire.
Cependant, la situation se complique dès mars, lorsque la concurrence médiatique et télévisuelle s’intensifie fortement. Plusieurs événements majeurs se succèdent et aspirent l’attention du public sportif :
- la semaine des championnats du basketball universitaire (hommes et femmes) ;
- la « Selection Sunday » et les premiers tours du tournoi NCAA masculin ;
- les phases d’ouverture des tournois universitaires féminins et masculins ;
- le lancement des saisons régulières de la MLB et de la Major League Soccer ;
- la montée en puissance des équipes NBA et NHL vers les séries éliminatoires autour de la Saint-Patrick.
Et avril n’offre guère de répit : les Final Four masculins et féminins dominent ce mois, tandis que mi-avril marque le début des séries éliminatoires pour la NBA et la Coupe Stanley. Les rencontres se jouent quasiment tous les jours, y compris les samedis et dimanches où la XFL espère habituellement capter des téléspectateurs.
Face à ces chevauchements, la question se pose naturellement : le public conquis en février restera-t-il fidèle quand d’autres championnats prendront le relais ? Ces dynamiques d’audience multiplient les risques de dispersion et alimentent l’hypothèse d’un XFL échec.
L’XFL pourra-t-elle maintenir ses chiffres d’affluence ?

Pour saisir l’ampleur du défi, il faut d’abord regarder la carte des implantations choisies : Dallas, Houston, Los Angeles, St. Louis, New York, Seattle, Tampa Bay et Washington D.C. Or, la grande majorité de ces marchés accueille déjà des équipes de la grande ligue de football américain. De plus, certaines villes partagent même un même stade ou disposent de plusieurs franchises professionnelles, ce qui complique la tâche pour attirer un public supplémentaire.
La question cruciale est la suivante : comment convaincre des spectateurs qui possèdent déjà des abonnements NFL de venir jusqu’à cinq rencontres à domicile d’une ligue rivale sur une saison ? Le public local dispose d’un capital d’engagement limité et d’habitudes bien ancrées, difficilement déplaçables vers une offre naissante.
À Seattle, la difficulté est encore plus nette. Les supporters locaux sont réputés pour leur loyauté — le fameux « 12e homme » n’est pas une image gratuite — et ils soutiennent aussi une équipe de soccer très suivie. Les statistiques d’avant la saison montrent que le club de soccer attirait en moyenne plus de 40 000 spectateurs par match à domicile en 2018 et 2019. Au printemps, quand les calendriers se chevauchent, beaucoup devront choisir entre le soccer établi et l’équipe locale de l’XFL.
Plusieurs facteurs concrets risquent donc d’affecter l’affluence :
- la concurrence directe des franchises de la ligue établie ;
- la présence d’équipes locales déjà très ancrées dans la culture sportive ;
- le chevauchement des calendriers avec d’autres disciplines populaires, comme le football professionnel local ;
- les conditions météorologiques défavorables dans certaines villes, qui peuvent dissuader le public.
En somme, entre rivalités territoriales, habitudes de consommation et aléas climatiques, ces éléments nourrissent l’idée d’un possible XFL échec si la ligue ne parvient pas à proposer une proposition de valeur suffisamment distincte et attractive.
Règles déroutantes qui peuvent rebuter les fans

Pour situer le contexte, les spectateurs connaissent déjà deux grandes variantes du football américain : le football universitaire et la ligue professionnelle. Ces formats partagent la majeure partie des règles, mais quelques différences notables sont bien ancrées dans l’esprit des fans — par exemple, l’arrêt de l’horloge sur chaque première tentative au niveau universitaire ou l’obligation, en professionnel, d’avoir les deux pieds en touche pour valider une réception.
La XFL, en relançant son produit, introduit cependant un ensemble de changements qui s’écartent encore davantage des repères habituels. Ces altérations peuvent compliquer la compréhension du jeu pour un public déjà habitué à d’autres formats, et devenir un facteur contribuant à un possible « XFL échec ».
- Des formations de départ différentes lors des coups d’envoi, peu familières par rapport aux modèles scolaires et professionnels.
- La disparition des ondes de surprise liées aux « onside kicks » et aux transformations au pied, ce qui modifie des stratégies que les fans connaissent bien.
- L’introduction de périodes de « retour » dans les deux dernières minutes de la deuxième et de la quatrième période, où l’horloge s’arrête après chaque jeu — une mécanique qui demande un temps d’apprentissage.
Le problème principal n’est pas seulement la complexité technique : il est aussi culturel. Beaucoup de supporters ont grandi en regardant un ou l’autre modèle et ont intégré leurs subtilités. Un nouveau jeu, perçu comme trop « gadget » ou relevant d’un niveau inférieur, risque d’être rejeté.
Autre inquiétude : la ligue ne disposera peut‑être pas du temps nécessaire pour familiariser durablement le public avec ces règles spécifiques, ou au contraire, les spectateurs refuseront d’investir l’effort requis pour maîtriser une nouvelle réglementation. Ces deux issues pèsent lourd dans l’équation du succès, et alimentent les doutes autour d’un éventuel XFL échec.
La qualité de jeu de l’XFL ne pourra rivaliser avec la NFL

En examinant les faiblesses structurelles du projet, il faut d’abord considérer la concurrence écrasante de la NFL. Avec trente-deux franchises stables et plus de 1 800 joueurs sous contrat chaque saison, la NFL capte l’essentiel du vivier de talents professionnels, ce qui rend la tâche de l’XFL particulièrement ardue.
De nombreux athlètes sans contrat préfèreront rester en forme et attendre une opportunité NFL — liée à une blessure en entraînement, lors des matchs de présaison ou en saison régulière — plutôt que de s’engager dans une ligue alternative. Ce comportement réduit d’emblée la qualité moyenne des effectifs disponibles pour l’XFL.
Le résultat est que la majorité des joueurs de l’XFL risquent d’afficher un niveau médiocre, avec des matchs souvent peu séduisants pour le spectateur. Les failles récurrentes se manifestent notamment par :
- des lignes offensives au jeu de pieds approximatif,
- des cornerbacks incapables de couvrir efficacement,
- des receveurs qui laissent échapper des passes faciles,
- des quarterbacks qui lisent mal les blitzes et les couvertures.
Historiquement, certains joueurs ont utilisé ces ligues comme tremplin : le cas d’un quarterback ayant remporté un titre individuel avant de signer avec une équipe NFL illustre cette trajectoire. Cela signifie que chaque talent repéré par l’XFL nourrit souvent l’espoir d’un passage vers la NFL, ce qui affaiblit davantage la ligue en privant ses équipes des meilleurs éléments.
En définitive, ces dynamiques — compétition pour les joueurs, niveau de jeu en retrait et fuite des talents vers la NFL — renforcent l’idée que l’XFL court un risque sérieux d’échec (XFL échec) si elle ne parvient pas à résoudre ces désavantages structurels.
La WWE n’est plus aussi populaire qu’autrefois — et cela a son importance

Pour comprendre pourquoi le retour de l’XFL pose problème, il faut d’abord se rappeler le contexte de 2001. À l’époque, Vince McMahon régnait presque sans partage sur la lutte professionnelle en Amérique du Nord : la principale concurrence avait été absorbée et les programmes de catch constituaient une vitrine télévisuelle majeure. Ces audiences massives avaient permis à la première XFL de bénéficier d’une visibilité exceptionnelle grâce aux publicités diffusées pendant les spectacles de lutte.
Depuis, le paysage a beaucoup changé, et les chiffres l’illustrent clairement.
- En 2005, certaines émissions de lutte rassemblaient environ 5,9 millions de téléspectateurs.
- En 2009, ces audiences tournaient autour de 5 millions.
- Au début de 2020, les éditions hebdomadaires attiraient plutôt entre 2,03 et 2,40 millions de téléspectateurs.
Autrement dit, des millions de fans qui voyaient les publicités de l’XFL en 2001 ne suivent plus ces programmes aujourd’hui. Cette érosion d’audience réduit considérablement la portée promotionnelle dont pouvait bénéficier une nouvelle ligue.
Si la première XFL a échoué à une époque où la lutte télévisée jouissait d’une popularité bien plus large, le risque d’un nouvel XFL échec paraît d’autant plus élevé dans un contexte où la visibilité et l’engagement du public sont nettement moindres. Pour enchaîner logiquement, la section suivante explore comment la concurrence et la qualité du vivier de joueurs aggravent encore cette situation.
