Divertissement

En continuité avec les thèmes culturels de l’époque, Stranger Things se présente comme une véritable lettre d’amour aux années 80 : mode, loisirs, centres commerciaux et bandes-son y sont omniprésents. La série a su capter l’attention d’un large public grâce à ses personnages attachants, son intrigue rythmée et, surtout, sa forte charge de nostalgie.
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Erreur — les phares orange des vélos :
Les vélos des enfants sont globalement fidèles à l’époque, mais leurs phares affichent une teinte orange anachronique. Ce rendu provient vraisemblablement de filtres d’éclairage utilisés en tournage (des « gels ») laissés ou choisis pour l’esthétique, alors que les phares pédalés des années 80 n’émettaient pas cette couleur.
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Vrai — le Starcourt Mall convaincant :
Le centre commercial Starcourt plonge immédiatement dans la nostalgie : son décor rappelle parfaitement les malls des années 80. Le choix d’un site construit à cette période et la reconstitution minutieuse des boutiques (glaces, photo studio, enseignes de prêt-à-porter) renforcent l’illusion, malgré quelques libertés sur des enseignes précises.
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Erreur — des talkies-walkies trop récents et coûteux :
Les modèles utilisés (type TRC-214) n’étaient pas disponibles en 1983 et, à l’époque, un appareil comparable coûtait relativement cher, peu accessible pour tous les enfants du quartier. Néanmoins, ces talkies servent efficacement la narration comme équivalent pratique du portable.
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Vrai — les vêtements reflètent l’époque et les personnages :
La garde-robe respecte l’esprit des années 80 (motifs vifs, short très courts, jeans épais) tout en traduisant la personnalité et le milieu social des personnages. Certaines pièces, bien que recréées, auraient été tout à fait plausibles dans une petite ville de l’époque.
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Erreur — la voiture de Barb :
Le cabriolet Volkswagen attribué à Barbara correspond à un modèle de 1988, donc postérieur à la chronologie de la série. L’équipe a privilégié l’esthétique et l’adéquation du véhicule au personnage plutôt que la stricte exactitude chronologique.
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Vrai — langage et argot d’époque :
Les répliques des enfants reprennent de nombreux termes d’usage dans les années 80 (par exemple « cool », « weirdo », « gross »), parfois hérités des décennies précédentes, ce qui rend les dialogues crédibles pour des adolescents de cette période.
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Erreur — quelques éléments de supermarché inappropriés :
La fameuse scène au supermarché contient des anachronismes visibles, comme une marque de chewing-gum introduite bien plus tard et des véhicules modernes aperçus en arrière-plan. Ces détails de continuité sont discrets, mais perceptibles pour l’œil attentif.
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Vrai — la liberté de l’enfance à vélo :
La série illustre fidèlement une époque où les enfants jouaient et circulaient librement dans le voisinage après l’école — une liberté qui s’est considérablement réduite à la fin du XXe siècle.
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Erreur — la table périodique en classe :
Une scène montre un tableau périodique contenant des éléments qui n’ont été découverts qu’après les années 80. Il s’agit d’une table moderne, donc pas strictement fidèle à l’affichage scolaire de 1983.
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Nuancé — la figurine du Demogorgon :
Le monstre Demogorgon est bien un élément de la culture Dungeons & Dragons d’époque, mais la figurine spécifique utilisée par les enfants dans la série n’existait pas encore tel quel en 1983 : la représentation est donc à la fois authentique dans l’esprit et anachronique dans le détail.
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Erreur notable — la skyline de Chicago :
Lors d’une séquence en ville, l’horizon visible est manifestement moderne et ne correspond pas à la silhouette urbaine des années 80. Cette incohérence, même brève, a été largement remarquée par les spectateurs familiers de la ville.
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Nuancé — la manière de jouer à D&D :
La culture du jeu de rôle est bien rendue : AD&D était populaire chez les jeunes de l’époque. En revanche, certains aspects mécaniques de la partie (résolutions de jets, capacités du monstre) ne suivent pas toujours strictement les règles anciennes, mélangeant authenticité et simplification scénaristique.
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Erreur — la montre de Dustin :
Dustin porte une Casio F-91W, modèle commercialisé en 1991, donc postérieur à la période de la première saison. C’est un petit anachronisme d’accessoire au regard de son profil de geek technophile.
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Vrai — la musique, un point fort :
La sélection musicale et la bande-son synthétique respectent l’esthétique des années 80. Des morceaux comme « Should I Stay Or Should I Go? » ou « Africa » contribuent puissamment à l’immersion et à la charge émotionnelle des scènes.
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Erreur — diffusion à domicile d’un film encore indisponible en VHS :
Un personnage regarde John Carpenter’s The Thing à la maison, alors que la sortie commerciale du film en vidéo grand public n’a eu lieu qu’années plus tard, ce qui constitue un petit anachronisme sur le plan de la disponibilité domestique.
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Vrai — décors intérieurs très années 80 :
Les intérieurs (boiseries, papiers peints voyants, moquettes) reflètent avec fidélité les tendances domestiques qui perduraient dans de nombreuses maisons de classe moyenne à cette époque.
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Erreur — jouet Transformers trop récent :
Plus tard, un jouet Ultra Magnus apparaît alors qu’il n’a été commercialisé qu’en 1986, là encore légèrement hors chronologie par rapport à la saison concernée.
Ces choix montrent que Stranger Things mise sur une atmosphère d’ensemble solidement ancrée dans les années 80, tout en acceptant des libertés ponctuelles pour servir l’image, l’esthétique ou la narration. La série demeure une référence pour quiconque s’intéresse à la nostalgie pop et à la reconstitution culturelle de cette décennie.
