Savoie : une « revenante » de l’État islamique rejugée à Paris

par Sophie
0 commentaires
A+A-
Reset
Savoie : une « revenante » de l'État islamique rejugée à Paris
France, Syrie, Turquie

Emilie K., une femme de 34 ans originaire d’Albertville en Savoie, est rejugée depuis ce lundi par la cour d’assises spéciale de Paris. Condamnée par défaut en 2020 à vingt ans de réclusion criminelle, elle doit répondre de son adhésion au groupe État islamique en Syrie entre 2014 et 2016. Elle est la première Française rapatriée à bénéficier d’un nouveau procès après une condamnation prononcée en son absence.

Un départ motivé par l’attachement sentimental

Partie rejoindre son mari combattant au printemps 2014, l’accusée a décrit une relation de dépendance affective débutée dès l’âge de 16 ans. Élevée en Savoie sans éducation religieuse particulière, elle a expliqué avoir suivi Mohamed Tahar Tamine par amour, affirmant que sa vie n’avait plus de sens sans lui. Son époux s’était radicalisé au sein d’une mosquée salafiste d’Albertville avant de rejoindre les rangs de l’organisation terroriste.

Quatre ans de séquestration en Syrie

En Syrie, Emilie K. affirme s’être consacrée uniquement à son foyer et assure n’avoir été témoin d’aucune atrocité. Après la mort de son mari en juillet 2016 lors de combats à Manbij, elle a tenté de fuir le territoire contrôlé par Daesh pour échapper à un remariage forcé. Son parcours d’évasion a été marqué par des épreuves traumatisantes, incluant un viol par un passeur et une séquestration de quatre ans par des combattants de l’Armée syrienne libre.

Une réinsertion professionnelle en cours

Libérée en 2020 puis passée par la Turquie, elle a finalement été rapatriée en France en avril 2023. Après un an de détention provisoire, elle a été placée sous bracelet électronique au printemps 2024. Son employeuse actuelle, qui l’a recrutée dans le secteur de la restauration, a souligné son sérieux et son évolution professionnelle au sein de l’entreprise lors de son témoignage. Le verdict est attendu ce jeudi, l’accusée encourant théoriquement jusqu’à trente ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste.

Suggestions d'Articles

Laisser un Commentaire