Colère agricole: Convois interdits, la Coordination rurale persiste

par Olivier
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Colère agricole: Convois interdits, la Coordination rurale persiste

La Coordination rurale entend porter les « doléances » des agriculteurs à Paris malgré l’interdiction gouvernementale des convois de tracteurs, a déclaré son président, très remonté après un rendez‑vous avec le Premier ministre, qui reçoit les syndicats agricoles jusqu’à mardi.

Selon plusieurs arrêtés préfectoraux consultés, les mouvements et convois de tracteurs sont interdits dans la majeure partie de la France jusqu’à jeudi, visiblement pour empêcher toute tentative de blocage de la capitale avec ces engins.

Les crises sont nombreuses et, depuis début décembre, la colère des agriculteurs monte : épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) touchant les bovins ; cours faibles du blé et prix élevés des engrais qui pèsent sur les céréaliers ; menace d’une concurrence accrue des pays latino‑américains du Mercosur ; négociations ardues à venir sur la politique agricole commune (PAC) européenne ; détresse des viticulteurs.

Une mobilisation pacifique « même si la moitié doit finir en garde à vue »

« On montera » porter les « doléances » des agriculteurs à Paris, de façon « pacifique » et « même si la moitié doit finir en garde à vue », a déclaré à la sortie de Matignon Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole. La Coordination rurale espère l’arrivée de ses cortèges pacifiques aux abords de Paris à compter de jeudi.

Se disant « maltraité » par le gouvernement et n’ayant reçu que des réponses « vagues » du Premier ministre, il a ajouté que ses troupes « remontées » ne lâcheraient « rien », notamment pour obtenir la fin de l’abattage total des foyers contaminés par la dermatose bovine.

Habituée des actions coup de poing, la Coordination rurale est, depuis début décembre, avec la Confédération paysanne, le fer de lance de la contestation contre la gestion de cette maladie, qui a ravivé une colère plus large.

« C’est pas un arrêté de circulation qui va nous empêcher de rouler demain […] On passera par les champs, par les bois, par les forêts », a renchéri Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers, depuis le Sud‑Ouest, bastion historique du syndicat.

La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs toujours mobilisés localement

« On restera mobilisés » contre l’accord UE‑Mercosur, a déclaré Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs, à la sortie du rendez‑vous, annonçant, si l’accord devait être signé comme la Commission européenne l’espère dans les prochains jours, une mobilisation au Parlement européen le 19 janvier. Il n’a pas donné de détails sur la mobilisation des prochains jours.

La FNSEA, reçue mardi à Matignon, avait lancé ses tracteurs à l’assaut de la capitale début 2024 et a appelé à la « mobilisation nationale » dimanche. Cela pourrait donner de l’ampleur au mouvement mais ses actions semblent pour le moment locales et ne se dirigent pas vers de grands déplacements.

Plusieurs actions ou blocages routiers ont été dénombrés par la gendarmerie lundi, notamment sur les autoroutes A75 (Lozère), A64 (Haute‑Garonne), A51 (Isère), A84 (Manche) et sur l’A7 à différents niveaux, notamment aux abords de Lyon.

« On ne bouge pas »

Après des premières rencontres à Matignon et à l’Élysée en décembre, le gouvernement a promis « de nombreuses mesures » « tout au long du mois de janvier ».

Pour l’heure, les syndicats jugent ces promesses « insuffisantes ». « On ne bouge pas jusqu’à ce que le gouvernement réponde à nos sollicitations » concernant la dermatose ou l’accord avec le Mercosur, a déclaré Laurence Chanove, animatrice régionale de la Coordination rurale, sur un barrage routier au sud de Lyon.

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