Fermé depuis le printemps 2024, le point de passage de Rafah, reliant la bande de Gaza à l’Égypte, a connu une réouverture très partielle ce dimanche. Vital pour l’acheminement de l’aide humanitaire, ce corridor stratégique est désormais soumis à un contrôle strict de la part d’Israël. Pour l’heure, les mouvements autorisés restent limités à certaines catégories spécifiques d’habitants du territoire palestinien.
Cette reprise d’activité était une exigence majeure de l’ONU et de nombreuses ONG internationales, soucieuses d’apporter une assistance à une enclave dévastée par deux années de conflit. Toutefois, les conditions imposées par l’État hébreu ne répondent que partiellement à ces attentes. Le Cogat, organe du ministère israélien de la Défense en charge des affaires civiles dans les territoires occupés, a précisé qu’il s’agissait du lancement d’une phase pilote, menée en coordination avec la mission de l’Union européenne (EUBAM).
Une mise en œuvre complexe et des évacuations médicales en attente
Dans une bande de Gaza en ruines, l’attente est immense. Selon un responsable du ministère de la Santé local, environ 200 patients nécessitant des soins urgents espéraient cette réouverture pour être transférés vers l’Égypte. Parallèlement, une quarantaine de fonctionnaires de l’Autorité palestinienne attendaient également l’approbation israélienne pour franchir la frontière.
Le Cogat a averti que tout mouvement d’entrée ou de sortie nécessiterait une autorisation sécuritaire préalable d’Israël. Des sources sur place ont indiqué qu’aucun accord définitif n’avait encore été scellé concernant le nombre exact de personnes autorisées à circuler. La position de l’Égypte consiste à laisser entrer tout Palestinien ayant obtenu le feu vert des autorités israéliennes pour sortir.
Transition politique et cessez-le-feu précaire
Au-delà de l’aspect humanitaire, cette réouverture possède une dimension politique. Elle doit permettre l’entrée à Gaza des 15 membres du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG). Ce groupe est chargé de la gestion transitoire du territoire, sous la supervision d’un Conseil de paix présidé par Donald Trump. Le plan américain envisage à terme une réouverture totale du passage pour clore le conflit.
Néanmoins, la situation sur le terrain demeure volatile. Cette initiative intervient dans le cadre d’un cessez-le-feu particulièrement fragile entre Israël et le Hamas. La veille de la réouverture, des frappes ont encore causé la mort de 32 personnes selon la Défense civile locale, marquant l’une des journées les plus sanglantes depuis l’instauration de la trêve en octobre 2025.
Enfin, il est à noter que cette réévolution de la situation à Rafah était conditionnée par Israël au retour de la dépouille de Ran Gvili. Le corps de ce dernier otage retenu à Gaza a été restitué le 26 janvier, levant ainsi le dernier blocage à cette réouverture sous haute surveillance.
