Iran : Pezeshkian critique l’approche douce envers les USA

par Olivier
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Iran : Pezeshkian critique l'approche douce envers les USA
Iran, États-Unis

Portrait de Massoud Pezeshkian

L’Iran a longtemps habitué l’Occident à un langage particulièrement dur envers les États-Unis. Cependant, lors d’une interview accordée à la presse américaine lundi, le président iranien Massoud Pezeshkian a opté pour un ton plus conciliant. Cette attitude modérée suscite aujourd’hui la controverse en Iran, où les médias conservateurs dénoncent un discours « trop doux » envers un pays qui a récemment bombardé des sites nucléaires iraniens.

Élu notamment sur la promesse de renouer le dialogue avec l’Occident afin d’obtenir la levée des sanctions économiques pesant sur l’Iran, Massoud Pezeshkian s’est entretenu avec l’animateur américain Tucker Carlson, proche de l’ancien président Donald Trump. Lors de cette entrevue diffusée lundi, le président iranien a affirmé que son pays n’avait « aucun problème » à reprendre des discussions avec les États-Unis, malgré la récente campagne de bombardements menée en juin par Israël, avec le soutien américain, visant des infrastructures nucléaires iraniennes.

Des mains « tachées du sang de notre peuple »

Le quotidien conservateur Kayhan, connu pour son opposition farouche à l’Occident et aux négociations nucléaires, s’interroge cyniquement : « Est-il juste de s’asseoir à nouveau, sans condition, à la même table que ceux qui ont déjà largué des bombes ? ». En effet, depuis avril, les États-Unis sont engagés dans des pourparlers avec l’Iran sur son programme nucléaire, mais le 22 juin, ils ont soutenu un bombardement israélien sur le site souterrain d’enrichissement d’uranium de Fordo, situé au sud de Téhéran, ainsi que sur des installations nucléaires à Ispahan et Natanz, au centre du pays. L’ampleur exacte des dégâts n’a pas été révélée.

« Face à un ennemi dont les mains sont tachées jusqu’aux coudes du sang de notre peuple […] n’y a-t-il pas d’autre solution que de rester ferme ? », insiste Kayhan, dont le directeur est nommé par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, l’autorité ultime en matière de politique étrangère. Selon un dernier bilan officiel, au moins 1 060 personnes ont perdu la vie en Iran durant la guerre éclair de 12 jours déclenchée le 13 juin par Israël, à laquelle les États-Unis ont prêté main forte.

Des mots jugés trop « gentils »

Le journal conservateur Javan critique les propos jugés « un peu trop doux et gentils » du président Pezeshkian à l’égard des États-Unis. « Le véritable sens d’une conversation avec un présentateur américain doit refléter la colère du public iranien et sa méfiance totale envers l’Amérique », écrit-il.

À l’inverse, le quotidien réformiste Ham Mihan salue la « démarche positive » de Massoud Pezeshkian. Il considère que cette interview « aurait dû avoir lieu depuis longtemps » et déplore que les responsables iraniens soient « malheureusement absents depuis longtemps de l’espace médiatique international et américain ».

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