Quatre ans après le début du conflit en Ukraine, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a pris une décision marquante. Le régulateur français a en effet ordonné le blocage de trente-cinq sites internet appartenant à des médias russes, ainsi que la restriction de l’accès à plusieurs chaînes de télévision et stations de radio via des plateformes de streaming.
Cette mesure stricte s’inscrit dans le cadre de l’application des sanctions européennes. L’autorité indépendante a précisé avoir mis en demeure les éditeurs de ces services avant de solliciter les acteurs d’internet. Les fournisseurs d’accès, les gestionnaires de noms de domaine et les moteurs de recherche ont ainsi été enjoints de procéder au blocage et au déréférencement immédiat de ces plateformes officielles de médias ciblés par les sanctions.
Des médias spécifiques visés par le déréférencement
Parmi les adresses concernées par cette vague de restrictions figurent notamment des sites tels que sputniknews.lat, rtenfrancais.tv, news-front.su, southfront.press ou encore strategic-culture.su. L’objectif de cette démarche est de limiter drastiquement la visibilité et l’influence de ces canaux de communication sur le territoire national.
En parallèle, l’Arcom a étendu sa demande aux moteurs de recherche pour faire disparaître les pages de quatre plateformes de streaming. Ces dernières permettaient jusqu’alors d’accéder à des services audiovisuels russes pourtant sous le coup de sanctions internationales. L’institution affirme mobiliser l’intégralité des moyens à sa disposition pour entraver la diffusion de ces contenus et empêcher leur reprise sur d’autres réseaux en ligne accessibles en France.
Une politique de restriction amorcée dès 2022
Cette série de blocages s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Dès l’année 2022, l’opérateur satellitaire français Eutelsat avait dû cesser la diffusion de chaînes telles que NTV Mir, Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV. Le régulateur avait alors pointé du doigt des programmes incitant à la haine et à la violence, tout en bafouant le principe fondamental de l’honnêteté de l’information.
Au cours de cette même année, la déclinaison francophone de la chaîne RT avait également vu sa diffusion interrompue, en stricte conformité avec les directives de l’Union européenne interdisant ce média sur l’ensemble de son territoire. Depuis ces premières mesures, d’autres canaux de diffusion, à l’image des chaînes STS et Kanal 5, ont fait l’objet de blocages similaires l’an dernier.
