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Suite à la mort de l’ayatollah Ali Khamenei lors de frappes conjointes américano-israéliennes le 28 février dernier, son fils, Mojtaba Khamenei, a été désigné nouveau Guide suprême de la République islamique d’Iran.
Bien qu’il ait été blessé lors de cette même attaque, selon des sources proches de la présidence iranienne, il a officiellement pris les rênes du pouvoir. Depuis sa nomination, le dirigeant de 56 ans n’est pas apparu publiquement. La gravité de ses blessures reste incertaine, mais son profil radical soulève déjà une question majeure : les États-Unis ou Israël chercheront-ils à l’éliminer à son tour ?
Une cible stratégique pour Israël et les États-Unis
Perçu comme encore plus intransigeant que son père et proche des factions ultraconservatrices, Mojtaba Khamenei pourrait voir son élimination envisagée par certains stratèges comme un moyen d’entraver le régime. Les récentes opérations ayant coûté la vie à Ali Khamenei et à de hauts responsables militaires prouvent que les alliés occidentaux ne s’imposent plus de limites dans la neutralisation des dirigeants iraniens.
Le ministre de la Défense israélien a d’ailleurs clairement averti que tout successeur deviendrait immédiatement une cible. Cette logique de « décapitation du régime » n’est toutefois pas une surprise. Selon Adel Bakawan, directeur de l’Institut européen pour les études sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (EISMENA), Mojtaba Khamenei était déjà dans le viseur des services israéliens et américains depuis les événements du 7 octobre 2023, en raison de son statut et de son influence.
Le véritable architecte du pouvoir iranien
Loin d’être une simple figure de proue imposée par les Gardiens de la révolution, le nouveau Guide suprême tire les ficelles de l’État depuis deux décennies. En tant que chef de bureau de son père, il exerçait une autorité de fait sur les piliers du pays.
Cette double casquette lui a permis de contrôler les domaines militaire, économique et diplomatique de la nation. Une position centrale qui faisait de lui la main invisible gérant les rouages les plus stratégiques de la République islamique.
La résilience d’un système décentralisé
Contrairement aux dictatures irakienne de Saddam Hussein ou syrienne de Bachar el-Assad, où la chute du leader entraîne celle du système, le régime iranien ne s’effondrerait pas avec la mort de son Guide suprême. Le pouvoir à Téhéran s’est profondément institutionnalisé autour d’un principe de décentralisation.
Il n’existe pas de centre névralgique unique dont la destruction signerait la fin de la République islamique. Si le nouveau dirigeant venait à disparaître, de nombreux ayatollahs seraient prêts à lui succéder. De plus, de potentiels assassinats comporteraient un effet boomerang majeur : ils risqueraient de ressouder le régime et de remobiliser sa base. Récemment, des partisans du pouvoir se sont ainsi massivement rassemblés à Téhéran pour afficher leur soutien au nouveau Guide, malgré les bombardements intenses des derniers jours.
Une traque sous haute sécurité
Face à la menace, Mojtaba Khamenei bénéficie d’une protection maximale. Touché aux jambes mais conscient, il serait actuellement abrité dans un complexe hautement sécurisé et entouré d’unités d’élite des Gardiens de la révolution, avec des moyens de communication restreints pour éviter toute localisation spatiale.
Bien qu’Israël l’ait qualifié de tyran et promis de le traquer, l’infiltration des services de renseignement étrangers a ses limites. L’Iran dispose encore de bastions impénétrables, comme le prouve la survie d’autres personnalités clés de la sécurité nationale qui ont échappé aux différentes vagues de frappes. Toutefois, dans ce climat de guerre totale, le niveau de protection du nouveau Guide suprême ne garantit en rien son invulnérabilité absolue.
