Le président de la République, Emmanuel Macron, a exprimé son souhait de voir le système de la consigne faire son retour en France. Lors d’un conseil de planification écologique organisé à Paris, le chef de l’État a officiellement missionné le gouvernement pour lancer une concertation sur la consigne des bouteilles en plastique. Cette initiative vise à intensifier la lutte contre la pollution plastique et à moderniser les méthodes de traitement des déchets sur le territoire national.
Un impératif écologique et réglementaire
Pour Emmanuel Macron, il est désormais nécessaire d’agir concrètement pour atteindre les objectifs de recyclage ambitieux fixés pour l’horizon 2030. Le président a insisté sur le fait que la consigne constitue un levier d’action majeur parmi les pistes étudiées. Il a demandé au gouvernement, sous la direction du Premier ministre, de définir les mesures précises qui permettront de respecter les engagements environnementaux de la France.
L’enjeu est également financier et européen. Le chef de l’État a rappelé que la France s’acquitte actuellement d’une amende d’environ 1,5 milliard d’euros pour le non-respect des normes européennes en matière de consigne. Il a souligné l’urgence de régulariser cette situation pour éviter de telles pertes financières, suggérant que ces fonds pourraient être alloués à d’autres priorités ministérielles.
Une forte résistance des élus locaux
Le projet se heurte toutefois à une vive opposition de la part des collectivités locales. Dès l’annonce de cette concertation, plusieurs associations d’élus ont manifesté leur désaccord. L’Association des maires de France, France urbaine et Intercommunalités de France craignent que la mise en place d’une consigne ne les prive des revenus issus de la revente des plastiques collectés et triés dans leurs propres centres de traitement.
Dans un communiqué commun, ces organisations ont dénoncé ce qu’elles qualifient de « fausse consigne », pointant du doigt des risques d’aberrations environnementales et financières. De son côté, la présidence souligne que l’objectif est de favoriser l’écoconception et le réemploi. Le chef de l’État a affirmé sa volonté d’accompagner les collectivités qui s’engageront dans cette démarche afin de répondre aux obligations imposées par l’Union européenne.
