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La tension ne risque pas de retomber dans le Minnesota. Une juge fédérale a rejeté, ce samedi, la demande formulée par les autorités locales visant à bloquer temporairement les opérations de la police de l’immigration. Ces interventions, orchestrées par l’administration Trump, secouent Minneapolis depuis plusieurs semaines et ont déjà été marquées par la mort de deux manifestants.
Une région sous haute surveillance fédérale
Depuis le lancement de l’opération, des milliers d’agents fédéraux, notamment ceux de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), sillonnent la région. Souvent masqués, ils multiplient les raids pour arrêter les personnes sans papiers en vue de leur expulsion, une priorité affichée du président américain.
Les méthodes employées sont jugées brutales par une partie de la population et les élus locaux. La situation s’est considérablement dégradée suite au décès par balles de deux manifestants, tués par des agents fédéraux alors qu’ils s’opposaient à leur présence. Malgré un froid polaire, des milliers de personnes continuent de protester régulièrement dans les rues de Minneapolis pour exiger la fin de ces opérations qui bouleversent le quotidien de la métropole.
Un revers judiciaire pour les autorités locales
L’État du Minnesota, ainsi que les villes de Minneapolis et St Paul, avaient saisi la justice fédérale pour tenter de stopper l’afflux d’agents. Ils arguaient que ce déploiement massif constituait une violation des droits de l’État garantis par la Constitution.
Cependant, dans une décision de 30 pages rendue en référé, la juge Katherine Menendez a estimé que les arguments présentés n’étaient pas suffisants pour justifier une mesure aussi lourde qu’un blocage temporaire. Cette décision ne préjuge toutefois pas de l’issue finale du dossier : la légalité de l’opération baptisée « Metro Surge » sera examinée sur le fond ultérieurement.
Réactions contrastées entre Washington et Minneapolis
L’administration Trump n’a pas tardé à réagir. La ministre de la Justice s’est félicitée de cette décision, la qualifiant d’énorme victoire judiciaire. Elle a souligné que la magistrate ayant rendu le jugement avait été nommée par le président démocrate Joe Biden, ajoutant sur les réseaux sociaux que ni les villes sanctuaires ni les litiges ne sauraient empêcher l’application de la loi fédérale.
À l’inverse, le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a exprimé sa déception. Il a toutefois rappelé que ce jugement ne changeait rien à la réalité vécue par ses administrés, évoquant la peur et les perturbations causées par une opération fédérale qu’il juge injustifiée.
Des inquiétudes sur le profilage racial
Si la juge Menendez n’a pas ordonné l’arrêt des opérations, elle a néanmoins soulevé des points préoccupants dans ses conclusions. Elle a noté que les plaignants avaient fourni des preuves solides concernant des dérives potentielles.
Selon la magistrate, des agents de l’ICE se seraient livrés à des contrôles au faciès, interrogeant des individus sur leur citoyenneté en se basant sur leur race ou leur origine ethnique supposée. Elle a également reconnu que ces opérations avaient eu, et auraient probablement encore, des conséquences humaines profondes et douloureuses pour les habitants de la région.
