Propos de l’ambassadeur américain sur Israël : tollé international

par Olivier
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Propos de l'ambassadeur américain sur Israël : tollé international
Politique

De vives protestations ont éclaté à travers le monde arabe et musulman à la suite des récentes déclarations de l’ambassadeur des États-Unis en Israël. Mike Huckabee a en effet affirmé que, selon la tradition biblique, l’État hébreu détiendrait des droits sur un territoire s’étendant sur une vaste partie du Moyen-Orient.

Ces propos interviennent dans un contexte régional particulièrement tendu, alors qu’Israël a récemment multiplié les initiatives visant à consolider son contrôle sur la Cisjordanie occupée. Ancien pasteur baptiste et soutien inconditionnel d’Israël, Mike Huckabee a été nommé à ce poste diplomatique en 2025 par le président américain Donald Trump. Ses déclarations ont été tenues lors d’un entretien avec le commentateur conservateur Tucker Carlson.

« Ce serait bien s’ils prenaient tout »

Lors d’un podcast diffusé récemment, Tucker Carlson a interrogé l’ambassadeur sur son interprétation d’un verset de la Genèse. Ce passage biblique suggère qu’Israël possèderait des droits sur les terres situées entre le Nil et l’Euphrate, une zone géographique allant de l’Égypte jusqu’à l’Irak et la Syrie.

En réponse, Mike Huckabee a confirmé cette vision. Il a déclaré que cette description engloberait pratiquement l’ensemble du Moyen-Orient, avant d’ajouter : « Ce serait bien s’ils prenaient tout ».

Face à ces affirmations, plus d’une dizaine de pays, incluant les États du Golfe, l’Égypte, la Turquie et l’Indonésie, ainsi que des organisations telles que la Ligue arabe, ont publié une déclaration commune. Ils y expriment leur ferme condamnation et leur profonde préoccupation, qualifiant ces propos de dangereux et d’incendiaires, et estimant qu’ils constituent une menace grave pour la stabilité régionale.

Réactions internationales et accusations

D’autres acteurs de la région ont également fait part de leur indignation. L’Iran, par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, a accusé l’ambassadeur de révéler la complicité active des États-Unis dans ce qu’il qualifie de guerres d’agression menées par Israël contre les populations palestiniennes.

De son côté, l’Autorité palestinienne, dont le siège se trouve en Cisjordanie, a souligné que les déclarations de Mike Huckabee entraient en contradiction avec la position officielle du président américain Donald Trump, qui avait précédemment rejeté l’idée d’une annexion de la Cisjordanie par Israël.

Les enjeux territoriaux face au Conseil de paix

Sur le terrain, Israël intensifie son emprise sur la Cisjordanie, un territoire occupé depuis 1967. Des secteurs théoriquement sous le contrôle de l’Autorité palestinienne, selon les accords d’Oslo des années 1990, sont particulièrement concernés. L’Organisation des Nations unies a récemment qualifié ces mesures d’annexion progressive de facto. Actuellement, plus de 500 000 Israéliens résident dans des colonies jugées illégales par le droit international en Cisjordanie, au cœur d’une population d’environ trois millions de Palestiniens. Malgré les critiques, l’ambassadeur américain n’a pas retiré ses propos.

La Ligue arabe a par ailleurs déploré que ces déclarations extrémistes attisent les tensions religieuses et nationalistes au moment même où s’ouvre le Conseil de paix initié par Donald Trump. Lancé à Washington, ce sommet a pour ambition de structurer le financement de la reconstruction de la bande de Gaza après la guerre.

Le territoire palestinien a subi de lourdes destructions au cours de l’offensive israélienne, lancée en riposte à l’attaque inédite du Hamas le 7 octobre 2023. Alors qu’une trêve fragile a été instaurée en octobre 2025, les échanges de tirs demeurent quotidiens. Lors de ce conseil, une vidéo a été projetée, imaginant Gaza d’ici dix ans comme un territoire autonome, pacifié, prospère et parsemé de gratte-ciel.

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