UAP : Michael Shermer s’excuse publiquement auprès du whistleblower David Grusch

UAP : Michael Shermer s’excuse publiquement auprès du whistleblower David Grusch

Huit jours après l'annonce de sa nomination au UAP Science Advisory Council piloté par Avi Loeb, le sceptique Michael Shermer a reconnu sur X que ses tweets passés sur le whistleblower David Grusch étaient « snide and snarky ». Une séquence courte, publique, qui constitue la première fissure visible au sein du tout jeune conseil officiel.

Huit jours après l’annonce de sa nomination au UAP Science Advisory Council piloté par l’astrophysicien d’Harvard Avi Loeb, le sceptique américain Michael Shermer a présenté, lundi 22 juin 2026, des excuses publiques au whistleblower David Grusch sur X. La séquence, révélée mardi 23 juin par Cybernews, constitue la première fissure visible au sein du tout jeune conseil officiel, et illustre la tension que la composition même du panel rendait prévisible : placer, autour de la même table, des scientifiques chargés d’exiger des preuves et un témoin dont les allégations extraordinaires sont précisément ce que ces scientifiques sont censés évaluer.

Le déclencheur est daté du 21 juin. Le journaliste d’investigation australien Ross Coulthart — dont les interviews ont largement contribué à médiatiser les allégations de Grusch — a publiquement interpellé Shermer sur X en rappelant que ce dernier avait supprimé, après sa nomination, les « puerile and snide tweets » qu’il avait écrits sur l’ancien officier de renseignement US lors de son interview explosive de juin 2023 sur NewsNation. Coulthart accompagne son message d’une interrogation plus politique : comment s’étonner, alors, de la résistance d’une communauté qui demande de la transparence ?

« X posts can be snide and snarky »

La réponse de Shermer, le 22 juin, marque une forme de bascule. L’éditeur fondateur de Skeptic reconnaît que ses messages en ligne « can be snide and snarky responses to extraordinary claims made there with 0 evidence in support (such as that we know aliens are here) », avant d’indiquer avoir supprimé ses critiques et de présenter des excuses directes à Grusch — lequel, précise Shermer, ne semble pas disposer de compte X.

La défense de principe, toutefois, reste intacte. Shermer ne retire rien du fond : il a critiqué des allégations extraordinaires sans preuves, et continue de penser que c’est son rôle de le faire. La rétractation est de ton, pas de position. C’est précisément ce qui rend l’épisode intéressant à observer : sur un sujet saturé d’injonctions au respect, le geste public montre qu’un même acteur peut à la fois reconnaître la brutalité de sa méthode et défendre la légitimité de son exigence sceptique.

Un contexte de nomination sensible

L’épisode prend un relief particulier au regard de la composition du UAP Science Advisory Council, annoncée officiellement le 15 juin 2026 par Skeptic magazine et la Skeptics Society, à la demande de la Maison Blanche et en coordination avec AARO, ODNI et FBI. Shermer y est explicitement présenté comme l’apport de « décennies d’expérience en scepticisme scientifique, investigation d’anomalies et communication publique ». Le conseil, présidé par Avi Loeb, réunit aussi des chercheurs en astrophysique, océanographie, biologie moléculaire, anthropologie, psychologie et IA. Pour le contexte de cette nomination, on peut relire notre article du 19 juin qui décryptait la composition et les premières questions de transparence posées, ainsi que celui du 21 juin sur la première réunion du UAP Governance Board chapeautant le dispositif.

La nomination elle-même avait été saluée par les défenseurs de la rigueur méthodologique, et regardée avec méfiance par une partie de la communauté UFO, qui y voyait un verrou institutionnel supplémentaire sur des dossiers que le gouvernement américain déclassifie par ailleurs depuis plusieurs mois. La séquence Shermer-Grusch, à peine une semaine plus tard, reformule exactement cette tension — mais cette fois à l’intérieur même du dispositif officiel, et non plus depuis l’extérieur.

Un pari public Loeb-Shermer en arrière-plan

L’épisode résonne aussi avec un autre fait documenté : en novembre 2025, Shermer et Avi Loeb ont officialisé un pari public de 1 000 dollars, courant jusqu’à la fin 2030, qui ne peut être remporté par Loeb que si la NASA, la National Science Foundation ou l’American Astronomical Society déclare officiellement la découverte d’une vie extraterrestre. Shermer, sur X en décembre 2025, résume la chose en une phrase : « I’ve got $1000 bet that it’s not coming in 2025, 2026, 2027, 2028, 2029 or 2030… or ever because space aliens have not come to Earth. But I’m happy to be proven wrong. »

Ce pari public n’a pas valeur de prédiction scientifique, mais il a valeur de signal : les deux hommes qui président désormais ensemble la gouvernance UAP officielle ont, devant leurs audiences respectives, posé des dés différents sur la même question. La fissure ouverte cette semaine entre Shermer et Grusch ne dit rien sur la réalité physique des allégations ; elle documente, en revanche, la difficulté d’un conseil qui doit à la fois accueillir des témoins et appliquer une grille d’évaluation sceptique.

Ce qu’il reste à observer

Trois inconnues, à ce stade, conditionnent la suite. Premièrement, la réaction publique de David Grusch, qui n’a, à ce jour, pas de compte X connu et n’a pas répondu dans nos sources. Deuxièmement, la position d’Avi Loeb, qui n’a, sur la base des éléments disponibles, pas encore commenté publiquement l’échange entre son codisciple du conseil et le témoin central de plusieurs procédures de déclassification en cours. Troisièmement, et plus structurellement, la manière dont AARO et la Maison Blanche arbitreront, à terme, les arbitrages internes au conseil.

Le conseil, pour mémoire, a été présenté comme un organe de guidance scientifique, et non comme une instance décisionnelle : ses conclusions transitent par un UAP Governance Board de niveau supérieur avant toute publication. La séquence Shermer-Grusch, en ce sens, n’est pas un incident isolé : c’est le premier cas observable d’un mécanisme de friction interne rendu public, et c’est précisément ce mécanisme qui dira, dans les mois qui viennent, si la composition volontairement hétérogène du conseil tient — ou si elle cède sous son propre équilibre.

Sources

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