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Les salariés des centres de tri des déchets ménagers font face à des menaces sérieuses pour leur santé. Selon un rapport de l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), ces travailleurs sont exposés à des agents pathogènes, des risques d’incendie et des maladies transmises par les rats. L’organisme plaide pour un renforcement immédiat des mesures de prévention.
Cette alerte intervient alors que le volume de déchets destinés au tri devrait augmenter de manière significative, porté par les nouvelles réglementations sur le recyclage. Environ 10 000 salariés travaillent actuellement dans ce secteur en France, où les actions de protection restent encore insuffisantes à ce jour.
Une prolifération de micro-organismes dangereux
Les professionnels du tri sont particulièrement exposés à des agents biologiques nocifs. Les restes alimentaires présents dans les emballages favorisent la multiplication de micro-organismes pathogènes, un phénomène accentué par la chaleur et l’humidité. L’Anses prévient que le dérèglement climatique et la hausse des températures pourraient aggraver cette situation à l’avenir.
Les mesures effectuées révèlent des concentrations de toxines bactériennes, appelées endotoxines, extrêmement élevées. Dans certains cas, ces niveaux dépassent de 100 fois les limites d’exposition professionnelle recommandées par l’Anses. Pour limiter ces risques, l’agence préconise de réduire la durée de stockage des déchets, que ce soit dans les bacs de collecte ou au sein même des centres de tri.
Leptospirose et risques d’incendie
Le rapport souligne également une présence inquiétante de maladies transmissibles par les rats, attirés par les centres de tri. Les cas de leptospirose et d’aspergillose sont ainsi surreprésentés chez ces travailleurs par rapport au reste de la population ouvrière générale.
Au-delà des risques sanitaires, la sécurité physique est menacée par des explosions et des départs de feu. Entre 2010 et 2022, la base de données Aria a recensé 39 accidents majeurs en centre de tri, dont 34 étaient des incendies. Ces sinistres sont fréquemment provoqués par des batteries au lithium, qui sont trop souvent mal orientées lors du tri initial par les usagers.
Une nécessaire prise de conscience collective
Face à ces dangers, l’Anses appelle à une meilleure organisation du travail et à un suivi médical renforcé pour ces employés, dont le statut est souvent précaire. Clémence Fourneau, coordinatrice du rapport, rappelle également la responsabilité des citoyens : la façon dont chacun trie ses déchets a un impact direct sur la sécurité des travailleurs situés en aval de la chaîne de recyclage.
