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Le conflit au Moyen-Orient pèse lourdement sur l’agriculture française. Depuis le début des tensions, le prix des engrais s’envole, menaçant l’équilibre économique des exploitations et les rendements futurs. Alors que le détroit d’Ormuz voyait transiter environ 30 % de la production mondiale avant son blocage, les agriculteurs européens font face à une crise d’approvisionnement majeure.
Une flambée des prix sans précédent
Les fertilisants azotés, piliers de l’agriculture conventionnelle, subissent une inflation record. Le prix de la tonne d’urée a franchi la barre des 500 €, contre 380 € avant le début du conflit. Selon le ministère de l’Agriculture, cette hausse atteint 70 % depuis 2024. Cette situation fragilise la France, qui ne produit qu’un tiers de ses besoins et importe chaque année près de cinq millions de tonnes d’engrais, dont une part importante provient du Golfe Persique.
Le blé et les céréales en première ligne
Toutes les cultures ne sont pas égales face à ce besoin en nutriments. En Beauce, presque 100 % des parcelles dépendent des engrais minéraux. Le blé tendre s’impose comme le plus gros consommateur, avec environ 200 kg d’azote minéral par hectare, complétés par du phosphore, de la potasse et du soufre. Le colza et l’orge d’hiver suivent de près ce trio de tête particulièrement gourmand en fertilisants.
Pommes de terre et betteraves : une forte dépendance
La pomme de terre figure également parmi les cultures les plus exigeantes. Elle nécessite environ 150 kg d’azote et 170 kg de potasse par hectare. Ces apports massifs soulèvent aussi des enjeux environnementaux, notamment concernant les rejets de phosphate qui peuvent favoriser la prolifération de cyanobactéries dans les cours d’eau. La betterave sucrière complète la liste des végétaux très demandeurs en fertilisants minéraux.
Des disparités régionales marquées
Le maïs, bien que gourmand, se distingue par l’utilisation prépondérante d’engrais organiques, comme le lisier ou le fumier, issus de l’élevage. Cette pratique est particulièrement répandue en Bretagne. En comparaison, les régions Hauts-de-France et Île-de-France utilisent deux à trois fois plus d’engrais de synthèse à l’hectare que la Bretagne ou l’Auvergne-Rhône-Alpes, selon les rapports officiels sur la souveraineté alimentaire.
Vers une réduction de la dépendance
Face à l’incertitude géopolitique, la profession agricole explore des pistes pour limiter son recours aux produits importés. La diversification des cultures, le choix de variétés moins exigeantes en azote et l’utilisation de légumineuses comme engrais verts font partie des solutions envisagées pour assurer la pérennité des prochaines récoltes.
