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Le propriétaire d’Editis, Daniel Kretinsky, a pris la parole pour réaffirmer son attachement à l’autonomie des maisons d’édition au sein de son groupe. En pleine tourmente dans le secteur littéraire, le milliardaire tchèque a qualifié l’indépendance des éditeurs de « sacrée », une déclaration qui intervient dans un contexte de vives tensions chez son concurrent Grasset.
Un soutien marqué à Olivier Nora
Cette prise de position fait suite au limogeage d’Olivier Nora, le dirigeant de Grasset, maison emblématique appartenant au groupe Hachette. Bien que Daniel Kretinsky se refuse à critiquer ouvertement les décisions de Hachette, désormais sous l’influence de l’homme d’affaires Vincent Bolloré, il a tenu à saluer le parcours de Nora. Il a décrit ce dernier comme une figure incontournable de l’édition, lui souhaitant de continuer à jouer un rôle stratégique dans le milieu.
La vision stratégique d’Editis
Acquis en 2023, le groupe Editis rassemble 55 maisons d’édition prestigieuses, dont Robert Laffont, Plon ou encore Julliard. Pour son propriétaire, la liberté de création demeure la règle absolue, avec pour seules limites le respect de la loi et des valeurs démocratiques fondamentales. Kretinsky souligne une divergence de philosophie de gestion par rapport au groupe Bolloré, affirmant que ses auteurs et éditeurs peuvent témoigner de cette autonomie réelle.
L’OPA sur Fnac Darty et l’équilibre du marché
Le milliardaire a également apporté des précisions sur son projet de prise de contrôle majoritaire du groupe Fnac Darty. Actuellement détenteur de 28,5 % du capital via sa société EP Group, il prévoit de franchir le seuil des 50 % si les autorités de Bruxelles donnent leur accord. Il assure toutefois qu’Editis et Fnac Darty resteront des entités totalement distinctes, dotées de directions et d’équipes commerciales indépendantes.
Pour justifier cette séparation, Daniel Kretinsky avance un argument économique : Fnac Darty ne représente que 14 % du chiffre d’affaires d’Editis. Selon lui, favoriser ce réseau au détriment des autres canaux de distribution, qui constituent 86 % des ventes, serait une décision irrationnelle. Il a d’ailleurs cité l’exemple de Lagardère, qui gère à la fois Hachette Livre et le réseau de points de vente Relay sans que cela ne perturbe la structure du marché du livre.
