Un climat de tension règne actuellement chez l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft. Confrontés à un nouveau plan d’économies drastique et à la remise en cause des accords de télétravail, les salariés expriment de vives inquiétudes quant à leur avenir. Mardi, plusieurs dizaines d’employés se sont mobilisés devant les locaux de l’entreprise pour entamer une grève de trois jours.
Le rassemblement s’est tenu devant le siège du groupe situé à Saint-Mandé, en Île-de-France. Une trentaine de collaborateurs se sont réunis autour d’un stand syndical, certains arborant des masques de lapins blancs, référence directe aux mascottes célèbres de l’éditeur français.
Un sentiment d’anxiété généralisé
Lola, conceptrice de jeux de 32 ans, témoigne d’une anxiété palpable parmi les 3 800 salariés que compte le groupe en France. Elle dénonce une dégradation continue des conditions de travail, qui ne s’accompagne pourtant d’aucune amélioration visible de la santé économique de l’entreprise.
Ubisoft traverse en effet une zone de turbulences financières depuis plusieurs années, pénalisé par des ventes en baisse. En janvier, la direction a annoncé une réorganisation interne impliquant l’annulation de plusieurs projets de jeux et une cure d’austérité visant à économiser 200 millions d’euros sur deux ans. Pour les employés, la situation s’apparente à une véritable dégringolade.
La fin du télétravail et la crainte de licenciements
Le point de rupture semble avoir été atteint avec la volonté de la direction d’imposer un retour à cinq jours de présence sur site par semaine, assorti d’un simple quota annuel de télétravail. Philippe, graphiste de 39 ans, souligne que ce retour au présentiel intégral risque de compliquer la tâche des équipes travaillant sur plusieurs fuseaux horaires.
Outre ces changements organisationnels, le groupe a dévoilé fin janvier un projet de plan de départs volontaires visant 200 personnes au siège, sur un effectif de 1 100 salariés. Un délégué syndical redoute que cette mesure ne soit que le prélude à des plans sociaux plus vastes, notant que les effectifs du quartier général ont déjà fondu de 10 % en deux ans.
