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La compagnie maritime française TOWT, pionnière du transport de marchandises à la voile, traverse une zone de turbulences majeures. L’entreprise, qui ambitionnait de bâtir la plus vaste flotte mondiale de voiliers-cargos, a été placée en liquidation judiciaire ce vendredi. Cette décision marque un coup d’arrêt brutal pour cette société emblématique de la décarbonation du fret maritime.
Un sursis d’un mois pour trouver un repreneur
Malgré cette procédure, l’activité de la compagnie n’est pas stoppée immédiatement. TOWT dispose d’un délai d’un mois pour poursuivre ses opérations courantes. Les repreneurs potentiels ont jusqu’au 14 avril pour soumettre leurs offres. Selon les informations communiquées par l’avocat de la société, un candidat se serait déjà manifesté pour reprendre les rênes de l’entreprise.
Le poids des taxes et des retards de livraison
Guillaume Le Grand, le fondateur de TransOceanic Wind Transport, pointe plusieurs facteurs extérieurs pour expliquer cette chute. Il évoque notamment des retards dans la livraison des nouveaux navires, mais aussi l’impact des droits de douane imposés par l’administration de Donald Trump. Ces taxes auraient lourdement pesé sur la rentabilité des liaisons opérées entre Le Havre et le continent américain.
Le dirigeant critique également la pression fiscale nationale. Il accuse l’État français d’avoir alourdi les charges pesant sur les marins au moment le plus critique de l’existence de la société, alors que d’autres secteurs auraient bénéficié d’exonérations selon lui.
Un avenir incertain pour les projets en cours
Actuellement, la société emploie 47 personnes et exploite deux voiliers-cargos. En 2025, TOWT avait enregistré un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros. Six navires supplémentaires sont actuellement en construction au Vietnam, avec des livraisons initialement prévues d’ici 2027. Ces bâtiments sont conçus pour réduire les émissions de CO2 de deux tiers par rapport au transport maritime conventionnel.
Cette liquidation intervient alors que l’Assemblée nationale s’apprête à voter une loi visant à favoriser le développement de la propulsion vélique en France. Le fondateur reste toutefois convaincu de la viabilité du modèle économique, soulignant que la demande des clients, notamment pour le transport du café, demeure forte malgré les difficultés financières de sa structure.
